Une si longue lettre / Mariama Ba
Ecrit en langue française
Une oeuvre majeure pour sa description de la condition des femmes. Au coeur de ce roman, la lettre que l'une d'elle adresse à sa meilleure amie, pendant la réclusion traditionnelle qui suit son veuvage. Tandis que sa belle-famille vient prestement reprendre les affaires du défunt, Ramatoulaye évoque avec douleur le jour où son mari prit une seconde épouse, ruinant 25 années de vie commune et d'amour.
J'ai lu les 60 premières pages. Le style est lent mais beau, mais l'histoire ne m'a pas séduite au point de poursuivre.
BA, Mariama.- Une si longue lettre.- Paris : LE SERPENT A PLUMES, 2003.- 164 p..- Motifs, 137.- ISBN 2-84261-289-2
Dimanche 18 décembre 2005
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Les jambes d'Alice / NIMROD
TCHAD
La rencontre entre deux jeunes gens, un professeur et son élève, entraînés sur la route de l'exode lors d' une récente guerre au Tchad. L'exacerbation de leur passion et de tous les désirs.
Rien ou presque rien, à part peut-être les dialectes et le contexte de la chute, ne permet de situer ce roman comme tchadien ! C'est en fait un roman assez érotique, décrivant la relation nouée entre un professeur et son élève athlète.
Critique de février 2004
NIMROD.- Les jambes d'Alice.- Arles : Actes sud, 2001.- 141 p..- ISBN 2-7427-3087-7
Vendredi 18 novembre 2005
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Les soleils des indépendances / Ahmadou KOUROUMA
Salimata est rongée par le pire des maux : elle ne connaît pas le bonheur d’être mère. Dès lors, sa vie est toute entière consacrée à la consultation de marabouts, des griots et des féticheurs, à l’administration de remèdes, aux dons aux plus pauvres qu’elle. Or, c’est Fama, son mari, qui semble être stérile, mais c’est un homme, et un homme ne peut l’être, et c’est le digne descendant des Doumbouya. Comble du malheur pour cette femme : depuis son excision et le viol qui en a découlé, elle ne supporte d’être touchée que par un seul homme, Fama, qui, à la mort de son cousin, retourne à son village pour hériter de la charge de chef, prince malinké, dans ce climat d’insurrections…
Le reflet d’un monde qui nous est entièrement inconnu, saisi et appréhendé par A. Kourouma qui a su si bien rondre ses sons, ses mots, sa voix. Mais j'ai éprouvé des difficultés à entrer dans la chair de ces personnages, à me laisser émouvoir par ce récit…
KOUROUMA, Ahmadou. – Les soleils des indépendances. – Paris : éd. Du Seuil, 2001990. – 204 p. : couv. ill. en coul. ; 20*13 cm. – ISBN 2-02-012598-6.
Vendredi 18 novembre 2005
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La polka / Kossi EFOUI
Ce roman peut paraître un peu déroutant au premier abord. L'histoire se déroule dans la Capitale, ville sans nom mais riche en surnoms : Ville-Basse, Ville-Haute, Saint-Dallas. La Ville-Basse vivotait, elle vit maintenant avec le centre névralgique du Bar M.. Mais "les événements" mettent le chaos : les gens fuient, meurent. Et "La Polka" (Nahéma do Nacimiento) ne donne plus signe de vie malgré les appels à la radio du narrateur... Et pourtant, au dos de la carte postale la représentant, le narrateur avait noté pour l'avenir "Nous ne nous sommes plus quittés"...
Un roman qui porte en lui une voix singulière, sonore, vivante, pour donner une idée de tout simplement la difficulté à vivre, à se projeter dans un avenir, à aimer, parfois, dans certains pays... La thématique de Kossi Efoui ? La dictature, les massacres transformés en "rumeurs", l'Afrique fabriquée cf. (La Fabrique des cérémonies). Un roman qui peut sembler difficile d'accès tant la langue est mouvante, le style dense et foisonnant.
Mardi 8 novembre 2005
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La Fabrique des cérémonies / Kossi EFOUI
Edgar Fall, traducteur en russe de romans-photos pornos, et Urbain Mango, acceptent de travailler pour le compte de "Périple Magazine". Dans une parodie de récit de voyage, ils réinventent l'Afrique dans cette bourse aux frissons.
C'est une gigantesque farce ! L'Afrique est fabriquée par ces deux journalistes en herbe. Les personnages ici ne sont effectivement que des êtres de papier. L'écriture tend même à devenir sa propre fin, au détriment de la construction narrative : à vous de juger ci-dessous si c'est un bien ou un mal.
Premières phrases :
"L'homme qui m'a accueilli parle avec ses dents, mâchoire du bas glissant, mâchoire du haut freinant, et cliquetis et crissements, muscles faciaux noués en travers d'une bouche patraque. Un rire qui triche : ça afflue dans le tremblant des joues et déborde le visage et n'éclate pas. C'est un rire qui colle. C'est un masque de frustration moulé dans les méplats du visage. C'est cousu à même la peau rose caillé. Le masque, tout entier ravaudé avec la chair vive, épouse les os, les bosselures du visage, accuse de petites zébrures : nez, front, pommettes et menton sont les saillies d'une armature souterraine poussant durement contre la fine trame de la peau fendillée. (...)" Lire absolument les deux premières pages, 9 et 10, pour se faire une idée, ainsi que les pages 70-72.
Samedi 8 octobre 2005
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Les lendemains qui chantent * / Maxime N'DebekaPIECE EN QUATRE ACTES
La première femme du village, épouse du Maître tout-puissant, apprend le retour de son neveu de la ville. Ce dernier, en pleine ascension politique, est chargé d?une mission par le gouvernement : celle de convaincre tous les habitants de la contrée, et donc le Maître et les Anciens, de couper les arbres au bois rare de leur forêt pour l'essor économique du pays. Le Maître disparaît, laissant les habitants perplexes. Son fils, qui devait un jour prendre sa succession, semble épouser les idées de son cousin. Seule la première femme reste fidèle à son mari au silence d'autant plus effrayant que d'abominables fléaux frappent le pays depuis.
Une pièce très engagée, aussi bien au niveau politique qu'écologique, marquant bien la division entre la ruralité attachée aux croyances, aux traditions et à la nature avec laquelle ils vivent en osmose, et la ville gagnée par le capitalisme colonisateur occidental. Un texte malgré tout très poétique et empreint d'un réalisme fantastique.N'DEBEKA, Maxime.- Les lendemains qui chantent. - Présence Africaine, 1983. - 107 p.. - ISBN 2-7087-0417-6.Le président / Maxime N'DEBEKADRAME SATIRIQUE EN TROIS ACTES
Un homme vient de prendre le pouvoir : il est le nouveau président. Au grand désarroi de son fils, il entend profiter de tous les gens fortunés du pays qui briguent le poste de second au gouvernement, jusqu?à les ruiner et à les humilier en public...
Un style fouillé tout en humour et dérision pour dénoncer la soif de pouvoir de l'être humain.N'DEBEKA, Maxime. - Le président / préface d?Henri Lopès. - Paris : L?Harmattan, 1982. - 92 p.. - (Encres noires). - ISBN 2-85802-225-9 : 9,15 euros.Equatorium / Maxime N'DEBEKA
PIECE DE THEATREGuide-éclairé-père-de-la-nation veut écraser une rebellion et se couvrant de gloire devenir le chef d?état du pays. Pour ce faire, il fait appel au grand magicien douze-manières -trente-six -mains qui lui fait sacrifier et manger ses jumeaux, et épouser sa fille.
« Bien est pris qui croyait prendre » : un président qui n'hésite pas à tuer sa femme et ses enfants pour asseoir son règne va être la victime d?une sorte de «boule de cristal » qui lui désigne ses ennemis.
N'DEBEKA, Maxime. - Equatorium. - Présence Africaine, 1987. - 85 p.. - ISBN 2-7087-0488-5.
En complément:
vous pouvez lire dans le carnet "Entrevues"
sa biographie et notre rencontre le mardi 19 mai 2004.
Vendredi 30 septembre 2005
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