Les mauvaises gens **/Etienne Davodeau (2005)

Publié le par S.L.

davodeau-mau

Une histoire de militants


Grand Prix de la critique - Prix France Info 2006 - Prix du public Angoulême 2006 - Prix du scénario Angoulême 2006.


Détrompez-vous : ce scénario n'évoque pas de mauvaises gens, mais les souvenirs d'un couple de militants syndicaux. Alors pourquoi ce titre ? Parce qu'il retrace leur vie dans les "Mauges", dans le Maine-et-Loire, pays rural fermé, catholique et ouvrirer, nom dont serait à l'origine la contraction de l'expression "mauvaises gens". 


A Botz-en-Mauges, dans les années 50, Maurice et Marie-Jo, les parents du narrateur, ont dû commencer à travailler  très jeunes à l'usine. L'une colle puis peint des semelles, l'autre travaille comme mécanicien - ajusteur avant de devenir formateur. La seule personne qui leur ouvre les yeux alors, c'est l'aumônier de la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Marie-Jo découvre la mer, Maurice le basket, la vie après le travail pour s'épanouir... et se rencontrer. Peu à peu, tous deux s'engagent syndicalement et politiquement...

 

Difficile de ne pas songer à  L'Etabli que j'ai lu cette année. Ici aussi le narrateur cherche à témoigner de la ségéragation sociale dès l'enfance quand on est issu d'un milieu ouvrier, des conditions de travail déplorables à la chaîne, d'un destin de 183 planches en noir et blanc jalonné de combats. Un vibrant hommage au courage du prolétariat.

 

   

Publié dans B.D.

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Lorraine 27/06/2010 11:27



Bonjour S.L.,


Je note aussi ta recommandation pour L'établi.


Pour moi, Les mauvaises gens appartient à la catégorie des BD qui m'ont impressionnées, que je recommande vivement, quasi incontournable !


 



Mo' la fée 24/06/2010 10:51



J'ai pris connaissance de ton avis sur L'Etabli, mais je ne l'ai pas lu (une grave lacune à combler il semblerait ^^). Je te rejoints complètement que la qualité des Mauvaises
gens. Je crois aussi que les parents de Davodeau ont eu la chance de cotoyer un pretre ouvert aux autres, novateur, soucieux de créer du lien. C'est triste de penser que tout tien parfois à
la personnalité des gens. Sans cet homme, quelle vie et quels perspectives auraient-ils eu excepté la classique "métro-boulot-dodo" dans les Mauges ?