Les pires contes des frères Grim / Mario Delgado-Aparain et Luis Sepulveda

Publié le par S.L.

Décidément je ne dois pas avoir d'humour !


C’est ce que, dès les premières pages, m’a confirmé ma lecture des « pires contes des frères Grim » de Mario Delgado-Aparain et de Luis Sepulveda. Certes, j’identifie bien leurs trop constants traits d’humour, les épisodes d’un comique de répétition surprenant, les clins d’œil qui se veulent irrésistibles… mais rien : je m’ennuie, cet enchaînement d’événements grotesques et invraisemblables, ce festival de détails cocasses, ce déchaînement burlesque des deux acolytes, me laissent de marbre. Alors quoi ? Comment évoquer un roman à côté duquel on semble être totalement passé sans le condamner ? Une critique est forcément subjective, me direz-vous, certes, mais elle doit cependant permettre à son lecteur de se forger aussi sa propre opinion, de savoir si lui aura envie ou non de lire ce même roman, sachant que lui saura peut-être l’apprécier pour les mêmes raisons qui me l’ont fait détester ou délaisser. Voici donc la critique que cela pourrait donner :

A la suite d’un drôle de glossaire aux entrées et aux définitions abracadabrantes, comme celles des «baleines en chaleur » (lisez celle du Chili !), est reproduite une bien étrange correspondance humaniste entre l’éminent professeur Castellanos en Uruguay et le non moins estimable professeur von Klatsh résidant en Patagonie. Ces deux érudits, en effet, enquêtent sur les frères Grim, dont l’étrange résonnance homophonique du patronyme, pourrait déjà prêter à confusion. S’ensuit alors un pédant échange épistolaire sur les témoignages de la vie trépidante de ces deux chanteurs populaires ou sur les conditions non moins épiques de transmission du courrier, le facteur Miguel Strogoff en perdant bras et jambes à chaque traversée maritime.

De l’ironie, beaucoup d’humour, c’est ce qu’injectent dans ce roman, à très fortes doses, nos deux écrivains latino-américains, et c’est ce qu’exige sa lecture, en plus de l’intelligence à certaines références culturelles ou politiques. Car nos deux compères, bien évidemment, non contents de s’amuser, fustigent par la même occasion les régimes dictatoriaux passés. A réserver aux lecteurs sensibles à cet humour, au risque sinon de leur tomber des mains.


DELGADO-APARAIN, Mario, SEPULVEDA, Luis. – Les pires contes des frères Grim / trad. de l’espagnol (Chili et Uruguay) par Bertille Hausberg et René Solis. – Métailié, 2005. – 188 p.. – (Bibliothèque hispano-américaine). - ISBN : 2-86424-544-2 : 20 €.

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