La traçabilité du lecteur sur Internet - 5

Publié le par S. L.

Le lecteur sur Internet,
araignée qui tisse son réseau ou
 escargot qui laisse des traces ?

Car le vrai bloggueur ne passe pas par les habituelles méthodes de recherche, mais papillonne de blog en blog par le biais des liens et commentaires que chaque lecteur comme lui-même laisse sur son sillage…

Le lecteur va en effet laisser des traces de ses lectures sur Internet, alors qu’auparavant seule sa carte de bibliothèque ou son entourage permettaient de connaître ses goûts et affinités. D’une influence de proximité et identifiée, il va s’ouvrir au monde virtuel, et rencontrer des internautes souvent non-identifiés, anonymes ou fonctionnant par pseudonymes.



On retrouve d’ailleurs cette spécificité (47 %) du réseau tissé par des liens ou favoris sur les blogs, lorsqu’on demande comment les internautes ont connu leurs sites ou blogs préférés. D’autres les ont connus personnellement, par le biais de commentaires laissés sur leur propre blog, par l’intermédiaire d’un forum littéraire, dont le blogueur faisait partie, ou encore par le biais d’Amazon sur lesquels les bloggueurs placent aussi leurs critiques, tels Cuné. Pour les plus célèbres, tels les plate-forme communautaires de Critiques libres ou de Zazie, la publicité fut faite par un article de presse au moment de leur création. Le hasard, sans quoi, les leur fit découvrir sur une page de résultats de Google… 

 
Même si, sur mon propre blog, je ne compte qu’en tout et pour tout qu’une quinzaine d’inscrits à ma newsletter alors que mon blog enregistre une fréquentation quotidienne de plus de 200 lecteurs en moyenne, je ne m’attendais pas à ce résultat. En effet, parmi les bloggueurs, rares sont ceux déclarant être abonnés à une newsletter, encore moins aux fils RSS de leurs sites ou blogs préférés. La plupart semblerait en effet préférer visiter régulièrement ces blogs, le rendez-vous dominical étant privilégié, plutôt que de recevoir leurs billets d’informations à chaque nouvel article diffusé. Il reste quelques exceptions, comme cette e-lectrice, bibliothécaire de son état, qui affirme être « abonnée à une quarantaine de blogs de lecture par l'intermédiaire des flux rss » et qui « les consulte donc tous, tous les jours ». Pourtant, il reste encore des progrès à faire au niveau des flux RSS, certains étant invalides, d’autres ne donnant que le titre, d’autres encore n’offrant que les premières lignes de l’article, et ce sans image. A l’opposé, trop d’informations tue-t-il le plaisir d’aller à la pêche de l’info ? Ou encore l’abonnement à une newsletter ou un flux RSS ne fait-il pas encore partie des réflexes des e-lecteurs ? Actuellement toujours, tel un papillon libre d’aller et venir de blogs en sites, de sites en blogs, le blogueur semble vouloir s’affranchir des piqûres de rappel que la technologie du web met à sa disposition.

LA TRAçABILITÉ DU LECTEUR SUR LE WEB
EN GÉNÉRAL :

Plus largement, le lecteur de pages html, l’internaute lambda, laisse des traces...
Tracabilité web : actions visant à cerner le comportement de chaque visiteur sur un site : parcours effectué sur le site intérêt du visiteur, provenance et cheminement du visiteur, etc. Les informations réunies servent à analyser le comportement de l'internaute, pour lui proposer des informations personnalisées. (http://www.ucatchit.com/ucatchit_tracabilite_haut_de_gamme.html)

Des organismes sont ainsi uniquement diligentés pour augmenter le trafic et les ventes des e-commerces. Ils disposent de deux techniques publicitaires pour « traçabiliser » l’internaute :

- intrusive, grâce aux cookies, lesquels permettent de reconnaître si l’internaute (même adresse IP) avait déjà cliqué sur la bannière affichée, auquel cas elle est changée à son deuxième passage, proposant un autre produit ou une autre offre.

- volontaire, par le biais de la newsletter ou de l’enquête : l’internaute reçoit par mail la publicité. Pire, les fils RSS permettent d’être logués en temps réel (ce qui n’est pas grave, s’il s’agit de blogs littéraires).

Un exemple d’organisme : http://www.cibleclick.com



A part égale, se rangent ceux qui jamais ne laissent de commentaires sur les blogs (29%), précisément ceux qui ne les fréquentent pas, mais pas forcément, et ceux (29%) à qui il arrive d’en émettre, surtout après avoir lu le livre en question, afin de communiquer leur avis personnel (34%), préférant sinon s’abstenir, n’ayant rien à ajouter (24%).

D’occasionnelle, cette pratique devient plus fréquente lorsque le visiteur se trouve lui-même être un blogueur. Ce n’est pourtant pas pour se faire sa propre publicité puisque les commentaires ne constituent qu’à 15% un procédé pour faire connaître son propre blog. Car il n’y a pas d’intérêt lucratif dans ce réseau souvent gratuit et convivial développant une communauté d’e-lecteurs par le biais de liens et de commentaires.  Le bloggueur a ainsi davantage l’intuition de l’importance de ses commentaires pour leur hôte, et sans lesquels il n’y aurait pas d’échange, de communication, ce dernier donnant sans quoi son avis sans jamais recevoir de marque d’intérêt (26%), ni même un signe d’accord ou de désaccord (ce qui amène à débattre, cf. les commentaires 
sous l’article Dans le Scriptorium de Paul Auster).
 

Publié dans Blogosphère

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S
merci pour ce travail très interessant et instrutif. Je viens de lire l'enquête d'un bout à l'autre moi aussi. je passais sur ce blog pour lire ton message sur la joueuse de go, que j'ai particulièrement aimé. tu étais citée sur un autre message blog...<br /> je repasserai sur ton blog, c'est sûr!<br />  
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E
Merci ! Je vais de ce pas voir le tien.
A
Bravo Essel ! Je ne visiste plus les blogs ni n'écris plus depuis plusieurs jours : je finissais mes articles pour le Magazine des livres. J'ai pris le temps de lire ton enquête d'un bout à l'autre et je trouve que c'est vraiment très intéressant. J'y apprends beaucoup. J'ai notamment découvert grâce à toi un blog très intéressant b(incipîtblog) et des pratiques de lecture... Au plaisir de te relire très vite
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E
Merci Anne-Sophie. Ton article sur les agents littéraires mérite réflexion. Et puis, j'aurais dû lire l'un des articles de ton magazine sur les blogs ! Cela m'aurait probablement été utile !