Littératures d'Europe Centrale

Titre original : Der Golem

Roman traduit de l’allemand par Denise Meunier

 

Rêve, illusion ou réalité ? Au cœur du ghetto de Prague, un certain Athanasius Pernath entraîne le lecteur au coeur d'une aventure étrange, côtoyant Charousek, un étudiant en médecine assoiffé de haine envers un brocanteur juif richissime dont a peur Angelina, une riche jeune femme mariée, le sage et saint Hillel et sa fille si belle, Mirjam, en quête de miracles, une histoire dont il n'est pas sûr qu'il sortira indemne... Va-t-il se réveiller ? Est-il un autre homme en train de rêver ? Est-il fou ? Ou serait-ce lui le Golem, cette créature de glaise dont la légende terrorise les habitants de Prague ?

 

«  Un sombre soupçon m’avait alors envahi : et si à la fin de notre vie nous étions un peu comme ces débris de papier ? N’est-ce pas quelque « vent » invisible, mystérieux, qui nous pousse ici ou là, et commande nos actes, cependant que dans notre naïveté nous croyons jouir de notre libre arbitre ? » (p. 37) 


Un premier roman, et Gustav Meyrink publie ce qui reste ni plus ni moins un pur chef-d'oeuvre de la littérature fantastique. Tout y est : le franchissement de la frontière entre le rêve, l'illusion ou encore la folie, la récupération romanesque d'une légende juive selon laquelle un être, le Golem, aurait été modelé dans la glaise par les mains d'un rabbin et mû par une formule magique écrite sur un parchemin glissé dans sa bouche. Fantastique qui rime avec écriture poétique, laquelle trouble le lecteur et crée l'atmosphère mystérieuse qui imprègne les maisons aux étroites fenêtres pour lesquelles on ne trouve pas toujours les pièces correspondantes, les sombres ruelles et les cellules où le temps n'existe plus. Fantastique, poétique, mystique aussi car on sent bien que la science ne répond pas à toutes les questions, que l'illusion, l'inexplicable triomphent ici.
Un classique à découvrir absolument ou à relire, car il ne perd rien de sa force à la seconde lecture.


MEYRINK, Gustav. – Le Golem / trad. De l’all. Par Denise Meunier. – Marabout, 1985. – 247 p.. – ISBN : 2-501-00723-9.


Mardi 12 août 2008
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Liquidation ** / Imre KERTESZ

Titre original : Felszamolas (2003)
Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba

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Dix années ont passé depuis le suicide de son ami l’écrivain B., et c’est seulement à présent que Keresu semble retrouver son libre-arbitre. Car B. semblait avoir prévu les agissements ultérieurs de ses amis, consignés dans la pièce posthume qu’il a laissée à Keresu, éditeur marginal dans ce monde littéraire où ne sont publiés que le beau monde et les bien-pensants, à défaut du roman dont il soupçonne l’existence et qu’il recherche désespérément. Sa quête va l’amener à multiplier ses rencontres avec sa maîtresse Sara et son ex-femme Judit.  
Il me faut bien avouer que l’incipit surtout m’a enthousiasmée, la suite de l’intrigue prenant une direction moins borgésienne. En effet, on songe au début à la mise en abîme de la vie des personnages dans le roman du défunt. Ce qui d’ailleurs n’est pas démenti dan l’intrigue, B. ayant bien présumé de l’attitude de chacun. Pourtant, le nœud de l’histoire est on ne peut plus déroutant. B. en effet est un miracle, il est l’exception qui confirme la règle : il est né à Auschwitz. Il n’a d’ailleurs pas connu ses parents. Cette singularité aurait pu l’amener à savourer cette vie pleinement, cette perle sortie de la noirceur la plus horrible, et bien non, elle le pousse au contraire à vivre en sursis, en survivant. Et c’est là sur quoi repose ce roman : n’ayant pourtant pas lui-même vécu Auschwitz mais y étant né, B. ne sait pas continuer à vivre, il n’a jamais su vivre, tout court, portant ce poids du passé dès sa naissance.
Un roman psychologique singulier et intelligent.  

Actes Sud, 2004. 126 p.


Jeudi 20 décembre 2007
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Passion ou la mort d'Alissa / Emilia Dvorianova
traduit du bulgare par Marie Vrinat

Yo est entrée toute petite au service de cette grande demeure habitée de messieurs et de demoiselles aux moeurs mystérieuses ou dépravées, qui vouent une passion commune pour le piano. Elle est le témoin de phénomènes étranges, tels ces journaux intimes de mademoiselle qui s'adonne au plaisir partout sauf dans sa chambre, la mort de Madame, qui s'était vidée de l'intérieur, ces miroirs qui ne reflètent plus rien, toutes ces horribles poupées que fuit Mademoiselle, ce grand trou dont Monsieur Sebastian nie l'existence, et puis... et puis un Vendredi Saint elle découvre la belle mademoiselle assassinée. Arrive X., un juge d'instruction, ébloui par la beauté de la morte Alissa. Yossif, son amant, avoue aussitôt. Mais X. s'attarde tout le week-end sur les lieux du crime et s'imprègne de son atmosphère...

N'assimilez pas ce roman à la simple lecture de ce résumé comme à un "vulgaire" roman policier : il n'en est absolument rien. J'ai rarement lu roman plus mystérieux, plus hermétique, plus polyphonique, où le Verbe se déroule fantasmagoriquement, où le Sens s'annonce puis se refuse, où l'art de raconter devient un art de la Fugue, où le réel et le surnaturel se répondent...  La Vérité, la Réalité, sont vécues successivement et différemment par les personnages. L'espace d'un instant j'ai cru déceler la clé de ces énigmes et, faisant un rapprochement avec les créatures mythologiques de Malpertuis de Jean Ray, je croyais pouvoir élucider ces bizarreries lorsque X. découvre un à un les personnages bibliques, les douze apôtres, en porcelaine, dans le mystérieux coffre. Mais non... Un roman orchestré telle une partition musicale dont chaque vision est chargée d'un sens, une vision forcément parcellaire à laquelle la Vérité échappe, un roman tout à fait déroutant, dont on sort comme d'un songe,  qui peut décourager son lecteur.


DVORIANOVA, Emilia. -
Passion ou la mort d'Alissa. - Gardonne : Fédérop, 2006. - 260 p.. - ISBN : 2-85792-162-4 : 18 €.

Lundi 8 mai 2006
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Le refus / Imre KERTESZ


Le vieux essaie de se mettre à écrire...
Au chapitre premier, on découvre Köves qui, journaliste de retour au pays, revient dans sa ville comme  souffrant d'amnésique et devant se réhabituer aux règles absurdes de son univers "socialiste réaliste".

Dans les cent premières pages, le style est tout à fait descriptif et redondant, comme une litanie de l'univers monotone et étriqué dans lequel se meut le vieux. Et la suite n'est pas sans rappeler le monde absurde de Kafka, aux personnages subissant les événements, comme sous le joug d'une dictature aveugle, plus qu'ils ne les créent. Un univers obsédant.

KERTESZ, Imre. - Le refus. - Actes Sud, 2001. - 348 p.. - ISBN : 2-7427-4207-7 : 23 €.

Mardi 15 novembre 2005
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Coup de coeur

Des hommes
de
Laurent Mauvignier

Mes étoiles

Pour s'y retrouver :

****
Un livre qui m'a profondément marquée. Incontourna
ble.
***   Un livre que j'ai adoré et que je conseille fortement à mon entourage.
**     Un livre que j'ai beaucoup apprécié.
*       Un livre que j'ai apprécié, et que j'ai peut-être ajouté à ma bibliothèque.
Quant aux livres sans *, je ne les ai pas appréciés. Parfois même je pourrais les avoir détestés !

Carnets de SeL

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