"L'homme est condamné à être libre." (p. 39)
Chacun connait cette citation de Jean-Paul Sartre. Mais, privée de son contexte, elle était à l'époque mal perçue, d'où cette
conférence donnée à Paris le lundi 29 octobre 1945, pour tordre le cou aux préjugés ou divagations qui courraient à son sujet. En voici l'explicitation des termes aux lignes suivantes
:
"Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait."
Par responsabilité, Jean-Paul Sartre entend plusieurs choses, d'abord celle envers l'humanité et le monde : "mais si tout le monde faisait comme ça ?" (p. 34) Si l'on entreprend une chose et ne répond à cette question que par la mauvaise foi, c'est que l'action entreprise n'engage pas que soi, mais aussi l'environnement ou les autres. L'homme existe d'ailleurs par le biais d'autrui , c'est là le concept d'intersubjectivité cher à Jean-Paul Sartre :
"L'homme qui s'atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres, et il les découvre comme la condition de son existence." (p. 58)
Etre responsable, c'est aussi assumer ses choix et ne pas se dissimiler derrière la fatalité, le destin, ses origines sociales et familiales, pour excuser le sentiment de ne pas avoir fait de sa vie ce qu'on aurait aimé qu'elle soit :
"L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie." (p. 51)
C'est enfin toujours choisir, et même lorsqu'on demande conseil, on choisit la personne selon le conseil qu'on sait qu'elle va nous donner, et on n'écoute que celui que l'on s'apprêtait à faire :
"Le choix est possible (...), mais ce qui n'est pas possible, c'est de ne pas choisir. Je peux toujours choisir, mais je dois savoir que si je ne choisis pas, je choisis encore." (p. 63)
A méditer...
"Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait."
Par responsabilité, Jean-Paul Sartre entend plusieurs choses, d'abord celle envers l'humanité et le monde : "mais si tout le monde faisait comme ça ?" (p. 34) Si l'on entreprend une chose et ne répond à cette question que par la mauvaise foi, c'est que l'action entreprise n'engage pas que soi, mais aussi l'environnement ou les autres. L'homme existe d'ailleurs par le biais d'autrui , c'est là le concept d'intersubjectivité cher à Jean-Paul Sartre :
"L'homme qui s'atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres, et il les découvre comme la condition de son existence." (p. 58)
Etre responsable, c'est aussi assumer ses choix et ne pas se dissimiler derrière la fatalité, le destin, ses origines sociales et familiales, pour excuser le sentiment de ne pas avoir fait de sa vie ce qu'on aurait aimé qu'elle soit :
"L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie." (p. 51)
C'est enfin toujours choisir, et même lorsqu'on demande conseil, on choisit la personne selon le conseil qu'on sait qu'elle va nous donner, et on n'écoute que celui que l'on s'apprêtait à faire :
"Le choix est possible (...), mais ce qui n'est pas possible, c'est de ne pas choisir. Je peux toujours choisir, mais je dois savoir que si je ne choisis pas, je choisis encore." (p. 63)
A méditer...
SARTRE, Jean-Paul. - L'existentialisme est un humanisme.
- Gallimard, 1996. - 108 p.. - (Folio essais). - ISBN 2-07-032913-5.




Ce à quoi elle
commence par apporter une première réponse tout aussi évidente :
constat que "ce monde a toujours appartenu aux mâles" (p. 111). Car, remarque-t-elle : "ce n'est pas en donnant la vie, c'est en risquant sa vie que l'homme
s'élève au-dessus de l'animal ; c'est pourquoi dans l'humanité la supériorité est accordée non au sexe qui engendre mais à celui qui tue." (p. 115). "Ainsi
le triomphe du patriarcat ne fut ni un hasard ni le résultat d'une révolution violente. Dès l'origine de l'humanité, leur privilège biologique a permis aux mâles de s'affirmer seuls comme sujets
souverains." (p. 132). Ce sont eux qui plus tard vont composer les codes. La femme, n'étant plus élevée à la dignité d'une personne, fera elle-même partie du
patrimoine de l'homme, d'abord de son père, puis de son mari. Ainsi quand le mari décède, elle doit retourner dans sa famille ou dans celle du mari et épouser son beau-frère par exemple.
On vous évitera les récits d'infanticides et de lapidations. Tandis que le mari peut multiplier épouses et maîtresses, l'infidélité de la femme est punie dans certaines cultures de mort : il ne
s'agirait pas d'introduire un bâtard dans la famille. Le patrimoine familial est ce qui compte le plus aux yeux des mâles : "l'oppression de la
femme a sa cause dans la volonté de perpétuer la famille et de maintenir intact le patrimoine." (p. 147) Par
la suite, "l'idéologie chrétienne n'a pas peu contribué à l'oppression de la femme."
(p. 158).
de Tencin, Mme de
Châtelet, Mme de Prie, Mme de Mailly, Mme de Châteauneuf, Mme de Pompadour, Mme du Barry, Sophie Arnould, Julie Talma, Adrienne Lecouvreur, lady Winhilsea, la duchesse de Newcastle, Mrs. Aphra
Behn, Melle de Gournay, Mme de Ciray, Mme Roland, Lucile Desmoulins, Théroigne de Méricourt, Charlotte Corday, Olympe de Gouges, Rose Lacombe, Sapho, Claire Bazard, Jeanne d'Arc, Eugénie Niboyer,
Jeanne Decoin, Mme de Staël, George Sand, Flora Tristan, Mme de Girardin, Mme Adam, Mme d'Héricourt, Mary Wollstonecraft, Mrs Fawcett, Maria
Deraismes, Hubertine Auclert, Louise Michel, Mme Brunschwig, Jane Austen qui se cachait pour écrire, George Eliot, Emily Brontë, les Pankhurst, Lucrecia Mott, Mme Beecher-Stowe, Miss Anthony, Mary Baker Eddy, Miss Stevens, Alice
Paul, Clara Zetkin, Rosa Luxembourg, Marie Curie,...

