Contre les jouets sexistes **

Publié le par S.L.




Contrairement à la croyance selon laquelle les hommes et les femmes seraient devenus égaux en France et en Occident, les hommes restent majoritaires dans le domaine politique, mieux rémunérés, et choyés dans la sphère privée, pour les tâches domestiques comme pour la transmission de leur nom aux enfants. Comment construire une société plus égalitaire ? En regardant comment nous éduquons les enfants : "Quel garçon manqué, celle-là !" lance-t-on d'un air désapprobateur devant la transgression, "Mais ne joue donc pas avec ça, tu n'es pas une fille !" s'écrie un autre adulte d'un ton méprisant. Aussi "les enfants comprennent (...) très tôt deux choses qui vont structurer leur personnalité et leur perception du soi et de l'autre. La première, c'est qu'il est important pour les adultes de distinguer les filles et les garçons ; la deuxième, c'est qu'il y a une hiérarchie et qu'il vaut mieux être un garçon qu'une fille." (p. 8).

De l'importance du jouet :  "Le jouet est politique sur au moins quatre dimensions. Premièrement, c'est un instrument de socialisation des enfants, un support d'apprentissages sociaux multiples (relations avec les pairs, imitation des activités des adultes, etc.). Deuxièmement, le jouet est l'enjeu de rapports de force entre les enfants et les adultes responsables de leur éducation (parents, éducateurs, etc.). Troisièmement, le jouet représente un marché qui pèse de plus en plus lourd économiquement, le marketing et la publicité s'intensifiant autour de l'enfant pour influencer ses choix. Enfin, le jouet oriente les compétences culturelles de l'enfant en cultivant des compétences physiques, psychiques et/ou émotionnelles spécifiques." (p. 15).

Or qu'observe-t-on ? Eh bien que les seuls jouets non sexistes sont des peluches pour la petite enfance ou de nombreux jeux de société.
Pour le reste, on cantonne les filles à des jouets qui vont construire une certaine perception de la féminité : la maternité (les poupons), les tâches domestiques (mini cuisinière, aspirateur, etc.), la beauté (tête à coiffer, à maquiller, Barbie,...), les sentiments (abnégation : panoplie d'infirmière)
Que peut-on en conclure ? "La pensée, la réflexion, l'esprit critique, la science, la connaissance du monde qui les entoure... semblent totalement absents de l'univers des filles tel qu'il existe dans les jouets." (p. 39)
Quant aux garçons, tout est tourné vers la technique (bricolage, jeux de construction, informatique, médecine), la conquête (spatiale, super-héros, jeu vidéo), la puissance et la guerre.
"Les jouets dits masculins sont néanmoins nettement plus acceptés chez les filles et par l'entourage. Cette plus grande appropriation par les filles reflète la supériorité des valeurs masculines. De la même façon, les femmes réussissent à "atteindre" les professions traditionnellement dites masculines plus facilement que l'inverse, car celles-ci sont perçues positivement. Les garçons sont abaissés au rang de "femmelettes" s'ils s'intéressent à des jouets, emplois, ou même à des vêtements dits féminins, car devenir un "vrai" homme, c'est apprendre à dominer les autres, à commencer par les femmes". (p. 66) 

 

Qui plus est, les jouets sont en général très limités sur le plan ludique, car porteurs d'un scénario écrit à l'avance et dont les enfants ne peuvent pas vraiment s'écarter. Aux adultes d'initier les enfants à d'autres possibilités et à ne pas leur interdire les uns les pages "roses", les autres les pages "bleues".

A lire, même si on le savait bien quelque part, et à offrir à son entourage d'heureux parents ! 


En savoir plus : 
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résumé et sommaire
- les auteurs, dont le Collectif contre le publisexisme et l'association Mix-Cité
      

Editions l'Echappée, 2007. 158 p.. (Pour en finir avec). ISBN 978-2-91583012-5 : 12 euros.

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cathulu 24/12/2008 14:05

On a beau être féministe  chez soi et( à l'extérieur), c'est dur de lutter contre  le poid d ela société dit celel dont le  plsu  jeune fils ne supporte pas le rose !

S.L. 27/12/2008 12:24


Je sais bien !!!! Mais il est vrai que ce système de pages bleues et roses des catalogues de jouets et ce qu'on y propose a le don pour m'horripiler chaque année. Une discrimination de plus.