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Carnets de SeL


Suivi de 18 articles retrouvés d'Aragon
avec la collaboration de Marie Léger


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Rien ne semblait prédestiner Louis Aragon, issu d'un milieu aisé, à devenir communiste en épousant les revendications du monde ouvrier et des mineurs, à la suite de la première guerre mondiale. De la même manière, alors qu'il ne traversa le pays des Mines qu'au cours de la seconde, on observe, lors d'une lecture très attentive de ses textes par Lucien Wasselin, des références fréquentes à la vie quotidienne et aux grèves de mineurs. 

Suivent 18 chroniques d'Aragon, méconnues, parus en 1950 dans La Tribune des mineurs, qui nous valent quelques belles pages de vraie critique littéraire, entière et engagée, et même queques conseils à un nouvel auteur prometteur. 


WASSELIN, Lucien. – Aragon au pays des mines, suivi de 18 articles retrouvés d'Aragon / avec la coll. de Marie Léger. – Le Temps des Cerises, 2007. – 241 p.. – ISBN 978-2-841-09662-6 : 18 €.

Mots-clés :
Aragon - militantisme - grève - mineur - critique littéraire


publié dans : Essais sur la littérature
Mercredi 12 mars 2008
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Dictionnaire francophone de poche / Khal TORABULLY

De l’Afrique de l’Ouest à l’Atlantique, du Pacifique à la Méditerranée, de l’Océan Indien aux Amériques, et aux quatre coins de la France, autrefois comme aujourd'hui, la langue française résonne et des mots francophones apparaissent çà et là, farfelus, logiques ou poétiques, néologismes prêtant parfois à sourire. Une curiosité.

Quelques exemples :

Chôcobiteux (Côte d'Ivoire) : Personne communicant en français, avec un fort accent parisien. ex. : " Le chôcôbiteux est revenu au magasin. Il a commandé un costume blanc. On dirait qu'il vit tous les jours aux Champs-Elysées quand je l'entends chôcôbiter."

Chocologue
(France) : Expert en chocolat.

Patapouf (France 19e s.) : Homme gras qui a du mal à respirer.


TORABULLY, Khal. – Dictionnaire francophone de poche : le pouvoir des mots sur le mouvoir des peaux. – La passe du vent, 2007. – 153 p. + a-o p. bleues. - ISBN : 978-2-84562-104-6 : 10 €.

publié dans : Essais sur la littérature
Dimanche 2 décembre 2007
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Cette collection "Le souffle des mots", parue chez Larousse, propose de petits ouvrages originaux de langue française tous aussi savoureux les uns que les autres. Brochés cousus, de l’épaisseur d’un roman et habillés d’une couverture souple aux drôles d’illustrations, ces petits documentaires permettent l’exploration de voies peu empruntées par leurs confrères, tels que des expressions employant des noms d’animaux, ou des mots inventés par les écrivains des XIXe et XXe siècles. C’est un régal de butiner de page en page mots et expressions, alliant le plaisir à l’instruction !

Qui m'aime me suive : dictionnaire commenté des allusions historiques / Jean Claude Bologne

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Qui m'aime me suive, Les délices de Capour, Briller par son absence, Ah ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne : que d'expressions entendues ça et là, souvent dans les médias ou dans la littérature, et dont on ignorait souvent l'origine jusqu'à ce que Jean Claude Bologne en commente près de deux cents, resituées dans leur contexte historique. Index des allusions et des noms propres.

– Larousse, 2007. – 303 p. : ill. n.b. ; 21*14 cm.. – (Le souffle des mots). – ISBN 978-2-03-582691-6 : 9,90 €.


publié dans : Essais sur la littérature
Mardi 20 novembre 2007
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De la lecture selon Walter Benjamin et Ludwig Wittgenstein / Siegfried Plümper-Hüttenbrink

Incipit :

" J'emploie le mot "lecture" en songeant au singulier spectacle qu'offre un homme dans une chambre, reclus en compagnie d'un livre, et qui lirait bouche bée sans articuler un mot.
Sorte de rumination muette et intime qui ferait du corps d'un lecteur un gisant, un poids mort, à ainsi persévérer dans son inertie.
Saint-Augustin rapporte cet événement dans ses Confessions, à propos de Saint-Ambroise, évêque de Milan. Dans les premiers temps de l'Antiquité, la lecture se faisait de vive voix et en commun - oecuméniquement pour ainsi dire, de bouche à oreille - parce qu'il n'y avait dans les livres de l'époque ni signes de  ponctuation, ni intervalles entre les mots. Tomber dès lors sur un lecteur isolé et muet, tenu en quelque sorte au silence sur ce qu'il lisait, devait probablement être un spectacle des plus ambigus, proche du confessionnal..."

Qu'est-ce que lire ? L'auteur en une prose poétique nous donne sa vision fragmentée de la lecture et du lecteur, avant de nous proposer celle de Walter Benjamin. Il se demande pour finir comment lire Ludwig Wittgenstein : "Assis ? Debout ? Couché ? Ou encore en prenant un bain ?" Plus sérieusement ensuite, lentement pour commencer...

La Main courante, 2006.
41 pages.
ISBN : 2-913919-30-8 : 13 €.

publié dans : Essais sur la littérature
Mercredi 5 septembre 2007
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littérature - critique littéraire

Introduction aux méthodes critiques pour l'analyse littéraire

Voici un ouvrage que j'ai certainement dû lire au cours de mes études de lettres, et qui, à présent, m'a permis d'organiser mes souvenirs épars de lectures de critiques dispersées, et non cataloguées à l'intérieur d'un système. Exceptionnellement, ce ne sont ni son résumé, ni sa critique que vous trouverez ci-dessous, mais quelques notes tirées de l'ouvrage, et personnelles :

LA CRITIQUE GENETIQUE, par Pierre-Marc de Biasi
Elle distingue 4 phases :
- la phase pré-rédactionnelle (idées - recherches - brouillons - plan scénario de 3 pages)
- la phase rédactionnelle (dossiers documentaires préparatoires, brouillons, carnets de travail ou d'enquête)
- la phase pré-éditoriale (relecture)
- la phase éditoriale

Selon Henri Mitterrant dans La Naissance du texte, il existe deux sortes de génétiques littéraires :
- la génétique scénarique ou avant-textuelle qui étudie tous les documents autographes ayant joué un rôle dans la conception et la préparation de l'oeuvre,
- la génétique manuscriptique, ou scripturale, ou textuelle, qui étudie les variations du manuscrit de rédaction.


La critique génétique m'attirait plus qu'aucune autre, en ceci qu'elle mettait en exergue l'acte créateur, fait de recherches, de lectures, d'expériences, de tâtonnements et de sélections.
A part être thésard ou chercheur, lire Brouillons d'écrivains (ouvrage publié suite à la remarquable exposition de la BNF) ou tout autre oeuvre critique, il me paraît cependant difficile d'avoir accès à ces informations.
Plus encore depuis l'avènement de l'informatique qui annihile quasiment l'état de brouillons, ne gardant aucune trace des hésitations et choix de l'auteur.
En revanche,  la rencontre avec un auteur constitue le moment ou jamais de lui poser ces questions :
- Avant de l'accepter, votre éditeur vous a-t-il demandé de retoucher à votre manuscrit, d'en changer le titre ?
- Avant d'être accepté par l'éditeur, votre roman a dû passer par bien des étapes, depuis l'idée première jusqu'à l'exécution finale. Pouvez-vous nous dévoiler quelques-uns de vos secrets ?
- Quelles démarches avez-vous entreprises pour faire publier votre premier roman ? Dans quel état d'esprit ?
- Ecrivez-vous à la main ou préférez-vous l'écran de votre ordinateur ?
etc...

Appartiennent à cette "famille" de critique : Jean Bellemin-Noël, Gustave Rudler, R. Debray-Genette, H. Mitterrand.
   
LA CRITIQUE PSYCHANALITIQUE, par Marcelle Marini

L'OEUVRE LITTERAIRE COMME OBJET D'ETUDE DE LA PSYCHANALYSE

FREUD : OEDIPE ROI et HAMMLET
La psychanalyse s'inspire de la littérature et trouve en les pièces de Sophocle et Oedipe - roi et Hamlet de Shakespeare le motif des désirs amoureux et hostiles à l'égard des parents.
Oedipe - roi :    
   - invariant universel
  - Oedipe = figure symbolique du désir infantile que nous avons oublié et qui perdure en nous,
   - Oedipe à la fois enquêteur et enquêté, présuppose le double travail de la méconnaissance et de la reconnaissance jusqu'à la vérité foudroyante.

"Freud s'identifie aussi à Sophocle capable d'orchestrer en tragédie, comme lui en théorie, cette aventure de l'homme qui s'interroge sur son être, ses origines et son histoire."

Hamlet :
L'auteur relit l'interprétation que fait Freud de Hamlet, en proie à un complexe d'Oedipe refoulé, hésitant à venger son père en tuant l'homme qui l'a remplacé auprès de sa mère et conclut :"Ce texte semble offrir tout ce que l'on reproche aujourd'hui à la "psychanalyse appliquée" : étude psychologique des personnages, jugement clinique, interprétation sans lecture précise de l'oeuvre, assimilation de l'auteur au personnage. Et pourtant, les lectures les plus subtiles n'ont pas remis en cause la justesse de cette analyse." (p. 56)

LACAN ET LA LETTRE VOLEE DE POE                           
Pour lui, avec la subtilisation puis la réappropriation de la lettre, "l'inconscient fonctionne (comme une machine), selon l'alternance répétitive de la présence et de l'absence du phallus (la lettre)." (p. 60)

Autres exemples d'oeuvres, objets d'études en psychanalyse :
 Délices et rêves dans la Gravida de Jensen (à ajouter à ma liste de lectures)
Le Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras (lu cette année)

L'auteur finit par poser cette question : "Qui n'a pas tendance à identifier un personnage fictif à une "personne réelle" ? Ou à conclure directement d'ne oeuvre à la psychologie de l'écrivain ?"
Suit une présentation des nouvelles orientations proposées par Jean Bellemin-Noël dans L'Inconscient du texte et Julia Kristeva.

Appartiennent à cette "famille" de critique :

- en psychanalyse : Freud, Lacan, Laforgue
- en littérature Jean Bellemin-Noël, Charles Mauron, Julia Kristeva, et à un degré moindre Jean Starobinsky

LA CRITIQUE THEMATIQUE, par Daniel Bergez

= Considérer l'oeuvre comme un tout et y découvrir des constantes.
Jean-Pierre Richard et Georges Poulet tentent de redéfinir un "être au monde", fondé sur des expériences qui se déploient en figures dans l'oeuvre littéraire.
Jean-Pierre Richard entend situer son "effort de compréhension et de sympathie en une sorte de moment premier de la création littéraire : moment où l'oeuvre naît du silence qui la précède et qui la porte, où elle s'institue à partir d'une expérience humaine." (Poésie et profondeur)

Georges Poulet : "cogito" des auteurs est d'ordre intellectuel.
Jean-Pierre Richard : appréhension sensuelle et sensible du monde


Appartiennent à cette "famille" de critique : Gaston Bachelard, Georges Poulet,
Jean-Pierre Richard, Albert Béguin, Marcel Raymond, Jean Rousset, Jean Starobinsky

LA SOCIOCRITIQUE, par Pierre Barbéris

La littérature "ne visait plus seulement le vrai et le beau moral plus ou moins transhistorique, mais un vrai et un beau militant, fut-ce sans le savoir. La littérature, diasit Madame de Staël, n'était pas un art mais une arme : pour agir et pour comprendre."

Dans sa forme comme dans son contenu, la création littéraire ne peut échapper à son contexte historique, si ce n'est en se projetant vers l'avenir, en jetant des formes nouvelles.

Appartiennent à cette "famille" de critique : Germaine de Staël, Chateaubriand, Bonald, Pierre Barbéris, Lucien Goldman, René Girard, Georges Lukacs, Marthe Robert, Jacques Leenhard, Geneviève Mouillaud.

LA CRITIQUE TEXTUELLE, par Gisèle Valency

L'auteur sélectionne des mots, des sons, des phonèmes, au sein des multiples combinaisons possibles de mots dans une phrase.
A une échelle plus large, il structure son oeuvre en fonction de certains schémas, telle La morphologie du conte de Vladimir Propp.

Appartiennent à cette "famille" de critique : Roland Barthes, Benveniste, Saussure, Genette, Todorov, Jakobson, Maingueneau, Henri Meschonnic (que mon prof de prépa, fervent admirateur, avait invité à intervenir à l'un de nos cours).


Voilà ! Il ne me reste plus qu'à avoir en tête  ces différentes visions du texte pour chacune de mes critiques.

publié dans : Essais sur la littérature
Samedi 11 novembre 2006
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L'écriture : du premier jet au chef-d'oeuvre / Natalie Goldberg


Le ridicule du titre aurait dû me pousser à passer mon chemin, mais la curiosité a été plus forte : que pouvait bien contenir ce type d'ouvrage ?
Pas grand'chose si ce n'est le parcours personnel et les lectures de l'auteur de deux essais sur l'écriture, dont celui-ci, qui consacre d'ailleurs sa vie à animer des ateliers d'écriture aux Etats-Unis, ateliers pour lesquels déjà j'étais quelque peu sceptique, sans toutefois les condamner, et à présent sceptique convaincue !
C'est donc décidé : je ne créerai pas d'atelier d'écriture au sein de mon lycée ! Mais plutôt, pourquoi pas, des jeudi littéraires une fois par mois, où chacun parlerait de ses lectures, ou encore l'ouverture d'un blog recueillant leurs critiques, à l'image de celui-ci mais avec leurs propres catégories ?

publié dans : Essais sur la littérature
Dimanche 29 octobre 2006
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L'homme-plume : vingt-six lettres sur la création littéraire / Gustave Flaubert


L'homme-plume, c'est ainsi qu'il se définit au travers de ces vingt-six lettres que je lis et relis sans cesse, un échantillon de 30 années de correspondance entre 1846 et 1876, destinées à Louise Colet, à Maxime Du Camp, à Hippolyte Taine, à George Sand, pour les plus connus. Ces lettres témoignent de ses amours, de ses amitiés, mais surtout de ses jugements littéraires et plus encore de son labeur, des affres du style, des corrections qu'il se refuse à faire de sitôt, la réécriture de passages se révélant toujours très difficile, et des irrégularités de son inspiration. Cette correspondance regorge de perles canonisées depuis :

le désintéressement
"Je doute bien souvent si jamais je ferai imprimer une ligne. Sais-tu que ce serait une belle idée que celle du gaillard qui, jusqu'à cinquante ans, n'aurait rien publié et qui, d'un seul coup, ferait paraître, un beau jour, ses oeuvres complètes et s'en tiendrait là ?" (p. 10)
"Je travaille avec un désintéressement absolu et sans arrière-pensée, sans préoccupation ultérieure." (p. 17)
"Etre connu n'est pas ma principale affaire." (p. 51)
"Je vise à mieux, me plaire."

le livre idéal
"Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style (...)" (p. 30)
"(...) plus l'expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c'est beau."
(p. 31)
"le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses."

la transe
"C'est une chose délicieuse que d'écrire ! que de ne plus être soi, mais de circuler dans toute la création dont on parle. Aujourd'hui par exemple, homme et femme tout ensemble, amant et maîtresse à la fois, je me suis promené à cheval dans une forêt, par un après-midi d'automne, sous des feuilles jaunes, et j'étais les chevaux, les feuilles, le vent, les paroles qu'ils se disaient et le soleil rouge qui faisait s'entre-fermer leurs paupières noyées d'amour." (p. 70)

Je m'arrête là, tant j'ai pu souligner de phrases qui résonnaient en moi, ou que j'ai eu plaisir à relire, dans leur contexte, comme de vieilles amies retrouvées. Il faut d'ailleurs que je relise tout Flaubert, voeu pieux car mes objectifs s'amoncellent sans jamais se réduire. A lire et à relire. Un livre de chevet.

publié dans : Essais sur la littérature
Mardi 10 octobre 2006
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