Ethnologie, société, religions,...

Né un 9 avril 1928 de parents immigrés juifs polonais, au 17 rue Dieu dans le Xe arrondissement, cet immeuble de style art déco abritant aujourd’hui les ateliers de création d’Agnès B., l’auteur, âgé de 79 ans aujourd’hui, se souvient. Il se rappelle les questions sur les différences sociales qu’il se posait dès l’enfance, et sur leur ressemblance physique quelle que soit leur origine. Il se remémore ses douze ans en 1940, au moment où René Bousquet ordonnait les rafles de Juifs, et Laval suggérait de ne pas séparer les enfants des familles déportées. Il se souvient avoir feint la maladie pour échapper au service militaire en 1950, car une à cinq années d’emprisonnement attendaient alors les insoumis déclarés, anarchistes ou Témoins de Jéhovah.
Pour lui, la discrimination se poursuit, entre le « Youpin » de 1942 et le « Bougnoule » de 1961.

Au fil de ses récits se dessine le visage d’une France qui, à travers l’histoire contemporaine, s’est montré plus xénophobe et raciste qu’accueillant. Une réalité qui n’est jamais bien agréable à entendre, une vision sans concession sur le passé et le présent dans l’espoir d’un avenir meilleur.

RAJSFUS, Maurice. – 17, rue Dieu et autres cris de colère. - Le Temps des cerises, 2009. - 229 p.. - ISBN 978-2-841-09750-0 : 20 €.

Xénophobie


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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 05:00
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Quel crime avaient donc commis les Danaïdes pour être condamnées aux Enfers à verser sans fin de l’eau dans un réceptacle percé ? De quoi était faite la maison de Baba Yaga, la plus redoutée des sorcières ? Quels sont les divers avatars de Vishnou ?

Vous trouverez les réponses à ces questions, et bien d’autres encore, sur les divinités grecques comme sur les dieux nordiques, sur les lutins comme sur les roussalki, dans ce bel ouvrage aux encarts dorés, où les mythes et légendes du monde entier sont abordés continent après continent, et richement illustrés.


WILKINSON, Philip. – Petit Larousse illustré des légendes et des mythes. – Larousse, 2009. -  352 p. ; 24 x 20 cm. – (Hors collection Sciences humaines). – ISBN  9782035847928 : 24,90 €.


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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 13:00
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Piotr Alexeïvitch Kropotkine (1842-1921) est chronologiquement le troisième fondateur de l’anarchisme au XIXe siècle, après Proudhon et Bakounine. Ses tentatives d’organiser des luttes ouvrières et paysannes lui font connaître les conditions de détention d’alors, aussi bien en Russie qu’en France. Cette vision « de l’intérieur » conforte alors les observations qu’il a pu mener et les témoignages qu’il a pu collecter, en tant que rapporteur à la commission locale pour la réforme des prisons en Russie. C’est pourquoi, bien avant la conception de quelques ouvrages faisant la synthèse des théories de ses deux prédécesseurs, il avait publié dans la revue Nineteenth Century à Londres, entre 1882 et 1884, huit articles qui, bien avant l’essai Surveiller et punir de Michel Foucault, exposent la situation de l’emprisonnement et posent la question de l’utilité sociale et morale de l’emprisonnement.

Qu’observe-t-il ? Dans les faits : la saleté des cellules, la surpopulation carcérale, le mépris des règles élémentaires d’hygiène, la quasi-rupture des détenus avec leurs liens familiaux et sociaux, l’inaction des détenus ou leur exploitation pour un travail peu valorisant payé une misère ; dans les effets : près de la moitié des gens sont d’anciens détenus qui ont récidivé, la prison ayant été surtout pour eux un lieu d’éducation au crime. A la question de savoir si la prison corrige la moralité des détenus et les décourage de tomber à nouveau sous le coup de la loi, il lui faut bien répondre que non. De fait, elle ne fait que couper le détenu des tentations qui l’entourent, des incitations produites par le monde extérieur. Entre ses murs, celui-ci n’a plus de choix, plus de libre-arbitre. Libéré, il n’a pas davantage de force morale pour y résister que lorsqu’il y est entré. Il en a même moins, puisqu’il a côtoyé pire que lui, et peut espérer être plus malin pour ne plus se faire prendre, puiqu’il a désormais un casier judiciaire qui rend moins facile son embauche, etc. Au final,

« les prisons n’améliorent pas la conscience morale des détenus. Elles ne les détournent pas du crime. » (p. 251)

Ce constat reste hélas toujours d’actualité. Les prisons, en effet, sont davantage conçus pour protéger la société des actes jugés immoraux de certaines personnes, en les en excluant, purement et simplement. Un ouvrage qui, au-delà de son intérêt historique, relance le débat sur les moyens d'enrayer le crime. 

KROPOTKINE, Pierre. – Dans les prisons russes et françaises : Londres, 1887 / trad. de l’anglais . - Le Temps des cerises, 2009. - 287 p.. - ISBN 978-2-841-09752-4 : 15 €.

Prison – législation – condition de vie - crime.

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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 17:46
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Malgré l'adoption en 1948 d'une nouvelle Déclaration universelle des droits de l'homme (pourquoi pas de l'être humain ?), et malgré les nombreux pays où les femmes sont censées être libres et égales en droit, la mentalité masculine continue à maintenir la femme dans une position politique, sociale et privée inférieure. Au mieux, en Europe occidentale, parlera-t-on de machos.

Dans son second ouvrage, Femmes Algériennes, co-écrit avec son mari, Jacques, Baya Jurquet-Bouhoune rappelle combien l'histoire ancienne de l'Algérie est riche d'exemples d'héroïnes, de femmes courageuses et engagées, leur rend hommage et attaque violemment le Code de la famille, texte juridique adopté le 9 juin 1984, qui humilie les femmes, ayant conduit à une véritable  régression de leur condition sociale et de leurs droits : "sous couvert de tradition, et même de religion, on infantilise la moitié de tout un peuple." (p. 12).

Femmes algériennes : de la Kahina au Code de la Famille / Baya Jurquet-Bouhoune, Jacques Jurquet. - Le temps des cerises, 2007. - 291 p.. - ISBN 978-2-84109711-1 : 15 €.

condition féminine - Algérie

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 13:53
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Jacques Mondoloni a rassemblé ici les diverses histoires personnelles, anecdotes et photographies des anciens pensionnaires de l'école de Célestin Freinet, à Vence.
Au fur et à mesure s'en dégagent l'ambiance de cette communauté très particulière, se répartissant les tâches, apprenant sur un rythme différent, ainsi que le portrait idéologique et politique de ce grand pédagogue.

Un témoignage empreint de nostalgie.

MONDOLONI, Jacques. - Les enfants de Freinet / avant-propos de Roger Billé. - Le Temps des Cerises, 2009. - 202 p.. - (La mauvaise graine). - ISBN 978-2-84109760-9 : 12 euros.

Freinet, Célestin : 1896-1966

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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 09:46
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Dans ce guide, l'auteur, adepte de la PNL, propose toute une série de techniques qui, étape par étape, devraient nous permettre de réussir une entrée en matière avec notre interlocuteur en lui faisant immédiatement bonne impression. Quelques exemples :
- regarder dans les yeux notre interlocuteur et lui sourire (astuce : observer de quelle couleur sont ses yeux !),
- s'adapter, devenir un caméléon,
- captiver l'imagination,
- parler sous forme positive, affirmative,
- dire "c'est un plaisir" plutôt que "aucun problème", et "appelez-moi" plutôt que "n'hésite pas à m'appeler",
- cerner sa propre personnalité et celle de son interlocuteur : le contrôleur (compétitif), le rêveur (visionnaire qui attrape les options et les idées), l'analyste (pointilleux, perfectionniste), le persuasif (optimiste, communicatif),
- s'habiller en fonction de l'image que l'on désire projeter.

Bref, rien de bien extraordinaire, tout cela semble bien évident, mais le met-on vraiment en pratique ? Intéressant pour ne pas stresser lors d'un premier entretien d'embauche.

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Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /2009 09:04
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"Le symbole est l'expression visuelle d'une idée, d'un concept, d'une vérité universelle."
"La raison d'être d'un signe réside quant à elle dans sa transparence : il peut s'agir de l'une des composantes d'un langage écrit ou visuel, d'un panneau avertissant d'un danger sur une route, ou encore de l'évocation, reconnaissable au premier regard, d'un produit du commerce. Le signe délivre un message simple, dont la pertinence est immédiate et momentanée."
(p. 6)

Ainsi nous vivons entourés de symboles et de signes, auxquels on ne prête pas toujours attention, et dont souvent surtout on ne connait pas la signification profonde. C'est à un véritable travail de titan que se sont attelés ce chercheur en anthropologie sociale  et cet auteur de nombreux livres documentaires. Tant et si bien que le résultat forme un ensemble hétérogène impressionnant, organisé tant bien que mal de manière thématique, au sein duquel on peut papillonner à l'envie ou préférer une recherche ciblée par le biais d'un index.

Dans ce documentaire abondamment illustré, ces deux auteurs parcourent ainsi l'univers métaphysique et philosophique des symboles, et dressent un inventaire des signes, et ce à travers les siècles et le monde ; ce faisant, les auteurs parviennent à garder un discours impartial vis-à-vis des religions, malgré l'importance de ces dernières dans l'émergence des symboles : ainsi le symbole de la déesse mère,  apparu simultanément dans différents endroits de la planète, image de la fertilité et de l'abondance, de la Terre nourricière, va être "supplantée par des dieux créateurs, ou un Dieu unique et transcendant, qui ne s'identifie pas à la nature, mais la contrôle." De l'idée d'une Mère-Nature qui nourrit les hommes, lesquels sont enclins à en prendre soin, on est passé à l'idée de l'homme, à l'image d'un Dieu créateur, qui maîtrise si bien la nature qu'il épuise lentement les ressources de sa planète, quand il ne la détruit pas. 


BRUCE-MITFORD, Miranda, WIKINSON, Philip. - Symboles et signes : origines et interprétations. - Larousse, 2009. - 351 p. : ill. en coul.. - ISBN 978-2-03-584297-8 : 29,90 €.


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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /2009 20:58
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