La possibilité d’une île

Publié le par S.L.

LE roman le plus médiatisé de l’année

La possibilité d’une île / Michel HOUELLEBECQ.

La curiosité l’a emporté, je l’avoue. Je m’étais d’abord promise de ne pas, comme tout le monde, me jeter sur ce pavé hypermédiatisé. Et puis, naturellement, j’ai voulu le lire pour me forger ma propre opinion. Voici chose faite.

L’histoire en une phrase tout d’abord : le récit oscille entre un narrateur, Daniel 1, l’une des figures provocatrices du show-bizz du monde actuel, et son futur clone, Daniel 24, lisant l’autobiographie de tous les Daniel l’ayant précédé, transmettant ainsi et leur mémoire et ce qui a bien pu un jour constituer l'humanité.

Le bilan est sévère. D’entrée de jeu, tout me déplaît. Son manque d’imagination d'abord : les références sont explicites. Son manque de documentation ensuite : les clones ne sont jamais reproduits totalement à l'identique. Et puis quelle lecture mâchée de la réalité et du futur ! Quelle autosuffisance ! Quel manque de talent, enfin ! Le narrateur égocentrique apparaît comme l’écho surdimensionné de Houellebecq lui-même, goûtant à un succès jouant sur la provocation en surfant sur tous les tabous ou toutes les rivalités sociales et politiques, s’étalant sur les plaisirs de la chair. Le récit ? Une vaste démonstration de sa pseudo-lucidité des relations sociales, qui n’accumule que des poncifs. Le roman ? Je me suis efforcée de lire les 75 premières pages, puis j'ai survolé le texte jusqu’à la page 195, en quête d’un éventuel rattrapage, avant de définitivement renoncer : Houellebecq est peut-être à la mode, mais il n’a vraiment rien d’un écrivain…

HOUELLEBECQ, Michel. – La possibilité d’une île. – Fayard, 2005. – 485 p. . – 22 euros.

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Barbabella 04/11/2005 20:43

En voilà un habillé pour l'hiver ! ;)