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Carnets de SeL

"L'homme est condamné à être libre." (p. 39)
Chacun connait cette citation de Jean-Paul Sartre. Mais, privée de son contexte, elle était à l'époque mal perçue, d'où cette conférence donnée à Paris le lundi 29 octobre 1945, pour tordre le cou aux préjugés ou divagations qui courraient à son sujet. En voici l'explicitation des termes aux lignes suivantes :
"Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait."
Par responsabilité, Jean-Paul Sartre entend plusieurs choses, d'abord celle envers l'humanité et le monde : "mais si tout le monde faisait comme ça ?" (p. 34) Si l'on entreprend une chose et ne répond à cette question que par la mauvaise foi, c'est que l'action entreprise n'engage pas que soi, mais aussi l'environnement ou les autres. L'homme existe d'ailleurs par le biais d'autrui , c'est là le concept d'intersubjectivité cher à Jean-Paul Sartre :
"L'homme qui s'atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres, et il les découvre comme la condition de son existence." (p. 58)
Etre responsable, c'est aussi assumer ses choix et ne pas se dissimiler derrière la fatalité, le destin, ses origines sociales et familiales, pour excuser le sentiment de ne pas avoir fait de sa vie ce qu'on aurait aimé qu'elle soit :
"L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie." (p. 51)
C'est enfin toujours choisir, et même lorsqu'on demande conseil, on choisit la personne selon le conseil qu'on sait qu'elle va nous donner, et on n'écoute que celui que l'on s'apprêtait à faire :
"Le choix est possible (...), mais ce qui n'est pas possible, c'est de ne pas choisir. Je peux toujours choisir, mais je dois savoir que si je ne choisis pas, je choisis encore." (p. 63)
A méditer...

SARTRE, Jean-Paul. - L'existentialisme est un humanisme. - Gallimard, 1996. - 108 p.. - (Folio essais). - ISBN 2-07-032913-5.

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Mardi 22 juillet 2008
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Tome 1 : La volonté de savoir



"XVIIe siècle : ce serait le début d'un âge de répression, propre aux sociétés qu'on appelle bourgeoises, et dont nous ne serions peut-être pas encore tout à fait affranchis." (p. 25)

Michel Foucault va tordre le cou à cette idée préconçue en démontrant combien au contraire fut forte l'incitation à parler, à discourir sur le sexe, et donc la volonté de savoir ce qui se passait dans les esprits et dans les chambres conjugales. En revanche, c'est à dater de cette période que l'on va condamner la masturbation des garçons de bonne famille qui y perdent la semence nécessaire à une bonne filiation, et empêcher la sexualité infantile en éloignant par exemple en deux écoles distinctes les garçons et les filles.
Un essai très remarqué à sa publication, à la portée tant philosophique qu'historique et sociologique, qui sera suivi de deux autres tomes, au lieu des six initialement prévus. Sa lecture fut certes intéressante, mais un résumé m'aurait suffi dans la mesure où je n'ai eu l'envie de surligner aucun passage, aucune pensée.    

FOUCAULT, Michel. - Histoire de la sexualité I : la volonté de savoir. - Gallimard, 2001. - 211 p.. - (Tel ; 248). - ISBN 2-07-074070-6.

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Jeudi 17 juillet 2008
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    Simone de Beauvoir part d'un constat simple :   
    "l'humanité se partage en deux catégories d'individus dont les vêtements, le visage, le corps, les sourires, la démarche, les intérêts, les occupations sont manifestement différents : peut-être ces différences sont-elles superficielles, peut-être sont-elles destinées à disparaître. Ce qui est certain c'est que pour l'instant elles existent avec une éclatante évidence." (p. 15).

    et d'une question qui semble l'être tout autant :
"qu'est-ce qu'une femme ?" (p. 16).

undefinedCe à quoi elle commence par apporter une première réponse tout aussi évidente :
"Elle apparaît essentiellement au mâle comme un être sexué." (p. 17). Précisément, la femme n'a jamais été définie que par comparaison à l'homme. Elle est l'Autre par excellence.
"l'altérité est une catégorie fondamentale de la pensée humaine. Aucune collectivité ne se définit jamais comme Une sans immédiatement poser l'Autre en face de soi." (p. 18).
"le sujet ne se pose qu'en s'opposant" 
(p. 19).
ce qui induit un rapport de réciprocité. Or, constate Simone de Beauvoir après la seconde guerre mondiale, il n'existe pas, entre les sexes, de rapport de réciprocité, mais de soumission.  "En presque aucun pays son statut légal n'est identique à celui de l'homme et souvent il la désavantage considérablement. Même lorsque des droits lui sont abstraitement reconnus, une longue habitude empêche qu'ils ne trouvent dans les moeurs leur expression concrète." (p. 22) (n.b. perso : en France, par exemple, théoriquement, nous n'avons pas à renoncer à notre identité pour prendre le nom de notre époux, et pourtant personne ne facilite cet usage, et surtout pas l'administration...). D'où vient cette discrimination ?

En règle générale, observe-t-elle, "
c'est souvent l'inégalité numérique qui confère ce privilège" (p. 20), mais il y a autant de femmes (si ce n'est plus) que d'hommes sur Terre !
Ou encore la loi du plus fort, mais à aucun moment, aussi loin que l'on puisse remonter dans l'histoire, il n'y a eu d'événement, de processus qui expliquerait cette soumission, contrairement par exemple à l'esclavage ou au prolétariat.
"Elles n'ont pas de passé, d'histoire, de religion qui leur soit propre ; et elles n'ont pas comme les prolétaires une solidarité de travail et d'intérêts (...) Elles vivent dispersées parmi les hommes, rattachées par l'habitat, le travail, les intérêts économiques, la condition sociale à certains hommes - père ou mari - plus étroitement qu'aux autres femmes." (p. 21). "La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l'histoire humaine." (p. 22).

Adoptant le principe de la morale existentialiste, Simone de Beauvoir s'interroge sur la possibilité donnée à une femme de s'accomplir en tant qu'être humain, quelles circonstances limitent sa liberté et si elle peut les dépasser.

Elle se propose donc dans ce premier volume de passer en revue les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique, qui ont constitué la "réalité féminine" et la figure de l'Autre, et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes.

Dans un premier chapitre, Simone de Beauvoir commence par décrire la différence sexuelle et physiologique de la femme par rapport à l'homme, la seule qui soit naturellement avérée. A l'époque, certains mauvais esprits s'étaient beaucoup gaussé de Simone De Beauvoir, déclarant qu'avec elle ils avaient tout appris sur son utérus. De fait, ce n'est pas la couleur de peau, la religion, le pays qui différencient l'homme de la femme, c'est bien son sexe, il fallait bien commencer par là. En général, aux différenciations purement sexuelles s'ajoutent d'autres caractéristiques : par exemple, une morphologie moins robuste, une force musculaire et une capacité respiratoire plus faibles ; sa prédisposition à l'anémie ; son pouls battant plus vite, son système vasculaire étant plus instable, elle rougit aisément, elle est plus émotive. A cela s'ajoutent surtout tous les traits liés à la fonction reproductrice : puberté, ménopause,  "malédiction" mensuelle, grossesse longue et souvent difficile, accouchement douloureux et parfois dangereux, maladies, accidents,... "Le corps étant l'instrument de notre prise sur le monde", "ces données biologiques" "sont une des clés qui permettent de comprendre la femme"
(p. 73), mais pas d'expliquer leur destin figé ni de définir une hiérarchie des sexes.

Dans le second chapitre, Simone de Beauvoir observe que pour les psychanalystes, hélas, "l'homme est défini comme être humain et la femme comme femelle : chaque fois qu'elle se comporte en être humain, on dit qu'elle imite le mâle."(p. 97) 

Au chapitre suivant, Simone de Beauvoir critique les déductions un peu trop rapides de Engels qui présume que l'accès à la propriété privée a conduit à la soumission de la femme, en raison de sa force de travail moindre.

Nonobstant, aucune raison biologique, psychanalytique ou technique ne saurait expliquer une quelconque hiérarchisation entre les deux sexes.

Simone de Beauvoir va donc se tourner vers l'Histoire dans sa deuxième partie, partant du
undefined constat que "ce monde a toujours appartenu aux mâles" (p. 111). Car, remarque-t-elle : "ce n'est pas en donnant la vie, c'est en risquant sa vie que l'homme s'élève au-dessus de l'animal ; c'est pourquoi dans l'humanité la supériorité est accordée non au sexe qui engendre mais à celui qui tue." (p. 115). "Ainsi le triomphe du patriarcat ne fut ni un hasard ni le résultat d'une révolution violente. Dès l'origine de l'humanité, leur privilège biologique a permis aux mâles de s'affirmer seuls comme sujets souverains." (p. 132). Ce sont eux qui plus tard vont composer les codes. La femme, n'étant plus élevée à la dignité d'une personne, fera elle-même partie du patrimoine de l'homme, d'abord de son père, puis de son mari. Ainsi quand le mari décède, elle doit retourner dans sa famille ou dans celle du mari et épouser son beau-frère par exemple. On vous évitera les récits d'infanticides et de lapidations. Tandis que le mari peut multiplier épouses et maîtresses, l'infidélité de la femme est punie dans certaines cultures de mort : il ne s'agirait pas d'introduire un bâtard dans la famille. Le patrimoine familial est ce qui compte le plus aux yeux des mâles : "l'oppression de la femme a sa cause dans la volonté de perpétuer la famille et de maintenir intact le patrimoine." (p. 147)  Par la suite, "l'idéologie chrétienne n'a pas peu contribué à l'oppression de la femme." (p. 158).
Quant à la naissance de l'amour courtois, rien n'indique que le sort de la femme se fut amélioré, seules certaines chatelaines
au Moyen Age, et au fil des siècles, certaines aristocrates puis bourgeoises, ayant joui des luxes de la conversation, de la politesse et de la poésie durant leurs loisirs. C'est donc dans le domaine culturel qu'une infime partie des femmes, faisant partie de l'élite, se sont le plus affirmées, du Moyen Age au 19e siècle.

Les femmes citées dont les noms sont passés à la postérité, malgré l'éducation qui leur était refusée :


Béatrice de Valentinois, Aliénor d'Aquitaine, Marie de France, Blanche de Navarre, Sainte Clotilde, Sainte Radegonde, Blanche de Castille, Héloïse, Sainte Catherine de Sienne, Christine de Pisan, Isora Nogara, Veronica Gambara, Gaspara Stampara, Vittoria Colonna, Lucrèce Tornabuoni, Isabelle de Luna, Catarina di San Celso, Imperia, les reines bien sûr, Sainte Thérèse d'Avila, Anne de Bretagne, la duchesse de Retz, Mme de Lignerolle, la duchesse de Rohan et sa fille Anne, la reine Margot, Marguerite de Navarre, Pernette du Guillet, Louise Labé, Mlle de Gournay, Mme de Rambouillet, Mlle de Scudéry, Mme de La Fayette, Mme de Sévigné, la princesse Elisabeth, la reine Christine, Mlle de Schurman, Anne d'Autriche, la duchesse d'Aiguillon, Mme de Montbazon, la duchesse de Chevreuse, Mlle de Montpensier, la duchesse de Longueville, Anne de Gonzague, Mme de Maintenon, Ninon de Lenclos, Mme Geoffrin, Mme du Deffand, Mlle de Lespinasse, Mme d'Epinay, Mme
undefinedde Tencin, Mme de Châtelet, Mme de Prie, Mme de Mailly, Mme de Châteauneuf, Mme de Pompadour, Mme du Barry, Sophie Arnould, Julie Talma, Adrienne Lecouvreur, lady Winhilsea, la duchesse de Newcastle, Mrs. Aphra Behn, Melle de Gournay, Mme de Ciray, Mme Roland, Lucile Desmoulins, Théroigne de Méricourt, Charlotte Corday, Olympe de Gouges, Rose Lacombe, Sapho, Claire Bazard, Jeanne d'Arc, Eugénie Niboyer, Jeanne Decoin, Mme de Staël, George Sand, Flora Tristan, Mme de Girardin, Mme Adam, Mme d'Héricourt, Mary Wollstonecraft, Mrs Fawcett, Maria Deraismes, Hubertine Auclert, Louise Michel, Mme Brunschwig, Jane Austen qui se cachait pour écrire, George Eliot, Emily Brontë, les Pankhurst, Lucrecia Mott, Mme Beecher-Stowe, Miss Anthony, Mary Baker Eddy, Miss Stevens, Alice Paul, Clara Zetkin, Rosa Luxembourg, Marie Curie,...

Mais ce n'est qu'au 18e siècle qu'une
bourgeoise, Mrs Aphra Behn, put vivre de sa plume comme un homme.
Car la Révolution ne changea en rien la condition de la femme. (n.b. perso, "point de détail" : Notez "La déclaration des droits de l'homme" et non pas "La déclaration des droits humains" !? )

En fait,  la femme n'est la moitié de l'homme que lorsqu'elle se trouve avec lui tout au bas de l'échelle sociale et partage ses labeurs, ou lorsqu'elle s'établit à son compte comme vendeuse ou blanchisseuse !

A
u 19e siècle la femme subit l'une ou l'autre de ces situations : soit elle est entretenue, ce qui en fait une "poule de luxe", soit elle travaille, ce qui en fait une "bête de somme", dans des conditions déplorables et pour un salaire largement inférieur à celui que gagnerait un homme pour le même travail. En outre, elle se heurte à une difficulté majeure, celle de concilier son rôle reproducteur et son travail producteur, son rôle de mère et d'esclave domestique et celui d'ouvrière. Bientôt, elle va tenter de défendre ses droits, vouloir se faire entendre : c'est la naissance des mouvements féministes, mais qui n'aboutiront que grâce au soutien de quelques hommes.

Simone de Beauvoir tire quelques conclusions de cette partie historique :
"Toute l'histoire des femmes a été faite par les hommes." (p. 222)
"ce n'est pas l'infériorité des femmes qui a déterminé leur insignifiance historique, c'est leur insignifiance historique qui les a vouées à l'infériorité." (p. 227)

Dans une troisième partie, enfin, elle poursuit son analyse méthodique des raisons de l'inégalité de l'homme et de la femme par l'étude des mythes qui ont fondé la Femme. Citons "L'éternel féminin" c'est l'homologue de "l'âme noire" et du "caractère juif". (p. 27). L'homme se pose comme sujet, et la femme comme objet : ainsi il est actif, elle passive, il est le socle, elle est le champ à ensemencer, elle est la fleur qu'on cueille, encore vierge, elle est la Nature, mouvante, imprévisible, dont il doit se rendre maître et possesseur. De la même manière, elle peut devenir un trophée pour l'homme qui aime les prouesses, les victoires, le jeu (Rastignac, l'Education Sentimentale, romans de chevalerie...). Elle peut aussi être l'araignée, la mante religieuse : elle prend, elle dévore. Elle n'est appréciée que comme la vierge Marie, une Mère sanctifiée, soumise à son fils, ou une épouse dont la magie érotique s'est évaporée, comme "mère poule", "mère patrie", s'occupant du foyer, du cocon familial. Parfois comme éthérée dans sa fonction de "muse" pour le poète. En tant qu'épouse, elle constitue l'un des signes extérieurs de richesse de l'homme : en Orient, ils en auront plusieurs, et bien en chair, en Occident, elles devront éblouir par leur charme, leur beauté, leur intelligence, leur élégance, au même titre qu'une automobile, ou, à défaut, par leurs qualités morales et leurs talents de ménagère.

***

Voilà, c'est fait. Enfin, j'ai lu cet essai qui a fait l'effet d'une bombe à sa sortie en 1949, provoquant une véritable levée de boucliers masculins. Et croyez-moi, il n'a pas pris une ride. Parfaitement lisible et accessible, il me semble demeurer un ouvrage incontournable pour toute jeune femme qui réfléchit sur sa condition, sur son destin, sur ses choix futurs. Simone de Beauvoir passe en revue de manière exhaustive, érudite, logique et rationnelle, toutes les raisons qui peuvent expliquer l'origine de cette discrimination sexuelle universelle et transhistorique. Je ne peux donc que vous en conseiller la lecture. Quant à moi, je compte bien dans l'année m'attaquer au second tome, qui abordera cette fois le point de vue des femmes sur leur situation.

***

Liste des personnages cités dans l'essai pour avoir proféré des assertions plus ou moins sexistes : les religions monothéistes, Platon, Aristote, Saint Thomas, Saint Augustin, Pythagore, Jean de Meung, Jacques Olivier, Mathurin Régnier, Rousseau,
Proudhon, Bonald, Auguste Comte, Balzac, Alexandre Dumas fils, Montherlant, Napoléon, Hitler (Küche, Kirche, Kinder), Michel Leiris, Faulkner,...
"Il y a un principe bon qui a créé l'ordre, la lumière et l'homme et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme" (Pythagore).
"En toutes les bêtes sauvages il ne s'en trouve pas de plus malfaisante que les femmes" (Saint Jean Chrysostome)
"Nous écoutons sur un ton d'indifférence polie... la plus brillante d'entre elles, sachant bien que son esprit reflète de façon plus ou moins éclatante des idées qui viennent de nous." (Claude Mauriac en 1948 dans le Figaro littéraire)
"Nul n'est plus arrogant à l'égard des femmes, agressif ou dédaigneux, qu'un homme inquiet de sa virilité." (p. 29)

Liste des esprits éveillés cités qui ont mieux compris l'arbitraire du sort assigné à la femme : Montaigne, Diderot, Voltaire, Helvétius, d'Alembert, Mercier, Stuart Mill, Erasme, Cornelius Agrippa, Poulain de la Barre, Fontenelle, Condorcet, Rollin, Saint-Simon, Fourier, Cabet, Leroux, Pecqueux, Carnot, Legouvé, Marx, Engels, Jules Simon, Leroy-Beaulieu, G. Derville, Sismondi, Blanqui, Léon Richier, Hemingway.

A lire : A room of one's own de Virginia Woolf, Judith Butler.

Gallimard, 2006. – 408 p.. – ISBN 2-07-032351-X.
 

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Vendredi 29 février 2008
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Petit Larousse de la philosophie / Hervé Boillot

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Faut-il craindre le regard des autres ?
Le travail n'est-il pour l'homme qu'un moyen de subvenir à ses besoins ?
L'homme est-il un loup pour l'homme ?
Faut-il protéger ou respecter la nature ?
...

Classiques ou d'actualité, cinquante questions qui font débat font l'objet d'autant de dissertations possibles, rendant ce Petit Larousse de la philosophie fort utile à des élèves de Terminale.  Il expose également en ouverture une brève histoire de la philosophie, et s'achève par un dictionnaire des grandes notions et auteurs, avec près de 720 entrées.

Que vous soyez néophyte ou lycéen, ce "petit" Larousse de la philosophie de format semi-poche se révèlera un outil bien commode et accessible pour vous faire découvrir la philosophie dans ses grandes lignes ou vous aider à rédiger vos dissertations.


BOILLOT, Hervé. - Petit Larousse de la philosophie. - Larousse, 2007. - 989 p. ; 13*19 cm.. - ISBN : 978-2-03-582667-1 : 19,90 €.

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Dimanche 18 novembre 2007
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Impossible sagesse / Jacques Schlanger

Qu'est-ce que la sagesse ? Qu'est-ce aujourd'hui qu'être un sage ? Y en a-t-il d'abord ? Et si oui, à quoi les reconnait-on ? Et comment, surtout, le devenir ? Jacques Schlanger nous invite d'abord à nous pencher sur la question en rappelant les pensées et les grands sages de l'Antiquité, aussi différents que Socrate, agissant selon ses convictions en toute humilité, Diogène l'exubérant, poussant à l'extrême son expurgation de toute considération sociale, Epicure, Sénèque, etc...

    « Une vie est belle quand elle sonne juste, quand elle est bien accordée, aussi bien à elle-même qu’à ce qui l’environne. Une vie est belle quand elle est menée en accord, en harmonie, en cohérence avec le monde dans lequel elle se déploie. Une vie belle ressort, resplendit, comme le fil de pourpre sur la tunique blanche, comme une œuvre d’art pour celui qui la contemple. Celui qui mène une belle vie est l’artisan de sa propre vie, à ses yeux quand il s’en rend compte, mais surtout aux yeux du spectateur de cette vie. Nous qui désirons la sagesse, c’est souvent la beauté de la sagesse que nous poursuivons : et de même qu’il n’est pas possible de définir une fois pour toutes la beauté, mais uniquement de dire "voilà une belle chose", de même il n’est pas possible de définir une fois pour toutes la sagesse, mais uniquement de dire "voilà un sage". » (p. 55)

Puis, après avoir passé en revue les idéaux universels des sages, il analyse l'exemple particulier de dialogues de trois sages en fiction : Jacques le Fataliste de Diderot, Alexis Zorba de Kazantzaki et Une journée d'Ivan Denissovitch de Soljenitsyne. Enfin, Jacques Schlanger tente de nous faire appréhender ce que pourrait être un sage aujourd'hui, à quoi l'on peut reconnaître la sagesse :

    "Je ne vois dans le sage ni un être triste, ni un être compassé, ni un être imbu de soi. Je vois en lui un être heureux, joyeux, plein de vie - et qui ne prête pas trop attention à soi. Le sage ne poursuit pas la sagesse, il vit en elle, elle vit en lui. Il vit chaque situation, chaque événement, de l'intérieur : il prête attention à sa vie, non sur le mode du contrôle, mais sur le mode de la jouissance et de la perfection. Il réussit à extraire le meilleur de ce qui est, et aussi tel qu'il peut être : la sagesse, capacité, innée selon toute vraisemblance, de vivre pleinement tout ce qui est, même et surtout les choses les plus insignifiantes."

Sur ce, je vous laisse méditer sur cette dernière citation, très épicurienne.

 

Une critique bien plus longue par Pascale Arguedas.

SCHLANGER, Jacques. - Impossible sagesse. - Métailié, 2007. - 120 p.. - (Essais. Suites sciences humaines ; 14). - ISBN : 978-2-86424-613-8 : 9 €.

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Jeudi 24 mai 2007
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Traité d'athéologie : physique de la métaphysique / Michel ONFRAY

Etre athée, être privé de Dieu, privé de croyance, comme privé de quelque chose : Michel Onfray montre combien est péjoratif même le terme choisi pour désigner ceux qui ont choisi la pulsion de vie, la raison, la liberté et l'intelligence. Au contraire, nous dit-il, les athées ont choisi de ne pas se bercer d'illusions sur une vie meilleure à venir dans l'au-delà, sur une âme immortelle, sur tout ce qui peut leur faire mépriser cette vie, les besoins et les désirs de ce corps ici-bas, et la confier à d'autres qui énoncent les interdits et ôtent à la vie tout plaisir. Car les autres, entendons les trois principales religions monothéistes, ont façonné notre esprit depuis deux millénaires, condamné les impies, brûlé des livres et bibliothèques, paralysé les découvertes scientifiques et réflexions philosophiques, et animé une pulsion de mort au moyen de croisades et de génocides. Point par point, Michel Onfray raconte la supercherie à l'origine de ces textes sacrés, son alliance avec la plupart des régimes dictatoriaux et le nazisme, sa haine de l'extrême-gauche, en dénonce leurs contradictions, et surtout la barbarie, chacune enjoignant de ne pas tuer son prochain au sein de sa propre communauté mais de tuer tous les mécréants afin d'espérer dans l'au-delà, après leur sacrifice, une vie meilleure, où sont alors permis tous les interdits que leur religion leur a seule imposés.

A l'appui d'innombrables arguments, Michel Onfray fera peut-être vaciller vos croyances. Cet essai, en tout cas, n'a fait que raffermir l'opinion de la convaincue que je suis, et mis en lumière les innombrables autodafés et censures de manuscrits par le clergé et les moines copistes, pratiquant autant de coupes sombres dans notre héritage culturel, autant de lectures dont hélas nous ne profiterons jamais.

religion - athéisme

Grasset, 2005. - 281 p.. - 18,50 €.

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Mardi 6 mars 2007
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Le complexe d'Oedipe / Roger Perron, Michèle Perron-Borelli

Freud - complexe d'Oedipe - ethnologie - sexualité - relation enfant-parent

Quelle est la définition donnée à ce fameux complexe mis à jour par Freud ? Complexe d'Oedipe (expression apparue en 1910) : "une organisation fantasmatique pour l'essentiel inconsciente, parce que refoulée," (p. 5) qui consiste à désirer le parent de l'autre sexe (amour) et à se montrer hostile envers le parent de même sexe (jalousie). Ce complexe doit son nom à Oedipe Roi de Sophocle, la pièce célèbre qui l'illustre le mieux, et ce deux millénaires avant la découverte de la psychanalyse.
Touchant au tabou de l'innocence de l'enfant, le complexe d'Oedipe, que Freud commença à évoquer dès 1897, fut beaucoup décrié. Quelques décennies plus tard, la thèse de l'universalité de l'Oedipe trouva pourtant de nouveaux fondements dans le courant de pensée structuraliste et mit en évidence une loi fondamentale, qui selon Claude Lévi-Strauss, règle toute structure sociale : la prohibition de l'inceste. Ainsi, "toute communauté humaine" est "conduite à se structurer sur deux données fondamentales, qui concernent la différence des générations et la différence des sexes."(p. 14).
Jung avait proposé le corrollaire du "Complexe d'Oedipe" du petit garçon : le complexe d'Electre de la fille. Mais selon Freud, c'est chez le petit garçon que le complexe est le plus fort, puisque l'enfant, fille ou garçon, à sa naissance, distingue
des non-mères la mère, qui lui donne le sein, dont il reconnait la voix, qui le rassure. Pour la fillette, le complexe ne naîtra qu'après : "les désirs incestueux du garçon pour sa mère restent dans la continuité de ce lien primitif, tandis que la fille doit d'abord se défaire de son attachement exclusif à la mère, avant de pouvoir reporter sur le père ses désirs incestueux" (p. 45).
Le complexe connaîtra d'ailleurs son acmé vers l'âge de 3-4 ans, quand inconsciemment l'enfant voudra chasser le père (ou la mère) du lit, et prendre sa place aux côtés de la mère (ou du père). Simultanément, il découvre la différence entre les deux sexes et commence à être en proie à un autre complexe, celui de la castration...

Un petit Que sais-je ? accessible et complet. Pour aller plus vite, vous pouvez lire aussi la page suivante : http://www.oedipe.org/fr/oedipe

PUF, 1994. - 128 p.. -(Que sais-je ; 2899).

publié dans : Philosophie
Mardi 6 mars 2007
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