« Quand mon roman sera fini, dans un an, je t’apporterai mon ms. [manuscrit]
complet, par curiosité. Tu verras par quelle mécanique compliquée j’arrive à faire une phrase. »
Lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet (15 avril 1852).
Tous les scénarios, brouillons et manuscrits, courant sur une période allant de septembre 1851 au mois de mars 1857, qui ont conduit au chef-d'oeuvre de Madame Bovary, sont conservés à la Bibliothèque municipale de Rouen, offerts en 1914 à la ville par la nièce de Flaubert.
Imaginez le nombre de personnes, chercheurs français et étrangers, étudiants ou lecteurs passionnés (dont je
fais partie !) de l’œuvre de Flaubert, frustrés de ne pouvoir y avoir accès si ce n'est en se payant le luxe d'une aller-retour à Rouen.
Grâce à la collaboration du Centre Flaubert (le professeur Yvan Leclerc, Danielle Girard, Nitiwadee Srihong) et
de la participation du laboratoire LITIS (ex-PSI, les professeurs Thierry Paquet et Laurent Heutte, Stéphane
Nicolas), la Bibliothèque municipale de Rouen a ouvert, après 10 années de travail, l'accès de cette
collection prestigieuse à toute personne ayant accès à la toile mondiale. Elle a en effet numérisé toutes ses archives, certainement les plus importantes jamais laissées par un écrivain, mettant
en évidence le travail d'orfèvre de Gustave Flaubert, raturant sans cesse ses manuscrits, recherchant obstinément le mot juste à l'épreuve du gueuloir.
Dès à présent, ici, vous pouvez lire le roman, avec la possibilité de faire des recherches plein texte, tout en consultant, feuilletant sa genèse, ses brouillons étant désormais en ligne.
Publié dans : Classiques français

Un an après le décès de son père, Denise, orpheline, seule chargée de veiller sur ses deux frères, Jean, bel adolescent bourreau des coeurs, et Pépé, encore bien petit, débarque un matin en
plein Paris dans l'espoir de trouver chez son oncle emploi, gîte et couvert. Mais le petit commerçant souffre trop de la concurrence du grand magasin de nouveautés "Au bonheur des Dames" pour
pouvoir l'employer. C'est donc en face, dans cette machine immense dont elle est toute émerveillée, qu'elle va travailler, croisant parfois Octave, le jeune patron ambitieux. Mais,
souffre-douleur de ses collègues, elle se fait un jour renvoyer sans qu'Octave ne le sache, et tombe dans le dénuement le plus total...
H1 rend
visite à son ami H2. Il lui demande ce qui a bien pu se passer entre eux qui explique son changement d'attitude à son égard, son éloignement. H2 commence par vouloir ne pas répondre. Puis, devant
son insistance, il lui rappelle le jour où il s'est vanté de quelque chose qu'il a dit "C'est bien... ça...", sur un ton condescendant.