Titre original : Das
geraubte Kind, traduit de l'allemand (Mongolie), 2004
Dans les montagnes du Haut-Altaï, en Mongolie au XVIIIe siècle, une femme meurt dans une
yourte après avoir accouché d'un petit garçon. La chamane qui n'a pu la sauver voit arriver des étrangers, en fait des Chinois, qui désignent l'enfant comme un élu. Un message que le chef de la
tribu nomade fait lire par un lama itinérant leur apprend que le garçon sera enlevé à l'âge de sept ans pour être éduqué dans le monde céleste, et qu'il reviendra, adulte, parmi les siens.
De fait, enlevé une nuit, Hynndynn grandit en Chine, enfermé, avec pour toute compagnie au début une fillette et une nourrice à qui l'on a interdit de répondre à ses questions. On cherche à lui
faire oublier à tout prix ses racines, à lui inculquer la culture chinoise et plusieurs langues. Enfin, au bout de plusieurs années, on le marie et le renvoie dans son pays pour en faire un
émissaire chargé de commander au nom de la Chine les tribus touvas. Quand le jeune prince comprend les enjeux, il organise la résistance...
Né dans une famille de chamans dans le Haut-Altaï, cet écrivain mongol âgé de 64 ans a eu la bonne idée de partir étudier à Leipzig, dans une RDA proche alors de la Mongolie, ce qui facilite
l'accès à son oeuvre écrite et publiée en langue allemande, et pouvant être traduite en France. C'est ainsi que l'on est initié aux traditions de son peuple nomade, menacé par l'ingérence de
ses voisins. Voilà donc un roman bien déroutant au premier abord, tant on est peu habitué à pénétrer dans les steppes de la
Mongolie. Mais c'est aussi déstabilisant car cette histoire est perçue à
travers le prisme d'un jeune garçon ou du chef de la tribu nomade, qui comprennent peu à peu les véritables intentions de ces étrangers lettrés et parés de couleurs chatoyantes, venant de
"l'Empire du milieu".
TSCHINAG, Galsan. – L'Enfant élu / trad. de l'all. (Mongolie) par Isabelle Liber. –
Métailié, 2008. – 315 p.. – ISBN 978-2-86424-640-4 : 20 €.
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Lundi 10 mars 2008
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2008
20:28
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Titre original : Hinze-Kunze-Roman (Allemagne, 1985)
Trad. de l'allemand par Alain Lance et Renate
Lance-Otterbein, publié en français pour la première fois aux éditions Messidor, en 1988.
Jacques le fataliste en
R.D.A.
Hinze et Kunze, qu'on pourrait traduire par Durand et Dupont, chacun et n'importe qui,
sont inséparables. Le premier est le chauffeur du second, un cadre. Hinze, voyant que Kunze a des vues sur sa femme, la partage avec lui. Kunze croit en elle et veille à compléter sa
formation pour lui permettre d'accéder à un meilleur poste, où elle se rendra plus utile à la société.
"Lisa, personnage qui depuis longtemps fait partie de l'action proprement
dite, de la représentation essentielle, ce qui explique pourquoi je l'ai perdue de vue dans les passages plus personnels, fit son retour dans l'histoire aux environs de minuit. Accueillie
joyeusement par Hinze et Kunze, elle se retrouvait dans une situation significative où, selon les recommandations de l'Administration centrale, intérêts personnels et intérêts de la société
étaient étroitement mêlés en fait, un véritable écheveau." (p. 127)
Voici un texte emblématique de l'ex-RDA avant la chute du mur de Berlin, dont la publication,
dérangeante, a été longtemps retardée. A la manière de Diderot dans Jacques le Fataliste, Volker Braun utilise dans toute son oeuvre ces deux personnages inséparables, pour
s'interroger sur les rapports hiérarchiques dans une société socialiste, sur le clivage manuel / intellectuel, homme / femme, maître / valet. Il ne cesse d'ailleurs d'intervenir lui-même. On
l'aura compris, le texte a ici non pas une fonction divertissante, mais bel et bien une fonction ironique et corrosive.
Quelques passages peuvent sembler crus, sans qu'aucune scène sexuelle soit décrite, telle cette passe avec une femme africaine.
BRAUN, Volker. – Le roman de Hinze et Kunze / trad. de l'allemand par
Alain Lance et Renate Lance-Otterbein. – Métailié, 2008. – 173 p.. – (Suite allemande ; 137). - ISBN 978-2-86424-641-1 : 9 €.
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Mercredi 13 février 2008
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2008
17:19
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1
Titre original : Landnahme
Publié en 2004 en Allemagne
Métailié, 2006
C'est jour de carnaval à Guldenberg, quand Thomas Nicolas y revient, quelques dizaines d'années après,
et y interpelle celui qu'on appelait alors perce-bois derrière son dos car son père, manchot, était menuisier. A l'époque, il devait avoir 10 ans et
s'était retrouvé sur le même banc à l'école que ce Bernhard Haber qui ne déserrait jamais les dents et quepersonne, pas même le directeur, n'osait jamais affronter. Un jour, l'atelier du père
Haber avait brûlé : un incendie criminel, avait-il affirmé, un incendie volontaire avaient rétorqué les mauvaises langues, qui ne manquaient pas, les habitants de Guldenberg ayant vu arriver d'un
très mauvais oeil les familles de réfugiés et de sinistrés de Silésie, qu'il leur fallait loger et avec lesquelles il fallaitdésormais compter. Parmi lesquelles la famille Haber, dont on
retrouve bientôt le chien du garçon, son seul ami, étranglé...
Il s'agit d'un roman à plusieurs voix, dont la première s'ouvre et se referme sur cette étrange rencontre du Berlinois avec cet ancien réfugié sans le sou qui, quarante ans après, semble être
devenu l'un des hommes les plus importants de la ville. A travers les digressions de leur propre histoire, quatre autre narrateurs vont donc à sa suite combler cette parenthèse, de l'écolier
taciturne au militant communiste, puis du passeur de clandestins vers Berlin ouest jusqu'au bourgeois prospère en ce jour de carnaval. Et à travers ces multiples visions d'un même homme prêt à
tout pour montrer ce dont il est capable à cette ville xénophobe et à ses habitants hostiles, c'est le visage tourmenté d'une Allemagne de l'est d'après-guerre, d'avant puis d'après le mur de
Berlin, que nous montre en filigrane Christoph Hein.
trad. de l'allemand par Nicole Bary- Métailié, 2006. - 315 p.. - (Bibliothèque
allemande). - ISBN : 2-86424-592-2 : 22 €.
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Vendredi 9 février 2007
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2007
20:03
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1
Petit Oncle / Sherko FATAH Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni
Berlin, un soir de Noël dans les années 90 : trois jeunes allemands désoeuvrés suivent les pas de Rahman, un jeune immigré kurde irakien, dans un parc à la tombée de la nuit, l'aident à tuer l'un des cygnes qui ornent le lac et, de retour chez lui, à le préparer pour le faire cuire. Quelque temps après, Michael, étudiant en quête d'un ailleurs, amène dans ce même appartement "Petit Oncle", un réfugié politique kurde, un vieil homme qui semble avoir perdu l'usage de la parole et qu'a pris sous sa protection Nîna, une autre jeune réfugiée qui ne parle pas un mot d'allemand, et dont il est tombé amoureux. La soirée tourne mal. Pour essayer de mieux comprendre les épreuves qu'a pu traverser "Petit Oncle", Michael accepte de partir avec Rahman dans le nord de l'Irak...
Vaincre son empathie, comprendre la souffrance de l'autre en voyant dans quel milieu il a vécu, tels sont les buts que s'assigne inconsciemment ce jeune berlinois, et par son entremise tout lecteur qui entreprend la lecture de ce roman âpre, militant, rendant palpable l'horreur de la guerre, de la torture, du meurtre gratuit, qui sont le lot quotidien de milliers de personnes, dont certaines parviennent jusqu'à nos paisibles frontières.
FATAH, Sherko. - Petit Oncle / trad. de l'allemand par Olivier Mannoni. - Métailié, 2006. - 231 p.. - (Blbliothèque allemande). - ISBN : 2-86424-558-2 : 20 €.
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Dimanche 19 mars 2006
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2006
16:22
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Nouvelles - Fantastique
La statue de marbre / Joseph VON EICHENDORFF
Un jeune gentilhomme, Florio, choisit de séjourner dans la ville de Lucques. Dès le premier soir de son arrivée, il s’éprend de la jeune et douce Bianca, fait la connaissance d’un chanteur, Fortunato, mais aussi d’un chevalier énigmatique, Donati. Une nuit, perdu dans ses pensées, il arrive devant une belle statue de marbre rescuscitant au plus profond de lui l’amante de ses rêves…
Entre la déesse de l’amour et la jeune et sage Bianca, le baron Joseph von Eichendorff, en catholique convaincu, aidera son personnage à se désenchanter des sortilèges païens en écoutant le chant de la foi. Plus connu par ses poèmes, l’auteur sème d’ailleurs des vers à tous vents dans cette nouvelle oubliée, publiée en 1819 dans L’Almanach pour dames. Statues de marbre, enchantement des sens, personnages ambigus, Vénus tentatrice et païenne : La Statue de Marbre distille tous les poncifs du fantastique et du romantisme allemands, tout en tirant son originalité de son langage poétique proche des synesthésies baudelairiennes. Un petit bijou de raffinement lyrique qui viendra élargir la palette des nouvelles fantastiques .
VON EICHENDORFF, Joseph. – La statue de marbre / trad. de Rémi Laureillard. – Paris : édition Sillage, 2003. – 107 p.. – ISBN : 2-9518624-1-5 : 9,50 €.
Les Éditions Sillage ont été créées en décembre 2001 par huit étudiants férus de littérature. Confrontés au problème de l'indisponibilité de textes qu'ils recherchaient, ils s'accordaient à dire que des œuvres oubliées l'étaient parfois par négligence, ou malheureux hasard. C'est de là qu'est né un projet éditorial : donner à lire à nouveau des ouvrages introuvables, dont l'originalité, la fantaisie, l'humour, l'intelligence semblent mériter qu'on s'y attarde aujourd'hui.
Chacun des titres de cette toute jeune maison d’édition n’est encore imprimé que de 400 à 500 exemplaires, au format poche en couverture Vergé : Les mille et une fadaises de Jacques Cazotte, Le Choix d’une fiancée d’E.T.A. Hoffmann,...
Editions Sillage : 90, rue Cambronne 75015 Paris
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Vendredi 23 décembre 2005
5
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12
2005
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