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Carnets de voyage

Basilique-Ste-Sophie9Que reste-t-il aujourd'hui de cette Byzance rêvée ?

 

Que peut-on encore voir de la Constantinople passée à l'ambition démesurée ?

 

Et à quoi ressemble Istanbul aujourd'hui ?

 

Les réponses à ces questions, les sites étoilés, une suggestion de programme, un avant-goût culinaire, etc., tout se trouve dans le carnet de voyage ci-joint.

 

Et quelques photos ici.


Publié dans : Carnets de voyage
Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 19:13
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  gondole0 Venise ne se visite pas, elle se contemple, elle se vit. A pied ou sur l'eau, tapie dans un silence trompeur, elle se laisse admirer, résistant aux assauts d'acqua alta et de touristes.

Bien entendu, on peut visiter ses innombrables musées,  souvent d'ailleurs installés dans de splendides palais, ses églises et basiliques, mais mieux vaut se perdre dans ses dédales le nez en l'air et s'éloigner dans ses quartiers moins touristiques que d'aller s'enfermer pour y contempler ses magnifiques tableaux et témoignages de son passé.

Venise, c'est absolument :

- préférer l'avion et rejoindre la piazzeta par bateau, sans passer (superstition vénitienne) entre les deux colonnes du XIIe s., provenant de Constantinople et surmontées, l'une du lion ailé de Saint-Marc, l'autre de Saint-Théodore, premier patron de Venise.

vuecampanile - monter en haut du
Campanile qui offre une vision « panoramique » de la ville du haut de cette haute tour de 98 mètres qui faisait office à la fois de phare et de clocher, et qui, s'étant effondrée, a été reconstruite (accès à 6 euros en 2004) .

- la Place Saint Marc **, le « coeur » de la cité que Napoléon appelait « le plus beau salon du monde » et qui fut tour à tour le siège des fêtes religieuses, des jeux et des évènements politiques de la république de Venise. Vue extérieure de la Basilique Saint Marc, du Palais des Doges, de la Torre dell'orolegio, du Campanile. Les pigeons ont déserté la place Saint-Marc, eux qui faisaient la joie des touristes, des venderus de graines et des microbes. Terminée la fiente de pigeon sur les monuments.

DSC03909- le Palais des Doges ** :
Grandiose, il fut le lieu de résidence du Doge mais aussi le siège du gouvernement, de la justice et de la police. Ce palais du plus pur style gothique, non meublé, mais aux vastes salles d'apparat richement décorées aux plafonds et aux murs,  avec de belles cheminées issues du maniérisme et des vitraux sphériques. Dans ce palais où tout le monde devait être invité, mais où l'on permettait aux gens fâchés de ne point se  croiser, on mulipliait les endroits d'où l'on pouvait apercevoir les allées et venues des autres. On accède ensuite aux prisons où Marco Polo et Casanova furent enfermés.  Fin de la visite avec le célèbre Pont des soupirs appelé ainsi non par romantisme mais à cause des gémissements des condamnés à mort qui empruntaient ce fameux pont aprés avoir appris la sentence.
DSC03858
- les maisons vénitiennes dont on peut remarquer les cheminées apparentes, les rivets destinés à fixer les poutres à l'intérieur, les premiers étages d'apparat, les alignements verticaux des fenêtres et les terrasses perchées sur leur toit.

- le Pont de l'Academia (tout récent, datant de 1930) offre l'une des pus belles vues sur le Grand Canal et où les plus grands aquarellistes vénitiens comme Canaletto et Guardi ont peint leurs plus belles oeuvres.

- les quais du  Zattere, le long du canal de la Giudecca,  où les vénitiens VIVENT, viennent faire leur jogging, bronzer, pique-niquer, boire un Spritz ou manger des glaces.  C'est devenu davantage le quartier,  avec le Dorsuduro qui le jouxte, des Beaux-Arts (peinture vénitienne du XIVe au XVIIIe s. à la Galerie dell'Accademia -cubisme, dadaïsme, surréalisme,... à la fondation Guggenheim - nouvelle collection privée d'art contemporain, de François Pinault au palais Grassi qui fait polémique)  et des antiquaires, plus que celui des entrepôts à sel et de régates. cadeoro

- la vue extérieure de la Chiesa di Santa Maria della Salute (façade du 16e siècle),

- la façade de la Ca d'oro,
le plus beau palais de style gothique vénitien (1440), qui doit son nom (maison d'or) aux feuilles d'or qui couvraient jadis sa façade, avec sa dentelle de pierre et ses loggias superposées, afin d'éblouir les passants du grand Canal, dans lequel elle se reflétait. Un spectacle particulièrement réussi au coucher du soleil.


- Le Grand Canal illuminé, à bord du vaporetto ligne 1, en passant sous le Rialto : attention : Venise n'est en aucun cas DSC04050une ville nocturne. Elle se vide de ses âmes la nuit, comme fantomatique.

- un petit tour en gondole si les clichés ne vous effraient pas. Il vous en coûtera 80 euros pour un circuit proche du quartier Saint-Marc.



- Burano, principalement connue pour ses dentelles, cette petite île de pêcheurs offre avec ses façades colorées un spectacle populaire et plein de vie.

Marché aux poissons le matin, promenade dans les rues et visite de l'Eglise San Martino proche de l'une des meilleures Pasticceria (pâtisserie) de Burano ainsi que du Musée dei Merletto (de la dentelle).

DSC03831Venise, c'est justement aussi un artisanat d'art

- vous irez visiter dans le Dorsoduro 3172, l'atelier de masques vénitiens Ca'macana, qui a conçu ceux du film de Kubrick, Eyes Wide Shut.

Venise, c'est aussi pour ceux qui veulent connaître son histoire :

- le Musée Correr *, dédié à l'histoire de Venise, au sein de l'aile Napoléon de la place Saint-Marc, achevée dans la moitié du 19e siècle, sous la domination autrichienne. Il nous transporte, au travers de ses tableaux notamment, dans l'histoire politique de Venise, celle de la navigation vénitienne et au sein de la vie quotidienne vénitienne. Partout bien sûr on retrouve le lion ailé, symbole de Venise. On remarquera sur les plans de l'époque que le Rialto était bien le seul pont enjambant le Grand Canal, et que Venise était composée de petites îles rattachées entre elles.

- le quartier juif, délimité jadis par deux grilles, dont il ne reste plus que des gonds. A l'époque, c'était autant pour rassembler une communauté reconnue pour ses compétences endans le commerce et la banque, pouvant opérer des prêts, que pour se protéger. Sur la grande place, des policiers veillent. L'entrée des mosquées est payante. Les immeubles sont les seuls de Venise à comprendre autant d'étages.

- dans les environs la maison de Tintoret, dans le Canareggio.

- à proximité, remarquez les trois statues de Maures, mamelouks turcs.

- en allant à Murano ou à Burano vous apercevrez l'île Saint-Michel, île des morts depuis 1870, sur décision de Napoléon en 1807.



Venise, c'est aussi pour les amoureux de l'art :


- dans la continuité du musée Correr, et avec le même billet, on trouvera la Biblioteca nazionale Marciana, qui fut la plus importante bibliothèque de Venise et l'une des plus grandes d'Italie. Elle contient l'une des plus riches collections de manuscrits du monde. On ne voit pas un seul livre hélas au cours de son exploration : il ne reste plus qu'à admirer cette superbe pièce de style Renaissance, conçue par Sansevino, ses fresques et décorations.


basilique -
L'intérieur de la Basilique Saint Marc *  : Edifiée au XI° siècle pour abriter le corps de Saint Marc que deux riches marchands vénitiens réussirent à subtiliser a Alexandrie. De style Byzantin, elle prend la forme d'une croix grecque et l'intérieur est entièrement revêtu de mosaïques inspirées elles aussi de byzance. En tout 4000m2 d'or et de verre mélangés, à la vénitienne au marbre avant de découvrir le « trésor » de la Basilique. La visite du rez-de-chaussée est gratuite, l'entrée à l'étage pour contempler la place est en revanche payante.

 Traversez le canal en traghetto (gondole collective où l'on se tient debout)  devant le palazzo Gritti pour rejoindre le quartier de Dorsoduro (0,50 euro la traversée).


 - L'église baroque Santa Maria della Salute, dont l'extérieur attire plus l'oeil que son intérieur.


-  la Casa Goldoni, maison natale de Goldoni, grand auteur de la commedia dell'arte et de comédies, souvent comparé à Molière. Depuis 1953 elle est devenue le siège de l'Institut d'études théâtrales. On y visite son rez-de-chaussée orné d'un puits et d'un escalier en pierre d'Istrie, deux salles à l'étage autour d'une pièce projetant une vidéo : l'une exposant un très joli théâtre de marionnettes d'époque, l'autre des objets et tableaux évoquant les scènes ayant inspiré les comédies de la commedia dell'arte. 


vue- la Ca'rezzonico *, l'un des plus beaux palais vénitiens qui nous plonge dans la Venise artistique et culturelle du XVIII° siècle. On y remarquera la salle de bal au sol fragile. Elle n'est presque plus meublée d'époque, et les tableaux y ont été ajoutés. Visite de 20 minutes à 3h30 selon l'intérêt pour les tableaux.


- la Ca d'Oro, le plus beau palais vénitien et son jardin, alors en cours de rénovation. Actuellement, une fois encore, sa façade que l'on peut admirer du grand Canal contentera la plupart, l'intérieur ayant été réhabilité pour abriter la Galleria Franchetti, collection de peinture et d'objets d'art du XVe au XVIIe s.


A manger et à boire !

 

marché du RialtoA l'apéro : vous verrez tous les Vénitiens boire vers 18h un Spritz (2,50 euros) ou un Bellini, Prosecco (vin blanc pétillant) au jus de pêche.

 

Déjeûner ou dîner : adresse à retrouver sur la rue qui part de la gare et avant le premier pont à enjamber (l'un des rares menus touristiques à 13,50 euros qui propose une véritable cuisine vénitienne, avec un rapport qualité - prix correct). Exemple : premier plat = risotto aux crevettes, second plat = morue, sardines ou foies de veau avec polenta et crudités.

 

Dîner : Souvenir impérissable de deux dîners fameux, d'inspiration à la fois vénitienne et française (dont un risotto à la seiche et à la feuille d'or, un soufflé au chocolat accompagné d'un Maury) en  juillet 2004  du restaurant la Rivista, Dorsoduro 979/a, qui ne se dit pas gastronomique mais qui propose des mets et vins à la hauteur d'une adresse de luxe. Bien sûr les prix sont à la hauteur de ce plaisir gustatif. 


Le soir : prendre un verre au café Florian (1720), place Saint-Marc, sur les traces des écrivains, des peintres et des plus grandes célébrités, si vous vous accordez ce luxe. Attention quand l'orchestre se met à jouer, c'est plus romantique, mais cela rallonge aussi considérablement il conto !

 

 

Où faire de beaux rêves

si votre bourse le permet, ne perdez pas votre temps à des allers-retours : logez dans Venise-même.

Pour un voyage de noces, vous pouvez choisir le Palazzo Priuli, véritable palais près de la place Saint-Marc. Veillez cependant à ne pas prendre une chambre avec terrasse car on vous dirigera hors du palais.

 

 

Vos achats


- Les Marchés du Rialto et son célèbre Pont (construit de 1588 à 1592) : Centre financier et plaque tournante du commerce à Venise, le quartier du Rialto fut durant des siècles un gigantesque souk à ciel ouvert où l'on trouvait épices, soieries, pierres précieuses, café. Il demeure l'endroit le plus animé de Venise. La Pescheria, magnifique halle, constitue l'un des plus beaux marchés aux poissons d'Italie et autour les étals regorgent de fruits et légumes de la région.


- Le verre de Murano : Mesdames, ne partez pas sans un pendentif en verre de Murano (estampillé au verso). Suivant sa fabrication par la communauté chinoise qui envahit le marché ou sa fabrication à la main, vous paierez de 2 euros à plus d'une centaine d'euros. Une boutique à l'accueil très aimable, avec des produits d'un bon rapport qualité-prix : Altre il Vetro, calle del Capellier, S. Polo 1593.

                                     


Séjours en juillet 2004 et mars 2010


Documentaires et guides sur Venise lus :


SIMONIS, Daniel. Venise : le guide. LONELY PLANET, 05/2008. 292 p.. ISBN 978-2-84070-751-6.

Sollers, Philippe. Dictionnaire amoureux de Venise. PLON, 483 p.. ISBN 2-259-19719-1. Résumé : D'Accademia à Zattere, Philippe Sollers évoque Venise à travers sa passion et son expérience personnelle de la ville qu'il parcourt chaque année depuis sa jeunesse. Il insiste sur le côté sensuel et envoûtant de cette ville en perpétuelle mutation qui a su marier ses attraits culturels et naturels.

BEC, Christian. Histoire de Venise. PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE, 2002. 125 p. ; cartes, couv. ill. ; 18 cm. Que sais-je ?. Bibliogr. p. 125. ISBN 2-13-052836-8, ISSN 0768-0066. Résumé : Parmi toutes les cités du monde, Venise peut se vanter avec raison d'avoir la plus extraordinaire des biographies. Aujourd'hui, ce chef-d'oeuvre architectural est confronté aux menaces de la submersion, de la pollution et d'une forte chute démographique. Où se situe l'avenir de cette ville exceptionnelle ?


Fictions inspirées de Venise lus :

Ecrivains anglosaxons:
SHAKESPEARE, William. Le marchand de Venise. Comme il vous plaira. Beaucoup de bruit pour rien. Dans : Le marchand de Venise, 308 p. Montrouge cedex : GARNIER-FLAMMARION, 1964.
Ernest HEMINGWAY

Ecrivain allemand :
MANN, Thomas. La mort à Venise suivi de Tristan. FAYARD, 1971. 189 p. LIVRE DE POCHE. ISBN 2-253-00645-9 Résumé : Un vieil homme tombe amoureux d'un jeune garçon ... Récit d'une passion folle et fatale qui saisit un écrivain d'âge mûr à l'apparition d'un gracieux adolescent d'une extraordinaire beauté. Dans "Tristan", le dilemme qui s'offre à l'héroïne est de tenter de vivre en étouffant ses dons d'artiste ou "mourir de musique".

 

Ecrivain espagnol :

Mendoza, Eduardo. L'île enchantée **. SEUIL, 1993. 300 p.. Points (Paris). ISBN 978-2-02-037543-6, ISSN 0768-0481 


Ecrivains français :
BEAUSSANT, Philippe. Le rendez-vous de Venise *. Grasset, 2003. 196 p.. ISBN 2-213-60993-4. Descripteurs : Venise : Italie / Florence : Italie / amour / peinture / Rome : Italie.

BESSON, Philippe. Un garçon d'Italie.
POCKET, 2009. 221 p.. ISBN 978-2-266-13606-8. 

CASANOVA, Jacques (de Seingalt). Histoire de ma vie.
PARIS : GALLIMARD, 2008. 375 p. FOLIO CLASSIQUE. ISBN 978-2-07-037760-2    

Sollers, Philippe. La Fête à Venise.
PARIS : GALLIMARD, 11/2008. 281 p.Folio. ISBN 978-2-07-038603-1.

Sollers, Philippe. Le Coeur Absolu.
PARIS : GALLIMARD, 11/2002. 445 p.Folio. ISBN 2-07-038101-3.

Sollers, Philippe. Casanova l'admirable. PARIS CEDEX 07 : GALLIMARD, 2007. 338 p.Folio. ISBN 978-2-07-040891-7, ISSN 0768-0732.

GOLDONI, Carlo / GOZZI. Goldoni.

Mendoza, Eduardo. L'île enchantée. SEUIL, 1993. 300 p.Points (Paris). ISBN 978-2-02-037543-6, ISSN 0768-0481 Résumé : Fabregas décide de vivre son rêve. Sur un coup de tête, il fait sa valise, claque la porte de sa maison catalane et abandonne les siens. Peu à peu, ce qui aurait pu n'être qu'une escapade se transforme en errance dans une Venise décadente. Captivé par une jeune fille fuyante, Fabregas collectionne rencontres fortuites, événements insolites et situations cocasses...

MOURET, Jean-Noël. Le goût de Venise **.
MERCURE DE FRANCE, 05/2009. . ISBN 978-2-7152-2303-5. 

Bande dessinée :
PRATT, Hugo. Fable de Venise.
Dans : Corto Maltese : Fable de Venise, 75 p. : ill. ; 22 *50 cm. STOCK, 1981.




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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 12:28
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Le goût de Venise
"Venise est une ville si extraordinaire qu'il n'est pas possible de s'en former une juste idée sans l'avoir vue. Les cartes, les plans, les modèles, les descriptions ne suffisent pas, il faut la voir. Toutes les villes du monde se ressemblent plus ou moins : celle-ci ne ressemble à aucune ; chaque fois que je l'ai revue, après de longues absences, c'était une nouvelle surprise pour moi ; à mesure que mon âge avançait, que mes connaissances augmentaient, et que j'avais des comparaisons à faire, j'y découvrais des singularités nouvelles et de nouvelles beautés." (Goldoni) 

Voir, goûter et vivre Venise, c'est une petite initiation à la Sérénissime que nous propose ici Jean-Noël Mouret, au travers de textes littéraires célèbres ou frappants.

Tout à tour ce sont Carlo Goldoni, Ernest Hemingway, Paul Morand, Philippe Sollers, Hugo Pratt, Hippolyte Taine, Eduardo Mendoza, qui nous décrivent tel ou tel lieu de Venise, sa basilique, ses îles et sa lagune.
Son commerce, son artisanat, sa gastronomie, ne sont pas en reste puisque ses cafés, dont le Florian, ses tavernes, son marché aux poissons, son verre de Murano et sa dentelle de Burano y sont évoqués par Patrick Mauriès, Paul Morand, Henri de Régnier, Gabrielle Wittkop, James Hadley Chase et Mary McCarhy.
Enfin, Venise telle qu'elle est vécue ou fantasmée, avec ses gondoles, son carnaval, son libertinage, apparaît dans les textes de Thomas Mann, Marcel Proust,
les auteurs de commedia dell'arte Carlo Gozzi et Carlo Goldoni, Lorenzo de Ponte, Patricia Highsmith, Mary Mc Carthy, James Hadley Chase, Eduardo Mendoza, Silvio Pellico, Lord Byron ou Philippe Sollers, qui y possède d'ailleurs un appartement dans le Zattere.

Tantôt perçue comme décadente, tantôt fantasmée comme la ville de l'amour, Venise a fait couler beaucoup d'encre. Cette anthologie de textes à la fois classiques et contemporains constitue une excellente mise en bouche pour déguster l'histoire de Venise et sa petite histoire. 

Le goût de Venise / textes réunis et présentés par Jean-Noël Mouret. - Mercure de France, 2009. - 137 p.. - (Le petit Mercure. "Le goût de...").

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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 16:06
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BrandburgerTor
Regards sur Berlin :

Une ville dévastée par les bombardements, déchirée par un mur dont elle porte les stigmates, montrant encore ses deux profils, d'est en ouest...
De vastes espaces laissés encore vides, à la dimension de cette capitale immense, contrastent avec la verticalité de ses immeubles.

Berlin, une capitale qui n'a pas fini de se construire ni de s'affirmer.


 
LE  PROGRAMME !

 

 

Mercredi après-midi - 16h

 


GesdächtnisKirche Nous avons entamé notre découverte de Berlin par l'arrivée à la grande gare, moderne et monumentale, et ses méandres, puisqu'il y a peu d'indications pour les S et les U (différents types de métro existent, lequel, inodore, est plus large et propre que le métro parisien - 1,70 € le trajet intra-muros valable 2 h).


Les valises déposées à l'hôtel (voir en fin de page), direction la tour éventrée de l'église du souvenir, Gedächtniskirche *, surnommée "la dent creuse" sur le Kurfürstendamm, entourée par une tour et une église modernes, qui se situent à proximité de l'hôtel.

 

Dommage qu'elle soit cachée par les deux constructions plus modernes qui l'entourent. Elle est finalement très récente puisqu'elle date de 1895. Une dizaine de minutes suffit pour en visiter l'intérieur, dont des fresques ont été conservées. Quelques panneaux retracent son historique et la resitue dans le Berlin de l'Epoque (schön) non bombardé.

 


eglisemoderneL'église moderne, qui la jouxte, est finalement beaucoup plus belle à l'intérieur, illuminée par ses vitraux bleus de Chartres, et arborant un Jésus-Christ représentant la réconciliation de Dieu avec le peuple chrétien.

 

 

Dès le premier jour, pour prendre la mesure de la ville et avoir une première approche de ses centres d'intérêt, nous avons fait un petit tour en bus, avec la ligne 200, du zoo jusqu'à l'Alexanderplatz. S'il avait fait beau, nous aurions loué des vélos et traversé le Tiergarten.

 

l'Alexanderplatz *, place emblématique de Berlin, est bien froide, ouverte à tous vents, avec sa Fernsehturm (1965) avec restaurant panoramique, la "Fontaine des peuples" et l'horloge universelle (1960), cadeaux de Moscou.


Une couche de neige assez impressionnante donne lieu à une forêt de bonhommes de neige et à une fontaine complètement gelée sur laquelle on a pu marcher.

 

Du reste, en février, il faisait épouvantablement froid. Il faut bien prévoir 2 bonnets et 4 à 5 paires de chaussettes, ou des après-skis, pour pouvoir se promener à Berlin !

 

Première impression : une ville à la croisée des chemins architecturaux en Europe (art soviétique, Renaissance, etc.). La plupart des édifices, même historiques, ont été reconstruits.

 

Potsdam Platz *: à première vue, rien d'impressionnant, mais à la nuit tombée, la beauté et la diversité de l'architecture nous font changer d'avis.

 

Berlinale *: un Cannes sans foule ni paillettes, au tapis rouge foulé par des stars qu'on ne connait qu'en ce pays.


Le musée du Mur au Checkpoint Charlie : un prix attrape-touriste dissuasif, à 12,50 euros l'entrée, sans que le musée ait été modifié depuis sa création. Dans la boutique on nous propose des "bouts du mur" (de la poussière de parpaing ?) en quantité astronomique, jusqu'à être collés sur des cartes postales de série, comme par exemple 17,70 euros les 100 g. Cynisme qui sonne comme mercantilisme et capitalisme ?

Dernière impression du jour : on sent qu'on se trouve bien évidemment dans une capitale. Ses dimensions, son effervescence, ses habitants de type européens, tout nous l'indique.


Jeudi


Ceciliaschloss Potsdam **

Grosse entourloupe : un homme portant un badge de l'office de tourisme nous conseille un bus nous permettant de voir tous les châteaux de Potsdam et d'entrer les visiter, pour la somme de 15 euros.

En fait, il s'agissait d'un bus touristique, avec casque audio-guide, se déplaçant dans tout Potsdam durant 2h30, avec des commentaires du guide aberrants et contradictoires, nous prenant visiblement pour des dindons à plumer.


Rares points positifs :

- cela nous a permis de voir le château de Cecilienhof où eut lieu la conférence de Potsdam, très éloigné du parc Sans-Souci,

- et de passer aux abords des anciens lieux de résidence du KGB, des chalets suisses, dans les quartiers hollandais et russe.


Mais une simple ligne de bus (comprise dans le prix du train qui mène à Potsdam) nous aurait permis de nous déplacer à notre guise ! Quel sentiment de liberté quand on a réussi à s'échapper !

Or, et c'est à savoir, en hiver, les horaires d'ouverture sont beaucoup plus restreints, si bien que cette perte de temps nous a fait manquer la visite du Neues Palais.


Sanssouci Le centre-ville de Potsdam * est assez joli, n'ayant pas été bombardé.


Le château de Sans-Souci *

Les quelques salles visitées à l'aide d'un audioguide sont de style roccoco (qui vient de rocaille). C'est un roccoco bien spécifique à Frédéric II, appelé roccoco frédéricien d'ailleurs, extrêmement doré, fleuri et agrémenté d'animaux. Une visite de 20 minutes suffit.

(entrée : 8 euros)

 

Le parc de Sans-Souci **

Il y a une très belle vue des deux châteaux au niveau de la fontaine.

Le pavillon chinois, fermé à cette époque de l'année, est étonnant.

NeuesPalais D'ailleurs, nous étions quasiment seuls dans ce magnifique parc enneigé, d'où l'on peut apercevoir l'orangerie en se dirigeant par la grande allée vers le Neues Palais.

Aux abords du Neues Palais (18e siècle), nous étions réellement seuls, à la tombée de la nuit, au milieu de ce site  impressionnant, totalement enneigé.

Vous distinguez sur la route un petit trait noir ? C'est une femme qui court. Cela vous donne l'échelle de ces palais gigantesques.

Les deux bâtiments qui se font face sont monumentaux. L’un d’eux, qui abrite une université, était en cours de rénovation.
L’intérieur avait l’air magnifique à travers la vitre (Petit regret de ne pas l’avoir visité).



Vendredi

 

Tentative de passer par le Tiergarten*, le plus grand parc de la ville (Berlin prussien depuis le zoo jusqu'à la Nationalgalerie) dans lequel on peut voir deux mémorials soviétiques ainsi que le bâtiment du ministère des finances qui fut d'abord dirigé par Goering (1935) puis communiste.
mais on a dû s’arrêter, notre programme n’ayant pas pris en compte les 15 kilomètres à pied à faire par temps de neige, soit 2 à 3 heures de marche !


la Siegessaule*, la colonne de la victoire que l'on aperçoit dans Les Ailes du désir de Wim Wenders. traverser l'île aux musées et de jeter un dernier regard au Palais de la République, vestige de la RDA en cours de démolition.

Reichstag*, monumental, avec sa nouvelle coupole


Monument soviétique


Porte de Brandeburg **, d’inspiration grecque, emblématique des différents événements qui sont survenus à Berlin.

C’est assez décevant de voir qu’on a pu laisser des immeubles se construire autour et la jouxter, alors qu’elle était il y a dix ans encore entourée d’arbres.


Unten den Linden *

Unter den Linden, vitrine de l'architecture prussienne, construite au 17e siècle, décrite comme les Champs-Elysées berlinois, où fleurissent les ambassades, dont la monumentale ambassade de Russie, et où subsistent les bâtiments les plus anciens (architecture baroque ou néo-classique),  l'opéra et l'université Humbolt 

 

BerlinerDom Beau point de vue de la cathédrale avec la Spree sous la glace.

Berliner Dom : immense cathédrale néo-baroque


Altes Nationalgalerie *

Œuvres remarquées :

Au 3e étage :

Gotischer Dom, Der Morgen (Schinkel)

Gaertner : vues de Berlin à l’époque (travail de précision)

Hasenclever Das Lesekabinett (1843)

CASPAR DAVID FRIEDRICH Abtei im Eichwald (1809/1810), Der einsame Baum, Mondaufgang am Meer.

Au 2e étage :

Drachensteigen de Carl Spitzweg

Südliche Felsensküste de Ludwig von Hofmann (1898)

Max Liebermann : vie quotidienne des gens au travail ou au repos.

Arnold Böcklin Die Toteninsel (1883)

Rez-de-Chaussée : Menzel, Franz von Stuck Tilla Durieux als Circé (1910) et Die Sünde (1912)

Voir aussi l'album-photo Carnets de Sel.

(Entrée : 10 euros)

 

Découverte du quai de la Marche (p. 171), endroit très bruyant avec les grands boulevards.

Puis le vieux quartier saint-Nicolas, pittoresque, avec son dédale de ruelles à dimension humaine, bordées de maisons à l'aspect ancien autour de l’église éponyme (1230). En fait, tout est récent et a été reconstruit à l'identique en 1987 par la RDA, à l'occasion du 750e anniversaire de Berlin !!!

Ce n'est qu'une réplique d'un quartier habité jadis par des artistes et des écrivains !

Palais Ephraim (balcons roccocos)


Alt Rathaus : vestibule avec amphores

Dans le tribunal municipal, monumental escalier ART NOUVEAU à 3 niveaux et 3 ou 5 entrées 


Neue Galerie (Galerie Nationale de Berlin (cubisme, dada, etc.))

 hall impressionnant.

Exposition permanente fermée, exposition temporaire gratuite mais sans aucun intérêt, faite d’agrandissements de photographies de montagne.


KREUZBERG

A la sortie du métro, taggué, nous avons changé d’ambiance. On se croirait un peu à Sarcelles.

Nous sommes allés voir le Kopi, l’un des squats les plus connus de Berlin, apparaissant comme un petit village avec des installations en caravanes autour de l’immeuble, dans lequel entre une femme d’un certain âge, avec ses clés, comme chez elle, puisque c'est chez elle ! Cela semble très organisé, comme une petite communauté. On entend des bruits de soudure.

 

Un peu plus loin, près de l’église et de l’ancien hôpital, le squat a été constitué de camions militaires.


La maison des artistes semble elle-même être un squat. Aucun panneau ne l’indique. Elle propose en revanche à l’intérieur de ses murs, et gratuitement, des expositions d’art contemporain et alternatif de tout premier ordre, en particulier au premier étage. Les expositions sont tout de même surveillées, celle au-rez-de-chaussée avec des bornes anti-vol.

 

En continuant dans le quartier, on a l’impression d’être dans un Paris en voie de boboïsation, avec des immeubles bas aux vitres cassées, façon underground mais plus pour longtemps, on le sent déjà.


Il n’est pas choquant, dans le métro, d’y voir un homme siroter sa bière.

 

SAMEDI

Charlottenburg Métro : Richard-Wagner-Platz

Belle promenade dans le parc enneigé de Charlottenburg. Nous sommes passés sous le pont rouge en marchant sur l’eau gelée jusqu’au jardin à la française.

 


Le Musée Berggruen de Berlin présente un ensemble exceptionnel d'œuvres de Pablo Picasso, Paul Klee, Henri Matisse, Alberto Giacometti et Georges Braque qui donnent un intéressant aperçu des écoles d'avant-garde au début du XXe siècle Belle collection de Picasso au Musée, et excellents commentaires grâce à l’audioguide. A voir.

 


Charlottenburgelé

Le Bröhan-Museum est le musée de Berlin consacré à l'Art nouveau, l'Art déco et au design (1889-1939). Il se situe face au château de Charlottenburg. (6 euros)

beaux vases de Witve. Mobilier de Guimard, Majorelle, Ruhlmann, Henry van de Velde, etc. Chandeliers chauve-souris. Collection kitsch de porcelaines.

Tableaux de l’époque de la Sécession Berlinoise à laquelle a appartenu Liebermann.

 


murBerlin On peut s’en passer :

- Galeries Lafayettes de Jean Nouvel : coupole inversée.

- de l’exposition sur la Stasi, entièrement en allemand

 

Quartier Friedrichshain :

Le Mur a été décoré par 118 artistes à partir de 1990.


Oberbaumbrücke

Traversée de la Simon Dach StraBe


murBerlin1 Karl-Marx-Allee avec les deux tours (architecture réaliste-socialiste)


Quartier juif avec les Hoche (cours intérieures) : Hackesche Höfe
une série de 9 cours communican
tes abritant des cinémas, des boutiques et des galeries d'art.
ex. : une façade au décor Sécession

 

Vue de la Neue Mosquee (édifiée en 1866 et restaurée jusqu'en 1995, incendiée lors de la Kristallnacht, bombardée par les alliés, démolie en 1958) de la rue qui mène à l’Alexanderplatz, partant du quartier juif, est jalonnée de prostituées jeunes et majoritairement belles, probablement de l’est.

A deux pas le Postfuhramt qui servait à l'origine d'écurie pour les chevaux de la Poste (Façade néo-Renaissance, richement décorée de carreaux vernissés et de reliefs en terre cuite)


Vue du Sony Center de nuit : la Tour Sony dessinée par Helmut Jahn, est l'édifice le plus moderne de Postdamer Platz. Elle est convexe d'un côté et plate de l'autre.


 Clôture de la Berlinale sur grand écran = conférence de presse très sérieuse et sans paillette.

 

hôtelMetropolitan Où prendre un bon sommeil réparateur ?

Hôtel Metropolitan
Schaperstr. 36
10719 Berlin

Logés dans une chambre moderne et très spacieuse pour 28 à 32 euros la nuit (en passant par Expedia 4 mois avant), et 7,50 euros le petit déjeûner, dans un cadre design.

 

miseneappetit

Où calmer sa faim ?

 

Sur le pouce, mangez une curry-wurst (saucisse accompagnée de ketchup au curry, spécialité de la ville) dans l'un des nombreux snacks en plein air,

Dans la Simon Dach StraBe, les prix affichés restent très bas : on y annonce des kebab à 2 euros et des pizzas à 1,50 euro !

 


Goûtez aux excellents kebabs et fallafels, très bon marché,  grâce à la présence de la communauté turque, surtout dans le quartier de Kreuzberg : un régal !

Mais évitez
de dîner au Hasir, "gastro" turc, sûrement pour les Allemands et touristes peu habitués à entrer dans les gargottes des kebabs, beaucoup plus cher que celui de la veille, sans être bien meilleur, avec des serveurs trop pressés et vindicatifs, réclamant des pourboires.

Sinon essayez au moins une fois la cuisine berlinoise traditionnelle. Pour cela, rendez-vous à Zillemarkt, une brasserie chalereuse, où vous ne parviendrez probablement pas à finir la spécialité, une boule de gras en mise en bouche puis un plat, mais LE plat ! 
Il s'agit d'
une formule plat à partir de 2 personnes à 13,90 euros, gargantuesque, avec un jarret complet, deux saucisses, de la choucroute, des pommes de terre, et plein de choses que nous n’avons pu nommer :

 


repasberlinois

 

Nouveauté :
Le voyage complet, davantage de photos et de commentaires, dans les Albums de voyage de Carnets de Sel.

Les guides emportés :
Berlin.- Hachette Tourisme, 10/2008.- 352 p..- (Guides VOIR). ISBN 978-2-01-244255-9.
Berlin.- MICHELIN, 2007.- 336 p..- (Le Guide vert). ISBN 978-2-06-712170-6.

Les lectures à emporter :
Le goût de Berlin

Berlin Alexanderplatz */Alfred Döblin



Publié dans : Carnets de voyage
Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 12:03
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Köln : la ville de Cologne et ses alentours KölnDom1


Köln *


Cologne est la métropole rhénane et l'une des quatre plus grandes villes d'Allemagne. La ville nouvelle s'est construite autour de ses quartiers historiques, devenus des zones piétonnes, peuplés de commerces et de bars. Parmi ses nombreuses industries on compte la parfumerie et sa célèbre eau de Cologne.

 

La gare de Köln nous dessert en plein ville, en bas de la cathédrale gothique, presque menaçante, qui nous domine de toute sa hauteur.

KölnDom5 La cathédrale ** : visite alors qu’un beau soleil rayonne. Elle jouxte la gare et le pont Hohenzollern, inondé de cadenas d'amoureux, le plus fréquenté du monde (un train toutes les deux minutes).
L'édification de cette cathédrale au gothique flamboyant a duré plus de 600 ans, de 1248 à 1880.
Un coffre est censé recueillir les cendres des Rois Mages.

KölnDom KölnDom3

 

KölnDom4

 

Brötchen La gastronomie allemande, à base de charcuterie et de pommes de terre surtout, paraît peu variée et élaborée, en comparaison des plats français. En revanche, les "brötchen" (petits pains aux goûts variés) sont délicieux, et dans toutes les villes on peut noter une profusion de boulangeries et de Eiskaffee (glaciers) qui font office de salons de thé ordinaires.

Le Musée Ludwig, hélas, était fermé. J'en avais gardé un excellent souvenir de jeunesse, avec l’œuvre pop-art  Bathtub 3 de Tom Wesselmann (1963).

 


Köln2 La vieille ville

Altes Rathaus : "situé au milieu de l'ancien quartier juif, l'ancien hôtel de ville se caractérise par sa tour gothique de 61 m. de haut (1407-1414) et son porche, pavillon Renaissance (1569-1573)."

Les églises romanes
Douze églises de la période romane (milieu du 10e - milieu du 13e s.) subsistent en centre-ville. Hélas, la majorité étaient fermées durant le carnaval, mais le circuit pour aller les contempler permettait de parcourir ainsi toute la vieille ville. 

Même les ballons du carnaval, fête païenne, ont leur place dans l’une des rares églises où l’on a pu entrer.


Belle vue des rives du Rhin de la vieille ville.
Köln3
 On peut passer entre deux sirènes dans la vieille ville, en franchissant une porte art nouveau.

Près du Neumarkt, une tour s'élève, avec à son sommet deux chevaux sur laquelle court la légende de Richmod d'Aducht : une femme qu'on avait crue morte et enterrée revient frapper à la porte de son époux, lequel refusa de lui ouvrir, croyant qu'il s'agissait d'un piège du Malin, lui dit que ses chevaux qui l'avaient reconnue, s'étaient détachés de leurs liens et avaient grimpé jusqu'en haut de la tour pour la saluer. Le mari alors lui ouvrit.  La légende s'est transmise de génération en génération, et on y aperçoit toujours deux chevaux grossièrement taillés. 

 

Profitez d'une escapade dans la nature en allant visiter le vieux cimetière arboré et enneigé et le parc municipal.

 

 

Köln7

 

Autre possibilité : une demi-journée au zoo.

On a toujours l’impression de redevenir un peu des enfants qui s’émerveillent devant ces animaux, souvent en voie de disparition.

Des loutres jouent devant nous et nous font signe au-revoir. aquarium1

Un petit kangourou essaie de manger son quignon de pain.

Des vers de sable marins font songer à un paysage lunaire.

De belles anémones nous fascinent.

aquarium2

 

Aux alentours

Le quartier étudiant est tout en briques, assez excentré du centre-ville, mais facilement accessible par le biais du tramway.

 

 

Brühl

Une visite à Brühl s'impose, petite bourgade allemande située au sud de Cologne, et de l'un de ses deux châteaux, inscrit par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'Humanité.


Brühlchâteau Schloss Augustusburg ** : la visite guidée dure 1 heure et permet de visiter une petite vingtaine de pièces. Les photographies y sont interdites. Le château roccocco d'Augustusburg fut élevé de 1725 à 1768 par Johann Conrad Schaun et par François Cuvilliés, Brühlparc pour Clément-Auguste, prince-archevêque de Cologne. Ce dernier s'y adonnait surtout à la chasse. Son escalier monumental, surtout, suscite l'admiration. Il est l'oeuvre de Balthasar Neumann, architecte officiel à la cour de Wurtzbourg. L'attention est attirée par son faux marbre aux tons gris-vert et jaune orangé, sa rampe en fer forgé, ses stucs et la fresque au plafond. On se croirait en Italie ! Les jardins classiques à la française, créés par un élève de Le Nôtre, étaient alors enneigés.
Il existe un autre château.

Bonn *

Visite de Bonn, ville moyenne et tranquille où est né et où a vécu Ludwig van Beethoven,, jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, et qui devint en 1949 la capitale de la RFA.

La maison où naquit Beethoven en décembre 1770 se situe dans la vieille ville.

Quelques maisons anciennes flamandes. Un reste de fortification avec porte.


carnaval2 Le carnaval de Köln **

Durant le Carnaval, tous les musées et les églises sont fermés au public, excepté le Musée municipal, le Zoo et la cathédrale le dernier jour. Nous avons assisté à quelques-uns des temps forts du Carnaval :


carnavalJeudi 11h11

C'est le carnaval des femmes, qui peuvent couper la cravate des messieurs. carnaval1

Les gens, tous déguisés, entrent dans les cafés pour y boire et danser sur des chansons populaires. J’avais choisi de m’identifier à Marge Simpson.

La plupart du temps, une file d’attente se crée devant les bars. En effet, à l’intérieur, les gens sont tellement entassés qu’il faut attendre que certains sortent pour pouvoir y pénétrer.

Dans le sud de Berlin, la tranche d’âge oscille entre 30 et 50 ans. Certains des déguisements font peur !


Samedi soir

Une toute autre ambiance dans un bar sur deux étages dans la vieille ville. La musique est des années 70-80, style discothèque. Ambiance recherche l’âme sœur  et baisodrome sur le côté. Toilettes mafieuses payantes, avec incitation à entrer à plusieurs dans un même cabinet.

Dimanche

Défilés de quartiers.


Rosenmontag (le lundi des roses)

Et en effet il a plu des roses ce jour-là, mais pas seulement ! Lors de ce  défilé de chars toute l’après-midi, de l’historique (bleu) au plus délirant (banane dans une acropole) ou sarcastique (Obama et un chinois dans le même lit, que découvre l’Europe),  de fanfares, de "Funkenmariechen" (à la fois majorettes et danseuses) et de caricatures, on nous lance des bouquets de roses, d’orchidées, d’œillets ou de jonquilles, de bonbons, de chocolats, de friandises. Ambiance joyeuse et festive. Tous sont déguisés. Les gradins pour les entreprises et associations, le reste pour le peuple.

 

Mardi soir

Dernier jour des festivités, la veillée du Mardi gras marque la fin des festivités. Lors d'une retraite aux flambeaux où tous les habitants du quartier entonnent des chants populaires, marqués de coups de grosse caisse, la procession grossit au fil des rues, avant d'aller brûler le "Nubbel", pantin de paille déguisé qui dominait le porche d’un café du quartier durant tout le carnaval.

Source :
L'Allemagne. Michelin et Cie, 2000. pp. 277-293.


Publié dans : Carnets de voyage
Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 16:58
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histoiredevenise Christian Bec retrace ici toute l'histoire de Venise. En voici une synthèse s'attardant sur quelques centres d'intérêt.

Née à l'époque romaine, VENISE émerge au sein d'une lagune, vaste étendue d'eau calme, peu profonde mais soumise aux aléas des marées. Elle a pour voisines plusieurs îles (Murano, Burano, Torcello,...) et un archipel (Rialto) d'une soixantaine d'îlots, à peine émergés, groupés autour du méandre d'un fleuve qui deviendra le Grand Canal. Peu accessible, si ce n'est en barque, elle bénéficie d'une relative sécurité.
Après des incendies,
la reconstruction de la cité recourt souvent à la brique et à la pierre d’Istrie. De tout temps, le centre de la ville demeure le quartier Saint-Marc.

Architecture et urbanisme

La Basilique
, r
econstruite en 1063, mais sans être encore revêtue de marbre à l’extérieur, recueille les reliques de saint Marc, qui devient le patron de ce qui va être la Civitas Veneciarum, apportées vers le milieu du IXe siècle. C'est un bel exemple d’architecture byzantine (prise de Constantinople en 1204) : Venise proclame pendant des siècles sa double appartenance à l’Orient et à l’Occident, par le biais de son commerce maritime entre autres. Edifiée selon un plan en croix gecque à cinq coupoles et supportée par de grands piliers reliés par des arcs, elle est décorée de mosaïques. Les gables gothiques qui ornent sa façade sont du XVe siècle.

Au XIVe siècle, le rapprochement avec l’occident permet à  l’art gothique de pénétrer dans Venise : cela donnera entre autres le palais des Dosges, reflet de l'art gothique vénitien, qui,  au contact de l’art byzantin devient le gothique fleuri, exubérance hyperbolique de motifs, de courbes et de lignes.
Demeure du chef de l’Etat et siège des principales magistratures,  le palais voit le jour à partir de 1340, plus modeste à l’origine, puis agrandi en 1422. A l'époque, les institutions originales qui gouvernent la cité paraissent idéales aux yeux de l'opinion locale et étrangère. Séparant l'Eglise de l'Etat, elles mêlent le pouvoir d’un seul (le doge), au comportement princier, à celui d’une élite (le Sénat) et de tous (le Grand Conseil, en fait un cercle très restreint de l’aristocratie marchande d’ancienne origine). Durant 500 ans cette Constitution va être conservée, autre raison d'admiration.

La Ca’d’oro, construite entre 1424 et 1434, constitue un bel exemple de palais privé du XVe siècle, mélange d’art roman et d’art gothique.

Elu doge en 1523, Andrea Gritti voudra faire de Venise une nouvelle Rome, en particulier le complexe politique et religieux de Saint-Marc. Aux différentes influences existantes s'ajoute alors un classicisme nouveau, comme celui de la piazza Saint-Marc. Fleurissent alors de somptueux palais et maisons (case) (rez-de-chaussée réservé au commerce et habitation à l’étage).

 
Histoire culturelle (quelques notes)

Pétrarque y séjourna durant 5 ans à partir de 1362.

La comédie y est introduite au début du XVIe siècle à Venise par les Compagnie della Calza
Constituent des points forts de la production littéraire vénitienne au XVIIe siècle : le roman, fruit d’une bonne dizaine d’auteurs, vénitiens ou non, publiés à Venise, et le théâtre, avec 17 théâtres publics. En 60 ans près de 400 pièces sont représentées : commedie dell’arte, tragédies et mélodrames.

Monteverdi y acquiert une renommée internationale, tout comme Venise fut l’une des capitales de la musique européenne avec Vivaldi, Albinoni, Benedetto Marcello, Galuppi et d’autres.

De nombreux écrivains, comme Casanova, homme aux moeurs libres, Goldoni, qui dépeint la vie du peuple, y séjournèrent. Plus tard ce seront
Gautier et Chateaubriand qui descendront à l'Hôtel d’Europe, Sand, Musset, Louise Colet à l'
Hôtel Daniel.

Dans tous les domaines artistiques - architecture, musique, peinture, littérature, théâtre -, Venise reste incontournable.


Histoire économique

Venise connaît un fort développement économique grâce à son commerce maritime, vers lequel se tournent très vite les habitants, au vu de l’insuffisance de leurs ressources. A partir de l’an mil et durant des siècles, marins, marchands et armateurs créent un vaste empire en Méditerranée. Mais, dès la découverte de l’Amérique, les trafics maritimes se déplacent lentement de la Méditerranée vers l’Atlantique. Peu à peu Venise décline économiquement, les banques font faillite, et politiquement,  perdant ses territoires à l'Orient.

L’économie se tourne alors vers l’industrie lainière et l’imprimerie. Au XVIe siècle la cité compte une cinquantaine d’éditeurs-imprimeurs. Chacun d’entre eux publie une vingtaine d’éditions et une dizaine en met plus de quarante sur le marché : soit trois fois plus que Florence, Milan et Rome réunies. Au XVIe siècle, Venise devient donc l’un des plus grands centres éditoriaux d’Europe.

En 1630-1631 la peste fauche plus de 46 000 Vénitiens...

Au 18e siècle Venise attire un tourisme culturel considérable. Avec ses cafés (dont le célèbre Florian), ses concerts, ses théâtres, ses maisons de jeu et de rendez-vous, ses fêtes (songez au carnaval), elle est la capitale européenne du plaisir.

Elle sera alors la Sérénissime, grand carrefour d'influences et de commerce européen.

Mais, en 1797, à raison de sa faiblesse et de l’incapacité de ses dirigeants, Venise tombe sous la coupe de Bonaparte, qui la cède 6 mois après à l’empire d’Autriche, pour la reprendre, etc. Elle passe ainsi de main en main étrangère jusqu’en 1866 (à part l’éphémère IIe République de 1848). Son tourisme, son industrie et son commerce s'écroulent, sa noblesse ruinée fuit, et sa vie culturelle décline.

Rejoignant enfin l’Italie en 1866, Venise passe d’abord par une phase de dépression et, devenue provinciale, semblera incapable de retrouver son rang. En revanche, elle retrouve son rayonnement culturel, notamment avec ses Biennales à partir des années 30 dans les domaines de la musique, du cinéma et du théâtre.

A l'heure actuelle, Venise ploie sous les menaces de la submersion, de la destruction du patrimoine, de la pollution et d’une forte chute démographique (taux de natalité, migration de la population), et s'interroge sur son avenir : réside-t-il seulement dans la difficile conservation de son site et de ses chefs-d’œuvre ou bien dans une adaptation obligée aux exigences de la modernité ? Est-elle vouée à rester une cité-musée, avec la plus forte concentration de musées d'Italie,
dont la fondation Peggy Guggenheim, ou va-t-elle s'ouvrir à la modernité, bien qu'aient été abandonnés des projets tels que ceux de Franck Loyd Whright, Le Corbusier ou Kahn ?

Telle est évidemment la question que l'on se pose, noyé dans la foule admirant cette ville-musée, mais presque stéréotypée, dont ne se réjouissent que les  commerçants exclusivement tournés vers le tourisme de masse, et les gondoliers
, et n'y voyant quasiment plus les signes d'une vie quotidienne moderne possible.

Un petit Que sais-je comme toujours bienvenu pour appréhender l'histoire de cette ville extraordinaire, plus rêvée et fantasmée qu'ancrée dans la réalité.


 
BEC, Christian. – Histoire de Venise. – Paris : PUF, 2005. – 125 p.. – (Que sais-je). - 978-2130528364 : 9 euros.

 


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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 20:55
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London


Quinze jours à Londres, c'est :
  • regarder les hommes d'affaires en costard-cravate de la City manger du cochon grillé à la broche à Leadenhall Market,
  • photographier Big Ben sous toutes les coutures, parce que, sans savoir que sa cloche pèse 14 tonnes,
  • croquer dans un flapjack,
  • admirer l'intérieur sans avoir besoin d'avancer jusqu'à payer de la Saint-Paul's Cathedral,
  • faire du shopping vintage près de Covent Garden,
  • se caler avec un fish and chips,
  • se rendre à l'aile est de la National Gallery pour admirer la période impressionniste des peintres français (ben oui !),
  • faire un saut par le Millenium Bridge au Tate Modern !
  • aller lire les hiéroglyphes, le démotique et le grec sur la pierre de Rosette au British Museum,
  • faire quelques achats autour du Covent Garden, et surtout du vieux cheddar au Neal's Yard Dairy,
  • aller voir la mer à Brighton et flâner dans ses Lanes,
  • redevenir tout débile en se faisant prendre en photo chez Mme Tussaud à côté d'Audrey Hepburn ou de George Clooney,
  • se faire un resto indien,
  • faire une pause au calme à Cambridge,
  • entrer dans l'univers de la techno au Cyberdog dans le Camden town Market,
  • et sortir à la Fabric ensuite, au Heaven juste pour voir comment s'habillent les anglaises la nuit,
  • s'aérer à la campagne sans quitter Londres en allant à Hampstead,
  • craquer pour un caramel shortbread, un cookie moëlleux ou un Chesary Bakewells,
  • se rendre compte que la pub de Sainsbury's, c'est sa façon de vivre : "Try something new today."




Publié dans : Carnets de voyage
Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 15:27
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