Clandestin*

Publié le par S.L.

L'empreinte du drame...


Clandestin / Eliette ABECASSIS.

Un jeune homme regarde à la dérobée une jeune femme assise dans son compartiment. Il la trouve belle, il lui semble avoir déjà respiré son parfum, l’avoir déjà vue. Un contrôleur approche, lui demande son titre de transport, ses papiers. Le compartiment le dévisage : il se senti l’objet de tous les regards, il n’a rien. Sur le quai de la gare, à la sortie du train, le contrôleur, encadré par deux policiers, le cherche des yeux. Vite, il aide la jeune femme à porter sa valise, cherche à échapper à la police tout en cherchant ses mots pour la séduire. Il ne sait pas encore que tout les oppose : il est un clandestin, elle est Enarque…

Elle, lui, deux mondes opposés : le lecteur aura identifié les personnages, la gare où se déroule la scène, le fait divers qui l’aura inspirée ; car, en transposant dans ce contexte identifiable le topos de l’attirance entre deux êtres que tout sépare, Eliette Abecassis a souhaité laisser ce couple et ce lieu dans l’anonymat pour mieux signifier leur atemporalité, leur universalité. De même, elle dilate l’espace – temps : le temps s’étire sur ce quai de gare, le temps des souvenirs, des réflexions, du dilemme, du désir. Peu de paroles sont échangées, mais des regards, des gestes, parfois mal interprétés. Et pourtant, tout au long de ces introspections, le suspens est bien là, l’émotion est palpable, pour au final laisser l’empreinte du drame.

ABECASSIS, Eliette. – Clandestin. – Albin Michel, 2003. – 154 p. ; 20 cm.. – ISBN 2-226-14162-6 : 14 €.

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