
Regards sur Berlin :
Une ville dévastée par les bombardements, déchirée par un mur dont elle porte les stigmates, montrant encore ses deux profils, d'est en ouest...
De vastes espaces laissés encore vides, à la dimension de cette capitale immense, contrastent avec la verticalité de ses immeubles.
Berlin, une capitale qui n'a pas fini de se construire ni de s'affirmer.
LE PROGRAMME !
Mercredi après-midi - 16h
Nous avons entamé notre découverte de Berlin par
l'arrivée à la grande gare, moderne et monumentale, et ses méandres, puisqu'il y a peu d'indications pour les S et les U (différents types de métro existent, lequel, inodore, est plus large et
propre que le métro parisien - 1,70 € le trajet intra-muros valable 2 h).
Les valises déposées à l'hôtel (voir en fin de page), direction la tour éventrée de l'église du souvenir, Gedächtniskirche *, surnommée "la dent creuse" sur le Kurfürstendamm, entourée par une tour et une église modernes, qui se situent à proximité de l'hôtel.
Dommage qu'elle soit cachée par les deux constructions plus modernes qui l'entourent. Elle est finalement très
récente puisqu'elle date de 1895. Une dizaine de minutes suffit pour en visiter l'intérieur, dont des fresques ont été conservées. Quelques panneaux retracent son historique et la resitue dans le
Berlin de l'Epoque (schön) non bombardé.
L'église moderne, qui la jouxte, est finalement beaucoup plus belle à l'intérieur, illuminée par ses vitraux bleus de Chartres, et arborant un Jésus-Christ
représentant la réconciliation de Dieu avec le peuple chrétien.
Dès le premier jour, pour prendre la mesure de la ville et avoir une première approche de ses centres d'intérêt, nous avons fait un petit tour en bus, avec la ligne 200, du zoo
jusqu'à l'Alexanderplatz. S'il avait fait beau, nous aurions loué des vélos et traversé le Tiergarten.
l'Alexanderplatz
*, place emblématique de Berlin, est bien froide, ouverte à tous vents, avec sa Fernsehturm (1965) avec restaurant panoramique, la "Fontaine des peuples" et l'horloge universelle (1960), cadeaux
de Moscou.
Une couche de neige assez impressionnante donne lieu à une forêt de bonhommes de neige et à une fontaine
complètement gelée sur laquelle on a pu marcher.
Du reste, en
février, il faisait épouvantablement froid. Il faut bien prévoir 2 bonnets et 4 à 5 paires de chaussettes, ou des après-skis, pour pouvoir se promener à Berlin !
Première impression : une ville à la croisée des chemins architecturaux en Europe (art soviétique, Renaissance,
etc.). La plupart des édifices, même historiques, ont été reconstruits.
Potsdam Platz *: à
première vue, rien d'impressionnant, mais à la nuit tombée, la beauté et la diversité de l'architecture nous font changer d'avis.
Berlinale *: un
Cannes sans foule ni paillettes, au tapis rouge foulé par des stars qu'on ne connait qu'en ce pays.
Le musée
du Mur au Checkpoint Charlie : un prix attrape-touriste dissuasif, à 12,50 euros l'entrée, sans que le musée ait été modifié depuis sa création. Dans la boutique on nous propose
des "bouts du mur" (de la poussière de parpaing ?) en quantité astronomique, jusqu'à être collés sur des cartes postales de série, comme par exemple 17,70 euros les 100 g. Cynisme qui sonne comme
mercantilisme et capitalisme ?
Dernière impression du jour : on sent qu'on se trouve bien évidemment dans une capitale. Ses dimensions, son effervescence, ses habitants de type européens, tout nous l'indique.
Potsdam **
Grosse entourloupe : un homme portant un badge de l'office de tourisme nous conseille un bus nous
permettant de voir tous les châteaux de Potsdam et d'entrer les visiter, pour la somme de 15 euros.
En fait, il s'agissait d'un bus touristique, avec casque audio-guide, se déplaçant dans tout Potsdam durant
2h30, avec des commentaires du guide aberrants et contradictoires, nous prenant visiblement pour des dindons à plumer.
Rares points positifs :
- cela nous a permis de voir le
château de Cecilienhof où eut lieu la conférence de Potsdam, très éloigné du parc Sans-Souci,
- et de passer aux abords des anciens lieux de résidence du
KGB, des chalets suisses, dans les quartiers hollandais et russe.
Mais une simple ligne de bus (comprise dans le prix du train qui mène à Potsdam) nous aurait permis de nous
déplacer à notre guise ! Quel sentiment de liberté quand on a réussi à s'échapper !
Or, et c'est à savoir, en hiver, les horaires d'ouverture sont beaucoup plus restreints, si bien que cette
perte de temps nous a fait manquer la visite du Neues Palais.
Le centre-ville de Potsdam * est assez joli, n'ayant
pas été bombardé.
Le château de Sans-Souci
*
Les quelques salles visitées à l'aide d'un audioguide sont de style roccoco (qui vient de rocaille). C'est un
roccoco bien spécifique à Frédéric II, appelé roccoco frédéricien d'ailleurs, extrêmement doré, fleuri et agrémenté d'animaux. Une visite de 20 minutes suffit.
(entrée : 8 euros)
Le parc de Sans-Souci
**
Il y a une très belle vue des deux châteaux au niveau de la fontaine.
Le pavillon chinois, fermé à cette époque de l'année,
est étonnant.
D'ailleurs, nous étions quasiment seuls dans ce magnifique parc enneigé, d'où l'on peut apercevoir l'orangerie en se dirigeant par la grande allée vers le
Neues Palais.
Aux abords du Neues
Palais (18e siècle), nous étions réellement seuls, à la tombée de la nuit, au milieu de ce site impressionnant, totalement enneigé.
Vous distinguez sur la route un petit trait noir ? C'est une femme qui court. Cela vous donne l'échelle de ces palais gigantesques.
Les deux bâtiments qui se font face sont monumentaux. L’un d’eux, qui abrite une université, était en cours de
rénovation.
L’intérieur avait l’air magnifique à travers la vitre (Petit regret de ne pas l’avoir visité).
Vendredi
Tentative de passer par le Tiergarten*, le plus grand parc de la ville (Berlin prussien depuis le zoo jusqu'à la Nationalgalerie) dans lequel on peut voir deux mémorials soviétiques ainsi que le bâtiment du ministère des finances qui fut d'abord dirigé par Goering (1935) puis communiste.
mais on a dû s’arrêter, notre programme n’ayant pas pris en compte les 15 kilomètres à pied à faire par temps de neige, soit 2 à 3 heures de marche !
la
Siegessaule*, la colonne de la victoire que l'on aperçoit dans Les Ailes du désir de Wim Wenders. traverser l'île aux musées
et de jeter un dernier regard au Palais de la République, vestige de la RDA en cours de démolition.
Reichstag*, monumental, avec sa nouvelle coupole
Monument
soviétique
Porte
de Brandeburg **, d’inspiration grecque, emblématique des différents événements qui sont survenus à Berlin.
C’est assez décevant de voir qu’on a pu laisser des immeubles se construire autour et la jouxter, alors qu’elle
était il y a dix ans encore entourée d’arbres.
Unten den Linden
*
Unter den Linden, vitrine de l'architecture prussienne, construite au 17e siècle, décrite comme les
Champs-Elysées berlinois, où fleurissent les ambassades, dont la monumentale ambassade de Russie, et où subsistent les bâtiments les plus anciens (architecture baroque ou néo-classique),
l'opéra et l'université Humbolt
Beau point de vue de la cathédrale avec la Spree sous la
glace.
Berliner Dom : immense cathédrale néo-baroque
Altes Nationalgalerie
*
Œuvres remarquées :
Au 3e étage :
Gotischer Dom,
Der Morgen (Schinkel)
Gaertner : vues de Berlin à l’époque (travail de précision)
Hasenclever Das Lesekabinett
(1843)
CASPAR DAVID FRIEDRICH Abtei im Eichwald (1809/1810), Der einsame Baum, Mondaufgang am
Meer.
Au 2e étage :
Drachensteigen de Carl Spitzweg
Südliche Felsensküste de Ludwig von Hofmann
(1898)
Max Liebermann : vie quotidienne des gens au travail ou au repos.
Arnold Böcklin Die Toteninsel (1883)
Rez-de-Chaussée : Menzel, Franz von Stuck Tilla Durieux als
Circé (1910) et Die Sünde (1912)
Voir aussi l'album-photo Carnets de
Sel.
(Entrée : 10 euros)
Découverte du quai de la Marche (p. 171), endroit très bruyant avec les grands boulevards.
Puis le vieux quartier saint-Nicolas, pittoresque, avec son dédale de
ruelles à dimension humaine, bordées de maisons à l'aspect ancien autour de l’église éponyme (1230). En fait, tout est récent et a été reconstruit à l'identique en 1987 par la RDA, à l'occasion
du 750e anniversaire de Berlin !!!
Ce n'est qu'une réplique d'un quartier habité jadis par des artistes
et des écrivains !
Palais Ephraim (balcons roccocos)
Alt Rathaus : vestibule avec amphores
Dans le tribunal municipal, monumental escalier ART NOUVEAU à 3 niveaux et
3 ou 5 entrées
Neue Galerie (Galerie Nationale de Berlin (cubisme, dada,
etc.))
hall impressionnant.
Exposition permanente fermée, exposition temporaire gratuite mais sans aucun intérêt, faite d’agrandissements
de photographies de montagne.
KREUZBERG
A la sortie du métro, taggué, nous avons changé d’ambiance. On se croirait un peu à Sarcelles.
Nous sommes allés voir le Kopi, l’un des squats les plus connus de Berlin,
apparaissant comme un petit village avec des installations en caravanes autour de l’immeuble, dans lequel entre une femme d’un certain âge, avec ses clés, comme chez elle, puisque c'est chez elle
! Cela semble très organisé, comme une petite communauté. On entend des bruits de soudure.
Un peu plus loin, près de l’église et de l’ancien hôpital, le squat a été constitué de camions
militaires.
La maison des artistes semble elle-même être un squat. Aucun panneau ne
l’indique. Elle propose en revanche à l’intérieur de ses murs, et gratuitement, des expositions d’art contemporain et alternatif de tout premier ordre, en particulier au premier étage. Les
expositions sont tout de même surveillées, celle au-rez-de-chaussée avec des bornes anti-vol.
En continuant dans le quartier, on a l’impression d’être dans un Paris en voie de boboïsation, avec des
immeubles bas aux vitres cassées, façon underground mais plus pour longtemps, on le sent déjà.
Il n’est pas choquant, dans le métro, d’y voir un homme siroter sa bière.
SAMEDI
Métro : Richard-Wagner-Platz
Belle promenade dans le parc enneigé de Charlottenburg. Nous sommes passés
sous le pont rouge en marchant sur l’eau gelée jusqu’au jardin à la française.
Le Musée Berggruen de Berlin présente
un ensemble exceptionnel d'œuvres de Pablo Picasso, Paul Klee, Henri Matisse, Alberto Giacometti et Georges Braque qui donnent un intéressant aperçu des écoles d'avant-garde au début du
XXe siècle Belle collection de Picasso au Musée, et excellents commentaires grâce à l’audioguide. A voir.
Le Bröhan-Museum est le musée de
Berlin consacré à l'Art nouveau, l'Art déco et au design (1889-1939). Il se situe face au château de Charlottenburg. (6 euros)
beaux vases de Witve. Mobilier de Guimard, Majorelle, Ruhlmann, Henry van de Velde, etc. Chandeliers
chauve-souris. Collection kitsch de porcelaines.
Tableaux de l’époque de la Sécession Berlinoise à laquelle a appartenu Liebermann.
On peut s’en
passer :
- Galeries Lafayettes de Jean Nouvel : coupole inversée.
- de l’exposition sur la Stasi, entièrement en allemand
Quartier Friedrichshain :
Le Mur a été
décoré par 118 artistes à partir de 1990.
Oberbaumbrücke
Traversée de la Simon Dach StraBe
Karl-Marx-Allee avec les deux tours (architecture réaliste-socialiste)
Quartier juif avec les Hoche (cours intérieures) : Hackesche Höfe
une série de 9 cours communicantes abritant des cinémas, des boutiques et des galeries d'art.
ex. : une façade au décor Sécession
Vue de la Neue Mosquee (édifiée en 1866 et
restaurée jusqu'en 1995, incendiée lors de la Kristallnacht, bombardée par les alliés, démolie en 1958)
de la rue qui mène à l’Alexanderplatz, partant du quartier juif, est jalonnée de prostituées jeunes
et majoritairement belles, probablement de l’est.
A deux pas le
Postfuhramt qui servait à l'origine d'écurie pour les chevaux de la Poste (Façade néo-Renaissance, richement décorée de carreaux vernissés et de reliefs en terre
cuite)
Vue du Sony Center de nuit : la Tour Sony dessinée par Helmut Jahn, est l'édifice le plus moderne de Postdamer Platz. Elle est convexe d'un côté et plate de l'autre.
Clôture de la Berlinale sur grand écran = conférence de presse très sérieuse et sans
paillette.
Où prendre un bon sommeil réparateur
?
Hôtel Metropolitan
Schaperstr. 36
10719 Berlin
Logés dans une chambre moderne et très spacieuse pour 28 à 32 euros la nuit (en passant par Expedia 4 mois
avant), et 7,50 euros le petit déjeûner, dans un cadre design.
Où calmer sa faim ?
Sur le pouce, mangez une curry-wurst (saucisse accompagnée de ketchup au curry, spécialité de la ville)
dans l'un des nombreux snacks en plein air,
Dans la Simon Dach StraBe, les prix affichés restent très bas : on y annonce des kebab à 2 euros et des
pizzas à 1,50 euro !
Goûtez aux excellents kebabs et fallafels, très bon marché, grâce à la présence de la communauté
turque, surtout dans le quartier de Kreuzberg : un régal !
Mais évitez de dîner au Hasir, "gastro" turc, sûrement pour
les Allemands et touristes peu habitués à entrer dans les gargottes des kebabs, beaucoup plus cher que celui de la veille, sans être bien meilleur, avec des serveurs trop pressés et
vindicatifs, réclamant des pourboires.
Sinon essayez au moins une fois la cuisine berlinoise traditionnelle. Pour cela,
rendez-vous à Zillemarkt, une brasserie chalereuse, où vous ne parviendrez probablement pas à finir la spécialité, une boule de gras en
mise en bouche puis un plat, mais LE plat !
Il s'agit d'une formule plat à partir de 2 personnes à 13,90 euros, gargantuesque, avec un
jarret complet, deux saucisses, de la choucroute, des pommes de terre, et plein de choses que nous n’avons pu nommer :
Nouveauté :
Le voyage complet, davantage de photos et de commentaires, dans les Albums de voyage de Carnets de Sel.
Les guides emportés
:
Berlin.- Hachette Tourisme, 10/2008.- 352 p..- (Guides VOIR). ISBN 978-2-01-244255-9.
Berlin.- MICHELIN, 2007.- 336 p..- (Le Guide vert). ISBN 978-2-06-712170-6.
Les lectures à emporter
:
Le goût de
Berlin