La traçabilité du lecteur sur Internet - 2

Publié le par Essel

DE NOUVEAUX PRESCRIPTEURS DE LECTURE ?

Affectif qui réapparait dans le choix du premier prescripteur de lectures, l’entourage (26 %) : amis, proches de la famille, collègues, veulent nous faire partager leurs découvertes et les émotions qu’ils ont pu ressentir à une lecture, et on se retrouve bien souvent un nouveau roman dans les mains en sortant de chez eux.

 
Juste derrière l’entourage (26%), les critiques de la presse spécialisée étaient alors les plus consultées (25 %) pour guider nos choix de lecture, et tout particulièrement le magazine Lire, la rubrique « livres » de notre magazine culturel tel Télérama, Les Inrockuptibles (cités 39 fois), le supplément « Livres » de notre quotidien, tels Le Monde des livres, Libération ou le Figaro littéraire, France Inter ou France Culture (cités 38 fois). Viennent ensuite la rubrique « livres » de notre hebdomadaire d’actualités (citée 31 fois), Le Magazine littéraire (29 fois), Muse (14 fois), Topo (8 fois), Le matricule des anges et Livres Hebdo (7 fois), InterCDI (6 fois), les émissions littéraires comme les coups de coeur des libraires sur LCI, Campus sur France 2 ou Le bateau livre sur France 5 (5 fois citées), La quinzaine littéraire et la revue Page  des libraires (4 fois citées), les revues littéraires Europe et Transfuge (3 fois citées), les  magazines féminins,  etc…

Viennent ensuite le libraire (16%), le bibliothécaire ou documentaliste (14%), l’éditeur par le biais de ses catalogues (12%) auxquels le lecteur fait confiance pour acheter ou emprunter un livre. A noter tout de même que 39 % des sondés avouent être eux-mêmes prescripteurs de lectures, souvent bibliothécaires ou documentalistes par ailleurs, si bien qu’ils n’ont pas alors rempli leur propre champ. Ce pourcentage considérable confirme combien les prescripteurs sont eux-mêmes des grands lecteurs, et même qu’à l’origine la plupart des grands lecteurs s’orientent vers les métiers du livre. Par ailleurs, prescripteurs jusqu’au baccalauréat, les professeurs de lettres n’ont ensuite plus aucun impact sur les tranches d’âge suivantes, si ce n’est, là encore, évidemment dans leur entourage professionnel ou personnel.

Une simple ramification des supports d’informations depuis ?


L’arrivée d’Internet semble bel et bien avoir perturbé la donne. Certes, le lecteur peut toujours consulter les principaux prescripteurs auxquels il était habitué, physiquement ou numériquement, en allant sur le site de la médiathèque, de l’éditeur, du C.D.I., du professeur de lettres, et surtout sur la presse spécialisée dorénavant également en ligne. Mais, précisément, les réponses possibles intégraient cette éventualité, proposant ainsi « les conseils (en ligne ou non) de votre bibliothécaire », « les critiques (en ligne ou non) de la presse spécialisée, audiovisuelle ou écrite ». Car ce qui me paraissait intéressant, ce n’était pas tant de vérifier si la ramification des supports avait généré une plus grande consultation d’Internet, mais si l’arrivée d’Internet avait engendré la fréquentation d’autres prescripteurs que ceux dont se contentait auparavant le lecteur pour s’informer des parutions.

Si l’on observe cas par cas les résultats, l’entourage (16% au lieu des 26 %) a cédé sa première place aux sites et blogs littéraires (18%), et le poids de chacun des autres prescripteurs traditionnels, tout en conservant leur rang, a sensiblement diminué, quasiment de moitié, excepté pour les libraires moins touchés, (certains internautes concédant aller « sur Amazon pour les conseils donnés… par des internautes souvent blogueurs » !),  au bénéfice des nouveaux prescripteurs trouvés sur Internet (39 %) : les webzines littéraires ou culturelles (9%), les forums littéraires ou sites communautaires (12%), et surtout les sites ou blogs littéraires (18%).



On dit des jeunes qu’ils ont le réflexe Internet, qu’ils sont nés avec une souris dans la main. Or, en matière de lecture, les préjugés sur l’âge des internautes n’ont plus voix au chapitre car les trois premiers prescripteurs chez les moins de 18 ans constituent leur entourage (21 %), leur professeur de lettres (heureusement) et les critiques de la presse (Phosphore, Science et Vie junior, I love English, …). Et les plus gros consommateurs de ces nouveaux prescripteurs ont entre 18 et 35 ans, talonnés de près par les plus de 60 ans, qui continuent malgré tout à leur préférer la presse spécialisée. 

Certes, il faut tenir compte dans ces résultats du fait qu’un tiers des sondés, consultés au lycée, ne sont effectivement pas aguerris à ce genre de consultation en ligne. Encore que ces derniers m’aient confié ne jamais avoir eu auparavant l’idée de consulter Internet pour glaner des idées de lectures, mais que ce questionnaire avait depuis éveillé leur curiosité. Pour autant, ce sondage a mis en lumière l’émergence de nouveaux prescripteurs issus du nouveau média Internet.

Publié dans Blogosphère

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article