Littératures hispano-américaines

Anthologie dirigée et présentée par François Gaudry

Des nouvelles du Mexique 1978-2008

Traduit de l'espagnol par F. Gaudry, N. Lhermillier, G. Iaculli, B. Hausberg, L. Hasson, M. Million, R. Solis, A. Gabastou, D. Zaslavsky, C. Couffon

A travers leurs nouvelles variées autant par leurs sources d'inspiration que par leur registre, réaliste, drôle, inquiétant, noir, satirique ou fantastique, trente-deux écrivains contemporains nous offrent une vision riche et complexe du Mexique actuel. 

Dans son introduction, François Gaudry, traducteur littéraire, retrace à grands traits une histoire littéraire inextricablement liée à  l'Histoire du Mexique. Les trente-deux auteurs contemporains présents dans ce recueil, dont la plupart sont traduits ici pour la première fois, en sont les dignes héritiers :


Jorge IBARGÜENGOITIA - José de la COLINA - José AGUSTIN - Antonio SARABIA - Luis Arturo RAMOS - Guillermo SAMPERIO - Elmer MENDOZA - Paco Ignacio TAIBO II - Eusebio RUVALCABA - Alberto RUY SANCHEZ - Daniel SADA - Mónica LAVIN - Fabio MORABITO - Juan VILLORO - Xavier VELASCO - Enrique SERNA - Mauricio MOLINA - Mario BELLATIN - Ana GARCIA BERGUA - Rosa BELTRAN - Ana CLAVEL - David TOSCANA - Guillermo FADANELLI - Mario GONZALEZ SUAREZ - Eduardo Antonio PARRA - Eloy URROZ - Ignacio PADILLA - Jorge VOLPI - Alvaro ENRIGUE - Fernando de LEON - Socorro VENEGAS - Miguel TAPIA ALCARAZ

L'une de mes préférées ? La Vanité d'Enrique Serna, un récit captivant sur les mésaventures d'un professeur de collège, qui s'empresse de répandre la nouvelle de la lettre d'encouragement qu'il a reçu d'Octavio Diaz pour ses talents de poète, dont voici la première phrase :

"J'ai reçu la meilleure nouvelle de ma vie à un moment d'aveuglement et de rage contre le monde." (p. 164)

Dans ce recueil de nouvelles éclectiques, aux talents divers et variés, vous en trouverez bien une ou plusieurs qui vous séduiront.  

Ils en ont parlé :
- les blogs de Ma-Bulle, de la taverne du doge Loredan, et celui de Métamorphoses et vagabondages.
- le blog collaboratif de Rana Toad
- la librairie Mollat
- Evene
- rue 89

Des nouvelles du Mexique / sélectionnées et présentées par François Gaudry. - Métailié, 2009. - 383 p.. - (Suite hispano-américaine ; 144). - ISBN 978-2-86424-676-3 : 13 euros.

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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 11 2009 14:13
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Titre de l'édition originale : Los Ejercitos (2007)
Traduit de l'espagnol (Colombie) par François Gaudry aux éditions Métailié (2008)

RENTRÉE LITTÉRAIRE 2008
LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

"Dans la cuisine, la belle petite cuisinière - on l'appelait la Gracielita - faisait la vaisselle, juchée sur un escabeau jaune. Je la voyais par la fenêtre sans vitre de la cuisine donnant sur le jardin. A son insu elle roulait des hanches en lavant les plats ; sous sa courte robe d'un blanc éclatant, chaque partie de son corps se dandinait au ryhtme frénétique et consciencieux de la besogne : assiettes et tasses étincelaient entre ses mains brunes, de temps en temps surgissait un couteau à dents, brillant et joyeux, mais comme ensanglanté. Moi aussi je souffrais, à cause de Gracielita, mais aussi de ce couteau ensanglanté."(p. 11-12)

Voilà le tableau que contemple un vieil homme, Ismael, qui ressent toujours du désir pour les femmes. Tant qu'il y a du désir, il y a de la vie...  Alors il continue à admirer cette gamine et sa patronne, nue à se dorer toute la journée, du haut de son échelle, feignant de cueillir ses oranges et malgré les remontrances de son épouse Otilia. Mais l'image de ce couteau ensanglanté dès l'incipit est un mauvais présage. Car on fête aussi dans cette jolie petite ville colombienne l'anniversaire de la disparition de l'un de ses habitants. Bientôt c'est au tour du voisin, de son fils et de la petite cuisinière de disparaitre, pris en otages. Il ne fait bientôt plus bon de vivre à San José car les guérillos et les militaires se disputent son emplacement stratégique...

Voici un roman étranger sur lequel il convient vraiment de s'attarder. Cet auteur colombien aborde ici la violence et la peur qui sévissent dans ce pays ensanglanté, mais sous un jour particulièrement original en choisissant tout simplement un vieil instituteur à la retraite comme narrateur. Au début, la sève de la vie est toujours là, dans ses yeux, dans son coeur, malgré son genou, malgré ses fuites urinaires, malgré la vieillesse assassine. Et puis, tout part à vau-l'au : il n'a plus rien à voir, à désirer ; il n'a plus de petite femme qui l'attend au foyer. Il voit ses voisins, ses amis, ses anciens élèves assassinés pour rien. Il voit son village dévasté. Après son physique, c'est son mental qui vacille, dernier rempart avant l'issue finale... Le monde tangue sous les yeux du vieil homme, à l'image de ce pays tourmenté. Un beau roman que voilà, fidèle reflet d'une réalité difficile à appréhender pour ceux qui comme nous n'ont jamais connu ces horreurs.

Ce roman a reçu le premier Prix Tusquets à Guadalajara en 2006, dont le jury était présidé par Alberto Manguel.


ROSERO, Evelio. – Les Armées / trad. de l’espagnol (Colombie) par François Gaudry. – Métailié, 2008. –  155 p.. – (Bibliothèque hispano-américaine). – ISBN 978-2-86424-659-6 : 17 €.

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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 09 2008 18:00
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Titre de l'édition originale : O sol se poe em Sao Paulo
Traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich

RENTRÉE LITTÉRAIRE 2008
LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

"Quand elle m'avait demandé si j'étais écrivain la première fois qu'elle m'avait adressé la parole, quelque chose m'avait dit qu'ele détenait une histoire et qu'elle cherchait quelqu'un pour l'écrire." (p. 21)

A Sao Paulo, la vieille propriétaire d'un restaurant japonais propose un jour au narrateur, se définissant comme écrivain sans pourtant avoir jamais écrit une ligne, de lui raconter une histoire. Ce récit décrit une relation triangulaire dont elle aurait été le témoin privilégié, celle entre son amie Michiyo, fille de bonne famille, Jokichi, son époux, pour lequel le paria qui a pris sa place durant la seconde guerre mondiale est mort, et Masukichi, acteur plus jeune qu'elle, tourmenté, dont elle est amoureuse. La première fois qu'elle l'a raconté, c'est au grand écrivain Junichiro Tanizaki, qui a commencé à la publier par épisodes dans une revue avant de devoir s'interrompre...

La fiction serait-elle une réalité tissée de mensonges ou au contraire un grand mensonge soutenu par des faits réels ? C'est là toute la problématique que dégage la mise en abime de ce récit se déroulant au Japon dans l'immédiat après-guerre à l'intérieur de l'histoire contemporaine vécue par ce narrateur, émigré de la deuxième génération au Brésil. Un bon roman parmi toute l'actualité étrangère de cette rentrée littéraire 2008.

"Je me souviens d'un dîner particulièrement déconcertant où quelqu'un à la table criait que sans le nazisme le monde n'aurait ni compris ni apprécié les textes de Kafka." (p. 13)

"Si la reconnaissance ne venait jamais des oeuvres mais des circonstances historiques et sociales dans lesquelles elles surgissaient, toute critique était une farce plus ou moins myope dans laquelle l'oeuvre servait soit à illustrer un contexte préalable, soit à justifier l'état d'esprit engendré par ces circonstances." (p. 14)


CARVALHO, Bernardo. - Le soleil se couche à Sao Paulo / traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich. - Métailié, 2008. - 170 p. : couv. ill. en coul. - (Bibliothèque brésilienne). - ISBN 978-2-86424-658-9 : 17 €.

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Dimanche 24 août 2008 7 24 08 2008 11:38
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El color de la piel (Chili, 2003)
Traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg


Au Chili, ce sont les Péruviens qui immigrent clandestinement et s'entassent à une vingtaine dans un hangar. L'un d'eux, jeune et beau, venu à Santiago pour y chercher aussi du travail, vient de disparaître et c'est vers Heredia, détective privé, que se tourne son aîné sans le sou... 

Sans prétendre proposer une intrigue bien haletante, ce petit polar n'en est pas moins sympathique : nous retrouvons avec plaisir Heredia (Les Yeux du coeur*, 2007), ce détective privé mélancolique atypique, à qui son chat Simenon et ses chers livres tiennent compagnie, que Ramon Diaz-Eterovic fait plonger dans l'univers glauque d'un Santiago xénophobe, jalonné de personnages secondaires hauts en couleurs. Ainsi, après la chasse aux sorcières de la CIA, l'auteur dénonce cette fois le racisme qui gangrène la capitale chilienne, tout en en faisant sentir la chaleur humaine de ses laissés pour compte.

DIAZ-ETEROVIC, Ramon. - La couleur de la peau. - Métailié, 2008. – 227 p.. - ISBN : 978-2-86424-655-8 : 18 €.

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Dimanche 22 juin 2008 7 22 06 2008 20:12
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Titre original :  El origen de la tristesa (Argentine), 2004

Au Viaduc, dans un quartier populaire du Brésil dans les années 70, Gabriel traîne tantôt dans un cimetière pour gagner quelques sous avec Rolando, tantôt seul dans l'atelier de son père couvert d'affiches de jeunes femmes aguichantes comme Andrea C., tantôt avec ses amis pour jouer au foot dans les terrains vagues, se prendre ses premières cuites et ses premiers émois sexuels ou planifier la première passe du groupe avec des prostituées. Inéluctablement, il va quitter, avec ses treize ans, l'âge de l'innocence pour prendre de plein fouet le chemin du monde des adultes, hanté par le désir sexuel, la tristesse, le suicide et la mort...

"Je lui ai répondu que je savais aussi me la secouer tout seul mais j'ai tout de suite regretté : Fernando était en train de m'aider, avec sollicitude et beaucoup d'assurance dans la gestion de la situation. C'était injuste de lui avoir répondu comme cela. La maison de sa mère était une des seules, à l'époque, à avoir le téléphone, et la question de Fernando était logique, ou du moins bien intentionnée. Mais j'étais furieux. Je regardais maman et je faisais un effort pour ne pas la détester de toutes mes forces. Elle m'apparaissait soudain comme une menteuse. Elle nous avait toujours dit qu'elle nous aimait très fort mais là, elle n'avait même pas pensé à nous et elle avait essayé de se tuer." (p. 123)

Comme dans La guerre des boutons, on suit les jeux et mésaventures de ces gamins de rue : Gabriel, Alejandro le grand frère, Te Deum, le gros Carlos, le Rat, la Perche, le Chinois, le Roux et Rindone, accompagnés de Marisa, un garçon manqué que tout le monde veut dans son équipe au foot, mais dont le corps se transforme aussi. Pablo Ramos a su croquer un petit bonhomme un peu rebelle, plein d'énergie à revendre pour se faire une place dans un monde qui n'a rien de tendre, et cueillir la fraîcheur mêlée de dangers et de peurs de cette transition entre deux âges, où déjà il y a derrière chaque acte, chaque pensée, chaque intention, un désir de s'affirmer, d'imiter les grands en secret, en se masturbant devant les pin-ups, en buvant du vin à outrance, ou en gagnant pour la première fois un peu d'argent afin d'offrir un beau cadeau à sa mère au ventre prêt à exploser, comme un fruit trop mûr, pour donner naissance à une petite soeur. Un roman d'apprentissage, tout à la fois drôle et émouvant, qui se lit d'une traite.

RAMOS, Pablo. – L'origine de la tristesse / trad. de l'espagnol (Argentine) par René Solis. – Métailié, 2008. – 149 p.. – ISBN 978-2-86424-652-7 : 17 €.

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Dimanche 27 avril 2008 7 27 04 2008 13:59
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Titre original : El sindrome de Ulises (2005)

Traduit de l'espagnol (Colombie) par Claude Bleton


Débarqué à Paris pour suivre un doctorat en littérature à la Sorbonne, Esteban vit de petits boulots pour pouvoir y survivre. Il rencontre tout un tas de jeunes immigrés comme lui, latino-américains, marocains, coréens, roumains, africains, turcs, portant chacun son histoire, la plupart sans le sou tout comme lui, mais solidaires. Il subsiste un seul moyen pour eux d'oublier leur errance ou leur misère : le sexe. Et parallèlement à ces liaisons nocturnes qu'Esteban va faire la connaissance de quelques écrivains, qui vont ressusciter en lui le goût d'écrire...

Le style
d'abord ne nous happe pas, avec ses phrases à rallonge aux ponctuations sans fin, entrecoupées, ni son histoire d'ailleurs, au quotidien grisâtre et insipide, et puis, de fil en aiguille, on se prend d'affection pour ce jeune gars habitué aux vaches maigres, on a envie de savoir, de découvrir une par une l'histoire de ces immigrés venus des quatre coins du globe pour trouver à Paris l'Eldorado, acceptant, malgré leurs diplômes, devenus sans valeur en France, de se retrouver à la plonge ou de se prostituer pour vivre. Un roman campant avec tendresse quelques visages de l'immigration d'aujourd'hui.

Extraits :

"Khaïr-Eddine se mit à parler sur un rythme étrange, balançant le corps d'avant en arrière, sa cigarette sur le point de lui brûler les doigts, déclarant qu'il admirait la littérature de mon continent, dont il loua l'imagination et la richesse, et aussi les idées, et il me demanda si j'écrivais, ce qui me remplit de confusion car j'écrivais, certes, mais je n'aimais pas le dire, surtout depuis que j'étais à Paris. Néanmoins, je répondis la vérité, oui, je lui dis, j'écris, et je vidai d'un tarit ce qui me restait dans mon verre, une réaction nerveuse sans raison précise, peut-être gagner du temps avant de revenir à la question, à laquelle ma réponse laconique n'avait pas entièrement répondu, mais Salim et Khaïr-Eddine ne nous quittaient pas des yeux, mon verre vide et moi, et comme je ne disais rien il revint à la charge, quel genre de littérature ? Poésie, prose ? Prose, c'est ce que j'aime lire, je répondis aussitôt (...)." p. 73

"(...) mais avec un regard perçant qui semblait émerger d'une caverne obscure et une expression pénétrante accentuée par l'ébriété, Khaïr-Eddine revint à la charge et me dit pourquoi vous n'aimez pas parler de ce que vous écrivez ? Ce n'est pas que je n'aime pas, je lui dis, c'est que je ne crois pas que ça présente le moindre intérêt, ça n'existe pas encore, ça ne sera peut-être jamais publié (...)." ( p. 73-74)

" Et ils me bombardèrent de questions sur la Colombie, sur mon arrivée à Paris, avides de partager leurs récriminations sur la difficulté d'y subsister, et surtout l'envie d'être ailleurs, là où le soleil brille et la vie est plus heureuse, un sujet sur lequel les Parisiens sont intarissables quand ils se réunissent, car c'est à ma connaissance la seule ville que ses habitants rêvent de quitter tout en faisant l'impossible pour pouvoir y rester."  (p. 251-252).

Métailié, 2007. - 358 p.. - 21 €.

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Dimanche 9 septembre 2007 7 09 09 2007 18:24
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Titre original : El ojo del alma

Traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg


Un détective privé solitaire est chargé de retrouver un ancien ami qu'il avait connu à l'université, durant ses années de militantisme, lesquelles avaient mal tourné, l'un des leurs ayant été trahi par l'un des membres du groupe. Heredia, désabusé, avait très vite décidé de tourner la page, abandonnant ses études, et voilà que soudain on lui glisse sous le nez cette vieille photographie du groupe, dont trois sont entourés d'un cercle rouge, les deux premiers étant décédés de mort violente , et le troisième précisément le disparu...

Ramon Diaz nous dépeint un Chili encore sous l'emprise de la CIA, pourchassant sans relâche les sympathisants communistes ou considérés comme tels. Dans ce climat de terreur, où les gens disparaissent, chacun soupçonne l'autre de délation. Le personnage d'Heredia en fait les frais : réussir dans la vie, réussir sa vie, sont devenus de vaines expressions pour lui qui n'a plus foi en qui que ce soit, à tel point qu'il fuit toute relation durable avec autrui, si ce n'est avec son chat. Un roman noir, d'autant plus noir qu'il dépeint la noirceur humaine mais surtout l'extinction de tout espoir en l'autre.


DIAZ ETEROVIC, Ramon. - Les yeux du coeur / trad. de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg. - Métailié, 2007. - 259 p.. - (Bibliothèque hispano-américaine). - ISBN : 978-2-86424-604-6 : 18 €.

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Lundi 21 mai 2007 1 21 05 2007 20:20
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