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DSC03705 Portant le titre d'une des nouvelles fantastiques qui le composent, L'escalier truqué nous plonge dans l'univers angoissant de locataires d'un immeuble, des animaux anthropomorphes, qui vivent une situation tellement absurde qu'ils croient être en train de faire un cauchemar, et donc pouvoir s'en sortir en se réveillant. Or la chute de l'histoire leur est  presque toujours fatale, et ne fait pas partie de leurs rêves mais bel et bien de la réalité.
Un moment désarçonné par son dessin simpliste qui frappe par ses couleurs très vives, on lit d'une traite ces récits brefs tous oniriques ou kafkaïens.   

D'autre critiques, plus développées, sur Fluctuanet,

Rackham, 2009. - 72 p. : ill. en coul.. - ISBN 978-2-87827-125-6 : 16 euros.

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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 11:28
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Dieu se présente un jour dans une file d'attente. Un homme somme toute banal. Après vérification de son identité qu'il est la seule à décliner,  étant évidemment sans papier, sans domicile fixe et sans numéro de sécurité sociale, il déclenche bien malgré lui, après un moment de stupeur dans le monde entier, une vague de procès : il a des comptes à rendre à l'humanité...

Au moyen d’un trait simple, en noir et blanc, Marc-Antoine Mathieu a toujours joué sur l'absurde et sur les frontières entre le réel et l'imaginaire, et ce de manière particulièrement réussie avec son personnage kafkaïen dans la série "Julius-Corentin Acquefacques". Il imagine ici le personnage incontournable qui a le plus façonné fantasmes et imaginaire collectif à travers l’Histoire, Dieu, et le place devant le tribunal de l'humanité. Pour ce faire, il s'amuse à jongler avec tous les procédés narratifs susceptibles d'évoquer son bref passage sur Terre : médiatisé comme buzz de l'Histoire, Dieu devient ainsi tantôt le sujet d’une pièce de théâtre, d’un film, de best-sellers ou d’un message publicitaire, tantôt il fait l’objet d’une tentative d’analyse psychiatrique, sociologique, juridique, religieuse, picturale, philosophique ou encore scientifique. On ne le voit d'ailleurs jamais, si ce n'est de dos ; en revanche, on l'entend un peu, et ce qu'il révèle du bout des lèvres, c'est que la vérité nous dépasse, et qu’il lui faut disparaître pour redevenir une chimère, une invention de l'homme pour expliquer ce que ce dernier ne peut concevoir, et peut-être n’a-t-il jamais été qu’une bonne histoire, la meilleure qui soit, à l'image de cette BD, à ne pas manquer.


Vous pourrez lire les 8 premières planches du récit complet sur BD-Gest, et mes autres chroniques sur l'oeuvre de Marc-Antoine Mathieu :
- Mémoire morte **
- L'origine ***
- La qu... ***
-
Le processus ***
- La 2,333ème Dimension***
- Le Début de la fin **

- les Sous-Sols du Révolu **

MATHIEU, Marc-antoine. - Dieu en personne. - Delcourt, 2009. - 122 p. : ill. n.b.. - ISBN 978-2-7560-1487-6 : 17,50 €.

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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 14:00
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Après Le goût du chlore (cf planche ci-dessous), à la ligne très lisse et épurée,
à l'image de ces corps plongés dans l'eau, Bastien Vivès revient avec toujours un récit initiatique mettant en scène les rapports entre deux adolescents, le plus beau, puisqu'il s'agit ici de la rencontre amoureuse, mais dans un style tout à fait différent, au coup de crayon plus brouillon et coloré, et avec un concept ingénieux : il nous fait épouser le regard du narrateur. Ainsi le lecteur semble se confondre en lui, voir et entendre cette étudiante, sans qu'on ne le voit, lui, ni bouger, ni parler. Un scénario banal de la vie quotidienne transfiguré par une vision  (dans les deux sens du terme) poétique de la vie, toute particulière. A découvrir.




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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 18:55
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La pratique de la natation lui étant vivement conseillée par son kiné, un adolescent se rend à la piscine couverte faire du dos crawlé. Ses mouvements sont maladroits, jusqu'à ce qu'il rencontre une adolescente, dont il admire l'assurance et la beauté du corps, celles d'une véritable nageuse. Bientôt ils font connaissance. Lui guette sa venue. Elle le conseille. Un jour il lui demande pour quelles choses elle serait prête à mourir et qu'elle ne lâcherait jamais...   

Epurée, cette BD adopte les tons bleu et vert de la piscine pour mieux faire ressortir la chair des personnages, et réduit les dialogues et les mouvements à l'essentiel pour mieux signifier l'évolution de cet adolescent en train de se transformer en adulte, plus sûr de lui, de son corps et de ce qu'il veut. Une immersion dans la poésie d'une histoire initiatique.    

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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 15:35
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Un homme sourd mange tranquillement son sandwich dans le musée du Louvre, en attendant quelqu'un pour un stage, lorsqu'un gardien le réprimande. Alors que ce dernier s'offense de sa conduite auprès de ses collègues, il est interpellé par un gardien de nuit, sourd lui aussi, et même un peu fou semble-t-il, qui lui propose un rendez-vous le soir-même pour le seconder. A l'heure dite, il découvre le musée du Louvre sous un tout autre jour, ou plutôt sous une toute autre présence, qui s'éveille au son d'instruments de musique...


Eric Libergé, je l'ai rencontré pour la première fois, je m'en souviens très bien, en automne 2000, au Festival de la BD de Blois. C'était alors un parfait inconnu. Personne ou presque n'attendait à son stand, et son petit éditeur (les éditions Pointe Noire) le portait à bout de bras pour faire connaître son talent. J'étais alors repartie avec trois BD de lui, les seules d'ailleurs achetées ce jour-là, les deux premiers tomes de Mardi-Gras Descendres, avec sa belle palette de gris, noir et blanc, et son éventail de squelettes tous plus différents les uns que les autres, croqués avec beaucoup d'humour noir, et une autre, Le Dernier Marduk, format comic, en couleurs, plus violentes. Intriguée à l'achat, ravie des magnifiques planches qu'il m'avait dédicacées, je fut totalement conquise à leur lecture, et commençais à suivre "l'ascension" de l'auteur, les deux tomes suivants de Mardi-Gras Descendres, son départ vers les éditions Dupuis peu après avoir reçu le Prix Goscinny, et le voilà avec un tout autre coup de crayon, toujours aussi doué, et sur deux tout autres thèmes, a priori totalement étrangers l'un à l'autre, mais réunis dans une même histoire qui reste dans la veine fantastique : l'insertion des handicapés dans la société, et l'animation aux heures impaires de la nuit des oeuvres d'art du Louvre. Certes, le sujet aurait mérité d'être développé, quelques oeuvres plus approchées, mais le résultat reste infiniment séduisant.  
En savoir plus sur le site des éditions Futuropolis.
 

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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /2009 05:46
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J'avoue avoir été un petit peu sceptique au départ. "Dessine-moi un mouton"... Et tout ensuite n'est plus qu'affaire d'imagination. Comment était-il possible de traduire en images et dialogues le souffle poétique de ce classique de la littérature française ? De fait, Johann Sfar a plus que réussi ce tour de magie. Revisitant le chef-d'oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry, il en a fait un petit bijou lui aussi, un merveilleux moment de lecture, qui, tout en se refusant à être une simple copie de l'original, n'a rien perdu de sa beauté poétique ni de sa simplicité philosophique. Magnifique. Un pur moment d'émotion.

Cette BD a beau avoir obtenu le prix essentiel album de la BD jeunesse, elle gagne à être lue aussi bien par les adultes que par les enfants.

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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /2009 09:00
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Voilà en une photo résumé le dilemme : goût de l'interdit, passion du chocolat, sans mesure, en toute démesure, et l'image que nous renvoie la glace, franche et directe, sans concession.
Grignoter, se resservir, engloutir salé, sucré, et puis quand on veut se mettre la pression, monter sur la balance alors qu'on s'est goinfrée la veille, et le lendemain, s'empêcher d'acheter du chocolat en faisant les courses, acheter des magazines débiles qui promettent de nous faire perdre 3 kilos avant l'été, annoncer à tout le monde qu'on est au régime et les regarder boire et manger, frustrée et punie, ... Même sans être obèse, comme la narratrice, on se retrouve tellement dans cette BD drôle et tellement vraie ! 

Allez jeter aussi un coup d'oeil sur le Blog de Gally où vous pourrez découvrir 5 planches de cette BD qui fait partie du palmarès officiel du Festival d'Angoulême.

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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /2009 14:32
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