Cet ouvrage récapitule les principales étapes de l'histoire de la philosophie, de Parménide à Lévinas, en offrant
un aperçu des concepts développés par chacun de ces grands penseurs. C'est donc par la Grèce ancienne que Dominique Folscheid va débuter son historique, avec Socrate (le fameux "connais-toi
toi-même") mis en scène par Platon, puis Aristote et Plotin, mais aussi les épicuriens et les stoïciens. L'avénement du christianisme va ensuite marquer durablement la pensée
philosophique, Saint-Augustin et Saint-Thomas d'Aquin en étant les exemples les plus évidents, voire Descartes et son doute hyperbolique, Pascal, Leibniz et Spinoza. Au siècle des Lumières on
rencontrera le scepticisme de Hume, la critique du sens de l'existence et de l'acte moral chez Kant et la loi de l'immédiateté chez Rousseau. C'est à l'encontre du
cloisonnement de l'esprit des Lumières que s'opposera ensuite l'idéalisme allemand (Hegel, Kierkegaard). Suivront de nouveaux absolus avec Feuerbach, Comte, le marxisme, le nihilisme
de Stirner et de Schopenhauer, que dépassera Nietzsche avec sa mise en perspective de l'homme créateur de sa propre vie sans Dieu. Au XXe siècle la philosophie connait
une crise profonde : Maine de Biran, bergson, Blondel et Canguilhem se sont penché sur la vie, sur sa durée, sur l'homme sujet ; Moore et Wittgenstein y ont abordé la question du langage ;
Foucault s'est préoccuppé des relations entre savoir et pouvoir. Enfin on retiendra la phénoménologie de Husserl, le Dasein d'Heidegger, le mouvement existentialiste
(Sartre, Jaspers, Marcel), la métaphysique de Bruaire et enfin la réflexion éthique de Jonas et Levinas.
Avant de m'atteler à l'écoute de La
contre-histoire de la philosophie de Michel Onfray, j'avais envie de me remettre en tête le panorama historique des philosophies occidentales. Voilà ce que propose cet essai résumant dans
cette fresque chronologique la pensée des philosophes les plus célèbres. Une petite synthèse bienvenue pour les resituer à l'échelle de l'histoire avant de s'attaquer à leur pensée dans le
texte.
FOLSCHEID, Dominique. - Les grandes philosophies. - PUF, 2004. - 126 p.. - (Qau sais-je ? ; 47). - ISBN 978-2-13-054754-9 : 9 euros.
Mercredi 30 septembre 2009
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L'image : ce que l'on voit, ce que l'on crée
"A l'origine,
tout notre corps, nos postures et nos expressions restent tributaires de l'image qu'on se fait du regard d'autrui sur nous. L'image de notre corps dans le miroir nous renvoie d'ailleurs au regard
d'autrui qui nous sépare de nous, impuissants de voir notre propre corps, séparés par un néant de ce que nous sommes. La menace que constitue le regard infernal et chosifiant de l'autre est en
même temps ce qui nous pousse à reconnaître notre identité et à nous dépasser en regardant le regard de l'autre. C'est là où, pour Sartre, en tant que reflet-reflétant, nous éprouvons notre
liberté comme présence à soi." (p. 50)
Qu'est-ce qu'une image et qu'est-ce qui lui donne un sens ? Quels sont ses pouvoirs et ses enjeux ? Professeur de philosophie de l'art à l'université de Tunis et critique d'art, Rachida Triki va interroger, à travers un débat fictif entre Jean-Paul Sartre et le philosophe arabe Abdelkébir
Khatibi, le concept d'image en explorant les multiples domaines dans lesquels elle s'inscrit : image de soi et de l'autre créée par l'écriture, image dans l'art, la religion, la peinture, la
caricature, image télévisée fantasmée, image photographique de l'instant, image manipulée, image au théâtre ou au cinéma,...
"C'est pourquoi, selon Sartre, ce que permet la littérature serait plutôt de se dessaisir des représentations qu'on se fait facilement des autres et de soi-même.
Par l'écriture et le poids des mots, on peut plutôt suggérer les mutations d'une existence aux prises avec les situations, dans l'infini des projets et des possibles : sorte de portrait aux
multiples entrées dans l'inachèvement de sa réalité humaine." (p. 44)
"Abdelkébir Khatibi s'accorde avec Sartre pour dire qu'il n'y a pas d'image définitive de soi ou d'autrui. Il insiste cependant sur le fait que
l'écriture dont il est question est créatrice d'images vivantes. Elle appartient à cette langue "traversée par une subversion intraitable qui va de Sade à Genet." Elle permet, dès lors, de saisir
l'image de l'autre en mutation." (p. 44)
Un essai intéressant et accessible, sans avoir nécessairement lu les deux penseurs dont elle s'inspire.
TRIKI, Rachida. - L'image : ce que l'on voit, ce que l'on crée. - Larousse, 2008. -221 p.. - (Philosopher...). - ISBN 978-2-03-583681-6 : 17 €.
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Dimanche 29 mars 2009
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1
"L'homme est condamné à être libre." (p. 39)
Chacun connait cette citation de Jean-Paul Sartre. Mais, privée de son contexte, elle était à l'époque mal perçue, d'où cette
conférence donnée à Paris le lundi 29 octobre 1945, pour tordre le cou aux préjugés ou divagations qui courraient à son sujet. En voici l'explicitation des termes aux lignes suivantes
:
"Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant
libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait."
Par responsabilité, Jean-Paul Sartre entend plusieurs choses, d'abord celle envers l'humanité et le monde : "mais si tout le monde faisait comme ça ?" (p.
34) Si l'on entreprend une chose et ne répond à cette question que par la mauvaise foi, c'est que l'action
entreprise n'engage pas que soi, mais aussi l'environnement ou les autres. L'homme existe d'ailleurs par le biais d'autrui , c'est
là le concept d'intersubjectivité cher à Jean-Paul Sartre :
"L'homme
qui s'atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres, et il les découvre comme la condition de son existence." (p. 58)
Etre responsable, c'est aussi assumer ses choix et ne pas se dissimiler derrière la fatalité, le destin, ses origines sociales et familiales, pour
excuser le sentiment de ne pas avoir fait de sa vie ce qu'on aurait aimé qu'elle soit :
"L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que
sa vie." (p. 51)
C'est enfin toujours choisir, et même lorsqu'on demande conseil, on choisit la personne selon le conseil qu'on sait qu'elle va nous
donner, et on n'écoute que celui que l'on s'apprêtait à faire :
"Le choix est
possible (...), mais ce qui n'est pas possible, c'est de ne pas choisir. Je peux toujours choisir, mais je dois savoir que si je ne choisis pas, je choisis encore." (p.
63)
A méditer...
SARTRE, Jean-Paul. - L'existentialisme est un humanisme.
- Gallimard, 1996. - 108 p.. - (Folio essais). - ISBN 2-07-032913-5.
Mardi 22 juillet 2008
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Tome 1 : La volonté de savoir
"XVIIe siècle : ce serait le début d'un âge de répression, propre aux sociétés qu'on appelle
bourgeoises, et dont nous ne serions peut-être pas encore tout à fait affranchis." (p. 25)
Michel Foucault va tordre le cou à cette idée préconçue en démontrant combien au contraire fut forte l'incitation à parler, à discourir
sur le sexe, et donc la volonté de savoir ce qui se passait dans les esprits et dans les chambres conjugales. En revanche, c'est à dater de cette période que l'on va condamner la masturbation des
garçons de bonne famille qui y perdent la semence nécessaire à une bonne filiation, et empêcher la sexualité infantile en
éloignant par exemple en deux écoles distinctes les garçons et les filles.
Un essai très remarqué à sa publication, à la portée tant philosophique qu'historique et sociologique, qui sera suivi de deux autres tomes, au lieu des six initialement prévus. Sa lecture fut
certes intéressante, mais un résumé m'aurait suffi dans la mesure où je n'ai eu l'envie de surligner aucun passage, aucune pensée.
FOUCAULT, Michel. - Histoire de la sexualité I : la volonté de
savoir. - Gallimard, 2001. - 211 p.. - (Tel ; 248). - ISBN 2-07-074070-6.
Jeudi 17 juillet 2008
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