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Carnets de SeL

policier : genre
police judiciaire - classe dirigeante


Bologne ville à vendre / Loriano Macchiavelli (1979)

Titre original : Cos'é accaduto alla signora Perbene ?
Traduit de l'italien par Laurent Lombard
SORTIE EN FRANCE EN OCTOBRE 2006
Bastion du parti communiste italien, la ville de Bologne, dans les années 70-80, est agitée par des manifestations de l'ultra gauche. Au cours de l'une d'elle, une balle perdue semble avoir tué Vincenzo Clodetti, un honnête homme, à deux pas de cette agitation. Bien évidemment, les soupçons se portent immédiatement sur les manifestants, mais le sergent Sarti Antonio n'en est pas si sûr : son indic lui apprend l'existence d'un film amateur de la manifestation et se fait tabasser quelques minutes après...

Un sergent, à la journée rythmée par les bons petits cafés, qui côtoie ses indics et une jeune prostituée au point d'en risquer son emploi, voilà un roman policier qui bouscule les frontières manichéennes établies et prouve que tout le monde peut être coupable, et ce pour diverses raisons. L'auteur du même coup dénonce l'obéissance aveugle des forces de l'ordre au pouvoir et la mainmise des politiques sur le lobby de l'immobilier. Un roman policier plaisant et déroutant, tant par l'intrusion de ce "je" extradiégétique et par son dénouement que par cette vague d'intelligence et de chaleur humaine ressentie chez tous ces laissés pour compte, quantité négligeable pour la société. Cela m'a bien plu !

MACCHIAVELLI, Loriano. - Bologne ville à vendre / trad. de l'italien par Laurant Lombard. - Métailié, 2006. - 207 p.. - (Bibliothèque italienne). - ISBN : 2-86424-591-4 : 21 €.
 

publié dans : Littérature italienne
Samedi 11 novembre 2006
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Roman policier

Quo vadis, baby ? / Grazia VERASINI

Traduit de l'italien par Serge Quadruppani
Célibataire endurcie, la quarantaine, Georgia travaille dans l’agence de détective privé de son père : elle passe sa vie à espionner les couples adultères et à confirmer les soupçons des victimes qui la paient. Un jour, un ami de sa sœur Ada, si belle, qui comme sa mère s’était suicidée, lui envoie une boîte remplie de vieilles lettres dans lesquelles celle-ci s’était confiée à lui, évoquant un mystérieux A. avec lequel elle avait eu une liaison…

Dans une Bologne où foisonnent les adultères, où personne ne semble heureux, le père et la fille noyant leur chagrin dans l’alcool, Gaia refusant de s’alimenter, l’intrigue principale ne semble qu’un prétexte pour planter cette ambiance lourde, un léger fil conducteur pour se démarquer d’un quotidien sans l’ombre d’une illusion. Un roman noir d’atmosphère, qui a été adapté au cinéma l’an passé, que j'ai lu sans déplaisir.

VERASINI, Grazia. – Quo vadis, baby ? / traduit de l’italien par Serge Quadruppani. - Métailié, 2006. - 207 p.. - (Suites ; Noir ; 120). - ISBN : 2-86424-578-7 : 11 €.


publié dans : Littérature italienne
Mardi 2 mai 2006
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Rien, plus rien au monde / Massimo CARLOTTO

Proposé et traduit de l'italien par Laurent Lombard

Abrutie par l'alcool, aigrie par ses désillusions, une femme monologue sur son triste quotidien qui l'incite à compter au centime près et à repérer les soldes de magasins discount, une vie qu'elle compare sans cesse à celle ô combien différente que mènent les femmes aisées de son âge chez qui elle fait le ménage. Aussi c'est vers sa fille qu'elle a reporté tous ses espoirs d'une vie meilleure, une fille qui l'a déçue, ingrate, dépensière, dépourvue d'ambition, jolie mais sans aucune coquetterie ni féminité, qui a même fréquenté un jeune tunisien, avant que sa mère ne le dénonce. Une fille dont le sang macule sa robe, ses bas et ses chaussures...

Grâce à ce monologue intérieur, Massimo Carlotto rend avec un réalisme particulièrement cru la vision implacable d'un monde où les gens dans le besoin, confrontés au chômage, accusent les immigrés de prendre leur pain tandis que la société de consommation leur offre en ville les vitrines d'un désir inassouvi. Un portrait social et psychologique percutant par le jeu du monologue intérieur qui dans un autre domaine et à un degré moindre peut faire songer à la correspondance d’Inconnu à cette adresse.

CARLOTTO, Massimo. - Rien, plus rien au monde : monologue pour un crime. - Métailié, 2006. - 61 p.. - (Suites ; 116. Noir). - ISBN : 2-86424-571-X : 6 €.

publié dans : Littérature italienne
Lundi 20 mars 2006
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Romanzo criminale / Giancarlo De Cataldo
roman noir italien

Un vieil homme est laissé pour mort dans la rue par les voyous qui l'ont tabassé. Dans la même nuit, il retrouve la trace de ses agresseurs jusque dans leur repaire et,
après avoir chuchoté à leur chef son nom, le faisant alors trembler de peur, il le tue. C'est ainsi que s'ouvre ce roman fleuve de plus de 500 pages narrant l'épopée de 1977 à 1992 d'une authentique organisation criminelle à la tête de laquelle le Libanais et le Froid imposent leur loi sur Rome. Juge à la cour d'assises de Rome, Giancarlo de Cataldo nous conte la sombre histoire de la "bande de Magliana", en campe les protagonistes hauts en couleurs qui ont quadrillé tout Rome en ces années noires de terrorisme et de corruption, brosse le portrait de Patrizia, pute de luxe, femme fatale aux pieds de laquelle se jettent le Dandy et Scialoja, un flic qui dès le début jure la perte du gang mafieux. Un roman noir aux personnages particulièrement bien fouillés, dont l'épaisseur pourrait en décourager plus d'un : à réserver aux amateurs du genre. Une adaptation cinématographique du roman sort le 22 mars.

DE CATALDO, Giancarlo. - Romanzo criminale / trad. de l'italien par Serge Quadruppani et Catherine Siné. - Métailié, 2006. - 584 p.. - (Grand écran). - ISBN 2-86424-562 : 23 €.

publié dans : Littérature italienne
Samedi 4 mars 2006
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* Soie / Alessandro Baricco.

1861. Hervé Joncour a 32 ans et vit avec sa femme Hélène à Lavilledieu, une bourgade située dans le midi de la France. Chaque année, il part en Afrique acheter des vers à soie, jusqu’au jour où une épidémie mondiale les frappe, menaçant l’avenir de la ville tournée toute entière vers la sériciculture (industrie de la soie). Alors, sur les conseils de Baldabiou, au péril de sa vie, il partira quatre années de suite en janvier pour un fantastique périple jusqu’au Japon, qui vient seulement de s’ouvrir au commerce étranger. Il y achètera des vers à soie à Hara Kei, sorte de seigneur japonais de la contrebande, pour les revendre à son retour en avril, toujours plus transformé par l’exotisme de ce pays étrange et l’amour impossible avec la maîtresse d’Hara Kei.

Qu’est-ce qui fait de ce roman un best-seller ? Cela tient d’abord à sa lecture facilitée par la simplicité de l’intrigue et du style, par le hachement du récit en 65 chapitres d’une à trois pages, jamais plus, et surtout par le recours systématique au procédé de la répétition (qui conforte le lecteur dans sa compréhension du récit), comme une litanie. Car chaque année de la vie d’Hervé Joncour semble un perpétuel recommencement, même dans l’énoncé de son formidable voyage à travers le monde, calculé, ponctuel, lissé. Et c’est le désir de cette femme interdite (symbole de la volière) qui va bousculer à jamais la monotonie de son existence et de son couple. La thématique exploitée, réunissant les rêves d’exotisme, de danger et d’érotisme interdit, contribue amplement au succès de ce court roman.

BARICCO, Alessandro.- Soie. – Gallimard, 2005. – 142 p.. - (Folio ; 3570). – ISBN : 2-07-041965-7


publié dans : Littérature italienne
Jeudi 27 octobre 2005
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Assassinat programmé de Naples :

Cette vie mensongère / Giuseppe Montesano.

Roberto refuse l’une après l’autre les propositions d’emploi sensées et « lucratives » de sa famille : de cet univers petit-bourgeois, il ne veut pas. Aussi, lorsqu’il lit une annonce demandant « quelqu’un disposé à laisser derrière soi le monde de la vulgarité, la fange conformiste du présent », il entre au service de Cardano, un artiste, gendre dandy d’une grande famille de Naples, les Negromonte. Dans cette vaste demeure où le patriarche fait loi, chacun courbe l’échine, même Cardano, dont la lâcheté n’a d’égal que la cupidité. Tous excepté Andrea, le cadet, qui préfère partir. Roberto apprend alors l’immense projet que fomentent les fils Negomonte : s’approprier jardins, places, églises et musées de Naples pour transformer la ville toute entière en un immense parc de loisirs, avec le consentement des habitants abrutis par une propagande satisfaisant leur petit confort matériel.

Giuseppe Montesano imagine l’avènement d’une monarchie libérale, néo-fasciste, d’un monde gouverné par d’imbéciles nantis, détournant la moindre citation, le moindre objet d’art, à leur profit et donc à la vacuité de son sens, un monde où tout va à vau-l’eau. La critique est acerbe, le message ironique et virulent, le contexte sous-entendu, le grotesque omniprésent. Un reproche tout de même, et de taille : à force de donner sans cesse la parole aux inepties de personnages creux, qui plus est s’exprimant fort mal dans un mélange de patois et de formulations lapidaires, Guiseppe Montesano finit par réduire la narration à une peau de chagrin. Dommage.

MONTESANO, Giuseppe. - Cette vie mensongère. / trad. de l’italien par Serge Quadruppani. – Métailié, 2005. – 209 p.. – (Bibliothèque italienne). – ISBN : 2-86424-554-X : 18 €.


publié dans : Littérature italienne
Mercredi 26 octobre 2005
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